CAJETAN — CAL
une sorte de culte tendre, adroit, continuel , se dévouer à !
jour une cajolerie nouvelle : c’est une chance de plus pour que le lege universel qu’il attend ne lui manque pas. Un ministre a grand‘peine 4 se défendre des cajoleries des solliciteurs. En cherchant plutôt le plaisir que l'amour, on invente des cajoleries pour séduire sûrement la femme qui résiste avec succès; ce qui n'empêche pas que dans l'amour le plus pur, sans vouloir tromper, on tombe dans une sorte de cajolerie involontaire ; on va au delà de la vérité, mais on ne fait qu'exprimer ce qu'on sent : c’est une appréciation qui, pour manquer de justesse, n’en est pas moins sincère. Dépouillez l'amour de tout ce que lui prête limagination, puis comptez ce qu’il perdra en bonheur, La cajolerie dans l'intimité des cœurs est une sorte de condition indispensable : on s'attache par ce que de part et d'autre on se donne. En vieillissant, l'amour peut trouver à rabattre, mais tant mieux si dans l’origine il a fait de généreuses concessions; il lui en restera toujours assez pour être heul'eux. SAINT-PROSPER.
CAL. On désigne ainsi, en pathologie, la cicatrisation qui s’opère entre lesdeux surfaces d’un os fracturé. Les phénomènes qui président à la formation de cettesorte de cicatrice ont été diversement expliqués par les observateurs. Leur dissidence d'opinion à ce sujet s’explique par la difficulté qu’ils ont éprouvée de noter les moyens employés par la nature pour réunir les fractures, toujours profondément situées dans les parties molles.
Jusque vers le milieu du dix-huitième siècle , on attribuait généralement les phénomènes de la formation du cal à l’exsudation d’une sorte de glu qui réunissait les surfaces fracturées, à peu près comme on rapproche deux morceaux de bois par la force adhésive de la colle forte. Jusqu’au moment où Duhamel-Dumonceau fit ses belles recherches sur la cicatrisation osseuse, tous les anatomistes partageaient cette opinion. C’est ainsi que Haller et Dethlef, son élève, avancèrent que cette réunion était due à une exsudation provenant de la moelle et des surfaces fracturées, exsudation qui devenait cartilagineuse, puis osseuse. John Hunter, n’admettant point cet écoulement de lymphe plastique, pensait que le cal était dù au sang épanché par Rite de la fracture, qu’il s’y coagulait, s’organisait et s’ossifiait. Bordenave regardait la cicatrisation des fractures comme analogue à celle des parties molles. Telle était également l’opinion de plusieurs auteurs modernes, au nombre desquels on doit placer l’immortel Bichat, qui considérait le cal comme étant dû au développement des bourgeons charnus s’unissant et se laissant pénétrer par le phosphate calcaire pour rétablir la continuité du tissu osseux.
D’après les observations de Duhamel-Dumonceau, on devrait regarder Je périoste (membrane qui enveloppe les os) comme exerçant à l'égard de ces derniers les mêmes usages que l’écorce relativement au bois. En effet, Duhamel et Fougeroux
| avaient observé que la membrane médullaire et le périoste
surtout forment là où un os long est fracturé une sorte de virole qui maintient les deux fragments osseux en confrontation. Mais ces auteurs n'avaient ainsi fait qu’entrevoir une partie des ressources de la nature. Il était réservé à Dupuytren et Breschet de donner une idée complète de tous les moyens employés par la nature pour cicatriser les plaies du système osseux. En effet, ces célèbres anatomistes découvrirent que la formation de cette virole, qu'avait découverte Duhamel, n’était qu’un travail préparatoire à une consolidation plus parfaite, et qu’ainsi le cal était d’abord provisoire, puis définitif.
Lecai provisoire estdù à la formation d’une sorte de bouchon contenu dans le canal médullaire des os longs, et qui maintient solidement unies ensemble les deux portions d'os, solidité rendue encore plus parfaite par la formation d’une virole qui, entourant extérieurement les deux fragments, les affronte, sans cependant qu’il y ait cicatrisation et continuité entre les surfaces. Alors le caz définitif commence
à s'établir par l’ossification de liquides épanchés immédiatement entre les surfaces fracturées, mais seulement quatre à cinq mois après la formation du cal provisoire, qui disparaît par degrés au fur et à mesure que le cal définitif devient plus parfait dans son développement , lequel, une fois terminé, suflit pour entretenir la solidité la plus parfaite.
CALABAR. C'est le nom du pays de côtes qui s'étend à l’est du Bonny et du Joliba, entre ce fleuve et Biafra, sur le golfe appelé d’après ce dernier. Son sol sablonneux et rougeâtre est arrosé par les rivières le vieux et le nouveau Calabar, et le Bonny. I1 produit en abondance les végétaux des tropiques, la canne à sucre, le poivre, etc. Les populations, race assez civilisée et de belle conformation, qui habitent ces côtes, forment les deux royaumes de l’ancien et du nouveau Calabar. Le premier est situé sur le fleuve du même nom (à l’est), de mème que sa capitale, qui porte Je même nom (mais appelée anssi quelquefois Bongo), est bâtie à environ 15 kilomètres de son embouchure, Ce n’est pas là toutefois que réside le roi, lequel exerce son autorité, fort limitée de tous points, dans une petite résidence éloignée de la ville de 15 kilometres. Les habitants, que leurs rapports fréquents avec les Anglais ont civilisés, exportent de l’ivoire, du coton, de l’huile de palmier et surtout des esclaves. L'autorité du roi du nouveau Calabar est sans limites. Sa capitale, Calabar, est située dans une des îles du Nouveau-Calabar, fleuve que les Portugais désignent sous le nom de Rio-del-Rey. La végétation de cette contrée est assez pauvre; cependant là aussi les relations commerciales ont introduit de nombreux éléments de civilisation parmi la population, bien qu’elle persiste à considérer les esclaves comme l’un de ses plus avantageux objets d'exploitation, Dans les deux royaumes on parle à peu près la même langue que dans le royaume de Choa qu’on rencontre derrière eux, en pénétrant plus avant dans l’intérieur de l’Afrique.
CALABAR (Fève de). Voyez FÈVE DE CALABAR,
CALABER (Quinrus). Voyez Quinrus.
CALABOSO, chef-lieu du canton du même nom, dans la province de Caracas, république de Vénézuéla (Amérique méridionale), à 222 kilomètres au sud-ouest de Caracas, bâti sur la rive gauche du Guarico, qui se jette au sud dans l’Apurito, l’un des bras de l’Apure, a été, à diverses reprises depuis 1813, le théâtre de combats importants. Le plus célèbre de tous est celui que Bolivar y livra le 24 juin 1821 au général espagnol la Torre; affaire décisive, qui eut pour résultat la complète évacuation du territoire colombien par les Espagnols.
CALABRE, presqu'île de l'Italie, formant l'extrémité sud-ouest de l’ancien royaume de Naples, entre les côtes de la mer Tyrrhénienne, du Faro di Messina, de la mer Ionienne et du golfe de Tarente, pays de montagnes âpres etabruptes, qui dans l'isthme septentrional, large de 74 kilomètres, se rattache au système de l’Apennin supérieur. La Calabre présente une superficie d'environ 176 myr. carrés, et compte plus de 1,200,000 habitants, dont un grand nombre d’Arnautes, Sur les côtes, généralement assez plates, et qui ne sont guère échancrées profondément que par les Golfes de Santa-Euphemia et de Squillace, on rencontre les caps dell Allice, Colonne, Rizzuto, di Stilo, Spartivento, dell Armi et Vaticano. Les vallées, pour la plupart de la nature la plus sauvage, ne sont arrosées que par des fleuves au cours extrêmement borné et dont les plus importants sont , à l’est, le Crati, le Nielo, le Corace et l’Alaro, à l’ouest le Metramo, l'Amato et le Lao. Les montagnes sont divisées en groupes distincts, formés jadis par l'expansion de forces volcaniques; ils séparent les unes des autres de profondes vallées, et atteignent en général leur point extrême d'élévation sur les côtes occidentales, Au nord le Monte- Pollino s'élève à 2,233 mètres ; au centre le Monte-Selicella atteint presque 1,700 mètres, et au sud les pics de l'ile d’Aspromonte n’ont pas moins de 2,000 mètres de hauteur,