CAISSON
usage dans l’église de Saint-Germaïn-en-Laye et dans celles de Notre-Dame-de-Lorette et de Saint-Vincent-de-Paul à Paris.
CAITHNESS, comté formant l'extrémité septentrionale de l’Ecosse, borné à l’ouest par le Sutherland, partout ailleurs par la mer, et où l’on rencontre les deux capssitués Js plus au nord de toute l'Écosse, le cap Dunnet et le cap Duncansby, et au midi l’Ord of Caithness, qui atteint une élévation de 433 mètres. Sa superficie est de 687 milles anglais carrés. Les soulèvements considérables de terrain qu’on y trouve portent tout à fait le caractère particulier aux Highla nd s d'Écosse ; et dans le nombre on remarque plus particulièrement le Morbhein, haut de 1167 mètres, le Pap of Caithness, haut de 610 mètres, et les Scarry Mills, hauts de 625 mètres. Malgré l'apparence un peu désolée du sol et l’absence aujourd’hui presque complète d'arbres, quoïque tout indique qu'ils y abondaïent autrefois et qu’ils y parvenaient à un développement considérable, on ne saurait dire que c’est là un pays pauvre. Le voisinage de la mer y tempère singulièrement le climat, beaucoup plus doux qu'on ne pourrait lattendre par 58° de latitude nord. Ce comté est suffisamment arrosé par le Thurso, le Wick et le Dunbeath. De tous les produits du règne minéral le plus abondant est la chaux. On trouve à Reay du minerai de fer. Les habitants, dont le nombre s’élève à 39.989, s'occupent de l'élève du bétail, et surtout de la fabrication des fromages. Les deux villes, Wick (résidence du sherif du comté) et Thurso, sont les deux grands centres de la pêche aux harengs pour la Grande-Bretagne.
La population du comté de Caïithness, par sa physionomie et par ses usages, présente tous les signes d’une origine scandinave,
CAIUS, nom très-commun parmi les Romains. Les philosophes, en y ajoutant le prénom de Sempronius, et les jurisconsultes ceux de Titus ou de Mævius, s’en servaient pour désigner des êtres de convention auxquels ils rattachaient telle ou telle idée générale, à peu près comme nous employons aujourd’hui les lettres A et B et encore N. ou X. Comme nom propre, la forme la plus en usage était Gaïus.
CAIÏIUS, pape qui a élé canonisé, était natif de Salona en Dalmatie, et monta sur le siége pontifical en l'an 283. Parent et favori de Dioclétien, il convertit secrètement, dit-on, au christianisme la femme de cet empereur, Serena, de même qu'il détermina sa nièce, sainte Suzanne, à refuser la main de l'empereur Galerius. Par cette conduite il s’attira la haine de l’empereur, qui lui fit souffrir la mort des martyrs en l'année 296. On lui attribue le décret aux termes duquel aucun ecclésiastique ne doit obtenir la dignité épiscopale s’il ne possède pas les connaissances nécessaires pour recevoir les sept consécrations. L'Église catholique célèbre sa mémoire le 22 avril.
CAJEPUT. Voyez Caïepur.
CAJETAN (Bewoir). Voyez Bonirace VIII.
CAJETAN (Tnomas ne VIO, dit), du nom de la ville de Gaète (Cajeta), où il naquit, en 1469. 11 entra à l’âge de quinze ans dans l’ordre des dominicains, dont il devint général en 1508. Léon X l’éleva en 1517 à la pourpre romaine, et le nomma l’année suivante son légat en Allemagne. L'objet principal de cette mission était de rattacher Luther aux intérêts du saint-siége avant que ce novateur eût consommé son schisme. Les conférences n’amenèrent aucun résultat, quoique Cajétan ne manquät ni de science ni detalents, et qu’il yeût apporté même une modération qui fait honneur à son caractère. Mais il était imbu d'idées exagérées aur l'autorité et l’infaillibilité du pape, dont il avait été le seul champion au concile de Latran. Cajétan, nommé en 1519 à l'évêché de Gaète, eut encore quelques autres missions, notamment en Hongrie; Fait prisonnier, lors du sac de
Rome, en 1527, il ne put recouvrer sa liberté et retourner ‘
CAJÉTAN
dans son diocèse qu’au prix d’une rançon de 5,000 écus t0> mains. Rappelé à Romeen 1530 par Clément VIH, il y mourut, le 9 août 1534. Ce cardinal a composé un grand nombre d'ouvrages, entre autres un commentaire sur la Bible, pour lequel il s’est servi de la version des rabbins, de préférence À celle de la Vulgate, quoiqu'il ne connût pas la langue hé: braïque; d’autres commentaires sur la philosophie d’Aristote et la Somme de saint Thomas d’Aquin, et un traité sur l’4w: torité du Pape. Au jugement de Bossuet, c'était « un csprit ardent et impétueux, plus habile dans les subtilités et la dialectique, que profond dans l'antiquité ecclésiastique. »
CAJETAN (Hem), de la maison de Sermoneta, né à Rome, en 1550, reçut d’abord le titre de patriarche d’Alexandrie, fut nommé cardinal en 1585, et envoyé en France comme légat a latere du pape Sixte-Quint, vers la fin de 1589. C'était peu de temps après la mort de Henri INT; il s'agissait de donner un successeur au dernier des Valois ; les partis divisaient la France, et la Ligue était encore toute puissante. Sixte-Quint ignorait les véritables dispositions de la nation française au sujet de l’élection royale ; dans ces circonstances, les instructions du pape furent équivoques et telles qu’on devait les attendre d’un si grand politique. Son bref, destiné à la publicité, ordonnait de réunir tous les catholiques sous l’obéissance du saint-siége et de choisir un roi docile à son autorité, mais pourtant agréable aux Français , sans désigner nommément personne, Il recommanda de vive voix à son légat de marquer autant de désintéressement et de neutralité à l'égard des prétentions des puissances séculières que d’ardeur et de zèle pour la religion, et même de ne point paraître contraire au roi de Navarre, à moins qu’on ne vit aucune espérance de le ramener au giron de l'Église.
Élevé dans les principes ultramontains , que fortifiait encore son entourage, composé, entre autres, du jésuite Robert Bellarmin, depuis cardinal, et du cordelier François Panigarole, prédicateur fougueux qui plus tard vint crier » dans les chaires de Paris : Guerra! Guerra! Cajétan ne tint aucun compte des instructions pontificales; il croyait subjuguer tous les partis et faire un roi par la seule manifestation de sa volonté. Ses illusions ne durèrent pas même autant que le cours de son voyage. Le roi de Navarre fit publier que si Henri Cajétan venait à sa cour, on eût à le recevoir avec honneur et distinction; que si, au contraire, il s’acheminait vers les Parisiens rebelles, on ne devait plus le regarder comme légat, mais comme ennemi déclaré. Les ordres de Henri furent exécutés ponctuellement. Des détachements envoyés sur la route battirent et dispersèrent l'escorte fournie par le duc de Mayenne, et destinée à conduire le légat à Paris. Aïnsi Cajétan, qui avait cru traverser la France en conquérant, se vit réduit à gagner la capitale en fugitif.
Il'arriva à Paris le 5 janvier 1590. Le prévôt des marchands, les autorités, le clergé et dix mille Suisses ou bourgeois allèrent à la rencontre de l’envoyé du pape; et, après l'avoir longuement harangué, on le salua d’une salve de huit à dix mille mousquetades. « Le légat, dit Le Grain, dans les Décades de Henri le Grand, tremblait de peur que quelque lourdaud ou quelque politique n’eût chargé à plomb, et faisait perpétuellement signe de la main qu'on cessât ; mais eux, pensant que ce fussent bénédictions qu'il leur donnât, rechargeaient toujours et le tinrent une bonne heure en certaine alarme. » Le onze du même mois Cajétan fit publier le bref du pape, et cette publication fut immédiatement suivie de deux déclarations empreintes du plus complet antagonisme : l’une, du parlement de Tours, composé d'adhérents du parti du roi de Navarre, défendait à tont Français de reconnaître le cardinal Cajétan à titre de légat et de lui obéir; l’autre, du parlement de Paris, dévoué à la Ligue, commandait le respect au saint-siége et la déférence aux avis du légat, Pour concerter les mesures à
rendre, le légat assembla un conseil, où se trouvèrent le duc le Mayenne, quelques seigneurs de la Ligue et le cardinal e Gondi, évêque de Paris. Les Seize, vendus à l’Esagne, y firent proposer le protectorat de Philippe If, au om de sa fille, déclarée reine. Cette proposition ne pouvait anquer de plaire au légat, lui zélé partisan de l'Espagne, t qui, avant son départ d'Italie, à l'insu du pape, avait romis au duc d'Olivarès, ambassadeur de Philippe I! uprès du saint-siége, de rendre son souverain maitre Ge a France. Toutefois, dans la conjoncture, il jugea prudent ’ajourner une question aussi périlleuse, et il ne voulut perettre de s'occuper que de l'exclusion du roi de Navarre. 1 fit jurer par l’assemblée de mourir pour le maintien de la eligion catholique, et de rester fidèle à Charles X et au ue de Mayenne, serment qui le lendemain fut répété par le peuple et sanctionné par un décret de la Sorbonne. La nouvelle du siége de Meulan, forcément levé par le duc Mayenne, et celle de la bataille d'Evry, arrivèrent coup sur coup pour compromettre l’infaillibilité de ce serment. Une entrevue que le légat eut au château de Noisy avec le maréchal de Biron namena aucun résultat. Paris fut assiégé et sa population réduite à la plus horrible famine. Cajétan cependant redoublait d’ardeur, mettait en jeu tous les moyens; il fit distribuer aux pauvres cinquante mille écus de son argent; mais le peuple au désespoir s’écriait : « Point d'argent, mais du pain! » On lit dans quelques historiens que ce fut Cajétan qui conseilla l’horrible invention de la farine faite avec les ossements des cimetières. Il fut probablement aussi l’un des organisateurs de cette fameuse procession des moines de la Ligue que conduisait Rose, évêque de Senlis. On sait que l'approche du duc de Parme, venu des Pays-Bas avec une armée, et qui avait fait sa jonclion avec le duc de Mayenne, obligea Henri IV à lever le siége. Les ligueurs reprirent courage, et la guerre civile continua. Sur ces entrefaites, Cajétan, rappelé, partit pour Rome. « 11 trouva le pape mort, dit L'Étoile, et bien à point pour lui, car il lui eût fait trancher la tête, pour avoir, contre son exprès commandement, allumé le feu de la sédition au lieu de l’éteindre. » En 1591 il fut envoyé comme légat de Grégoire XIV à Varsovie, afin de déterminer Sigismond , roi de Pologne, à joindre ses armes à celles des Impériaux contre les Turcs. Il ne réussit pas dans l’objet de sa mission, et mourut en 1599.
CAJOLERIE. Dans l’action de cajoler il n'entre ni avilissement ni bassesse : ce n’est souvent qu'un genre de séduction personnelle. Il est vrai que, suivant les époques, la cajolerie sort de la vie privée pour pousser bien au delà ses conquêtes : cajoler, c’est alors plus que s’insinuer dans les pensées ou lessentiments d'autrui ; c’est, en leur consacrant
l'avancement de sa propre fortune. Il n'appartient pas à tout le monde de savoir cajoler : c’est un art qui exige de l'habileté, parce qu'il est tout de circonstance. Dans les monarchies on flattera le prince, dans les démocraties on cajolera le peuple. C’est sur un piédestal que domine le premier ; l’adoration ne le charme qu’autant qu’elle est en harmonie avec le faste etla pompe, insignes de son pouvoir, Dans,les républiques, même de médiocre étendue, c’est par une heureuse intelligence des susceptibilités locales que réussissent les meneurs. Dans ces deux cas, la différence est si palpable, que si le monarque, au plus léger caprice, ‘expulse son favori, il est toujours sûr d’en trouver un autre ; le cajoler, c’est remplir auprès de lui le premier poste, du moins celui qui est le plus lucratif : les postulants ne manqueront jamais. Dans les démocraties, au contraire, le peuple ne récompense pas toujours les orateurs ou les publicistes qui le cajolent, et à ses yeux rarement l'homme de la veille est celui du lendemain.
On ne saurait condamner en masse la cajolerie ; elle exige des exceplions. Sans doute un héritier attentif invente chaque