‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 129 sur 556 · CALANDRE · texte numérisé non relu

CALANDRE

CALANDRE ( Ornithologie ), oiseau du genre alouette (alunda calandra, Linné ). Cet oiseau de passage, un peu plus grand que l’alouette commune, a les mêmes mœurs, le même pennage, les ailes et la queue semblables, mais point de huppe, et sa voix est plus haute; le mâle a la tête et le bec plus gros que la femelle. La calandre fait jusqu’à trois nids par an, savoir : en mai, en juin et à la mi-juillet; elle choisit d’ordinaire pour cela les lieux secs et surtout les champs ensemencés. On peut la mettre en cage, mais il faut la prendre Jeune, pour qu’elle puisse y faire sa première mue. Son chant devient alors fort agréable, et elle imite parfaitement celui d’une grande partie des oiseaux qu’on met auprès d'elle.

CALANDRE (Æntomologie ). Ce genre d'insectes,

- établi par Fabricius, et qui faisait autrefois partie de celui

que Linné appelait cureulio (charançon) , attaque particulièrement les palmiers et les graminées. La larve de la plus grande espèce de calandre, la calandre palmiste (calandra palmarum ), qui vit en société dans le tronc des palmiers, aux Indes et en Amérique, y est estimée comme un mets délicat, et on l'y mange grillée, sous le nom de ver palmiste; elle est de la grosseur de celle des hannetons, à laquelle elle ressemble beaucoup. Quant à l'animal, il est d’un trèsbeau noir dans son état parfait.

La calandre du blé ( calandra granaria) et La calandre du riz (calandra orysæ) causent les plus grands dommages à ces graminées, particulièrement la calandre du blé, qui a voyagé avec cette céréale partout où l’industrie des hommes en a propagé la culture. Elle est d’une taille moyenne; son corps est étroit et de couleur brune ; ses antennes sont en massue ovale et ses élytres profondément striés. Dans son état parfait, elle n’occasionne pas de grands dégâts dans nos greniers, pour lesquels sa larve est un véritable fléau. Elle ne s’y introduit qu'au temps de la ponte ; mais à peine devenue insecte parfait, et lorsque la température est audessus de 10 ou 11° centigrades, elle travaille à la propagation de son espèce.

[ Le rapprochement des deux sexes n’aurait pas lieu s’il faisait plus froid, et au-dessous de 7°, la calandre, engourdie, paraît être comme dans un état de mort. Depuis le mois d’avril jusqu’à l'automne, la femelle s'enfonce dans les tas de frumentacées récoltées par l’agriculteur; elle fait à chaque grain un trou, dans lequel, mère prévoyante, elle dépose un œuf qu’elle bouche par dessus avec un enduit tenace, de la couleur même de la semence attaquée, de sorte que l'œil le plus exercé n’en saurait distinguer la trace. L’œuf, déposé dans le grain, ne tarde pas à éclore; il en provient une pelite larve blanche, allongée, molle, ayant le corps formé deneufanneaux,avec une tête arrondie, de consistance cornée, munie de deux fortes mandibules, au moyen desquelles elle agrandit chaque jour sa demeure, en se nourrissant de la substance farmeuse dont est composé son berceau. Parvenue au terme de son accroissement, elle se métamorphose en nymphe, sommeille dans cet état durant huit ou dix jours, et se transforme enfin en nouvelle calandre, capable de perpétuer sa race destructive , après avoir brisé l'enveloppe qui la tenait renfermée, comme le poulet brise la coque de l'œuf où s’organise sa petite et vivante machine. La durée des métamorphoses de la calandre est subordonnée au degré de la température atmosphérique, la chaleur l’accélérant, et le froid la retardant beaucoup; par terme moyen, à compter du dépôt de l’œuf jusqu’à l'émancipation de Ja calandre, on l’évalue de quarante à quarante-cinq jours. Selon le calcul de Dégéer, une seule mère peut, dans le cours d’une année, produire vingt-trois mille six cents individus: ce résultat est effrayant ; d’autres restreignent cette fécondité à six mille environ. Qu’une calandre produise vingt-trois mille #ix cents successeurs, ou seulement six mille, une telle

propagation est encore prodigieuse, et rend raison des dégâts -qu'éprouvent nos greniers et de l'importance qu’on a mise

à découvrir les moyens les plus propres à y porter obstacle. On a proposé des fumigations, l'exposition subite à une chaleur excessive dans des étuves, le mélange, dans les tas de grains , de poudre de chaux; mais ces divers procédés, qui peuvent ne pas tuer à coup sûr l'ennemi qu’on veut atteindre, peuvent altérer les récoltes ; il a fallu conséquemment y renoncer, Le procédé qui nous paraît le plus certain, sinon pour détruire, du moins pour diminuer considérablement le nombre des insectes destructeurs dans les grains, est de sacrifier un tas de céréales, d’orge, par exemple, au milieu du dépôt des frumentacées; on n’y touchera point durant une saison, tandis qu'avec des pelles on remuera souvent les tas voisins qu’on voudra préserver, et parmi lesquels on {ächera, au moyen de ventilateurs, d'entretenir la plus basse température possible. Les calandres, tourmentées dans ces {as, guidées par cet instinct de conservation qui n’est pas moins naturel aux moindres insectes qu'aux animaux les plus avancés dans l'échelle de l’organisation, se porteront {toutes vers la part qui leur aura été abandonnée. L’agronome aura soin, vers l’époque où l’on peut supposer que les larves

‘auront été déposées en presque totalité dans le tas d'orge,

d’échauder celui-ci avec de l’eau bouillante. Borx DE SainT-ViINCENT, de l'Académie des Sciences. ]

Ce genre contient encore plusieurs autres espèces. Parmi ces dernières, la seule que l’on trouve en France est la calandra abbreviata, qu’on rencontre aussi en Barbarie et en Sibérie. C’est la plus grande espèce d'Europe : elle atteint quelquefois dix-huit millimètres de long , et peut être considérée comme le type du genre. Elle est ordinairement toute noire; cependant elle offre une variété à élytres bruns. On pense que sa larve vit dans l’intérieur de certains roseaux.

CALANDRE, CALANDRAGE (Technologie). Le calandrage fait une partie essentielle de l’apprêt des étoffes. Cette opération a pour but de donner du lustre à l’étoffe, effet que l’on obtient en la comprimant entre des cylindres qu'on presse l’un contre l’autre par un moyen quelconque. Dans l’ancien mode de calandrage, on n’imprimait à ces cylindres qu’une rotation incomplète. Le poids qui pressait sur le cylindre supérieur consistait en une caisse en forme de parallélipipède rectangle. Cette caisse, placée sur le cylindre, était chargée de pierres ou de gueuses de fonte en quantité relative à la pression qu’on voulait obtenir. On imprimait à cette caisse un mouvement de vi et-vient au moyen duquel les cylindres roulaient. Cet appareil est aujourd'hui presque partout abandonné. Les Anglais, qui ont été bientôt imités, y ont substitué une combinaison de cylindres à rotation continue. Cette machine a été importée en France, où elle a été répandue dans la plupart des fabriques. Elle consiste en trois cylindres superposés l’un à l’autre comme ceux d’un laminoir. Ces cylindres, assez gros, ont au moins 0,30 de diamètre. Celui du milieu est'en métal, ordinairement en cuivre jaune ou laiton. Les deux autres peuvent être en bois, bien exactement tournés et très-lisses; mais mieux encore en carton. Pour obtenir ces derniers , on coupe des disques ou rondelles de carton, qu’on humecte et qu’on enfile sur un axe ou verge métallique, portée sur un fort disque en métal. Quand le nombre suffisant de disques de carton a été ainsi enfilé, on place dessus un autre disque de métal traversé au centre par la verge mélallique, et, par quelque moyen qu’il est facile d'imaginer, on exerce une pression qui tend à rapprocher les deux plaques métalliquesentre lesquelles est logé le carton humide. On continue à le presser ainsi pendant plusieurs jours consécutivement. Les rondelles de carton finissent par se souder. On obtient ainsi un cylindre très-solide, qu’il ne s’agit plus que de dégager de l’axe. On le porte sur le tour, qui en enlève des copeaux semblables à ceux du bois. On tourne bien exactement ces cylindres, et ils sont dès lors en état d’être employés : ils jouissent d’une élasticité qui favorise singulièremeut l'opération du calandrage. Le cylindre métallique placé entre ceux de carton

eu de bois est creux; et comme le calandrage doit être fait à chaud, on fait passer dans l’intérieur de ce cylindre un cc'irant de vapeur, ou bien on y introduit des barres de fer rougies ou des charbons allumés. L'étoffe, bien étendue entre le cylindre métallique et les cylindres de carton, et qu’un ouvrier maintient avec un grand soin dans cet état, passe sous un des cylindres, et revient au-dessus de l’autre. Par cette manœuvre, l’étoffe, enduite d’un apprêt appelé parou ou parement, et légèrement humectée, acquiert beaucoup de lustre; sa surface devient unie et presque polie, parce que le parement se dessèche à mesure que le laminage s'opère. Cette espèce de laminage applatit les fils du tissu ; tous les vides qu’avait laissés letissage se bouchent : l'étoffe paraît alors comme glacée.

Au moyen de quelques modifications, les Anglais sont parvenus à appliquer une machine analogue, qu’ils appellent mangle, au repassage et lustrage du linge et des hardes lessivées. Cette méthode de repassage est prompte, économique et conservatrice du linge.

C’est encore au moyen de la calandre qu’on opère le moirage et le gaufrage des étoffes. Dans ces derniers cas, comme pour la mangle, le cylindre métallique est gravé à sa surface. PELOUZE père.

CALANUS, l’un de ces philosophes des bords du Gange que les Grecs appelaient gymnosophistes, avait pour véritable nom Sphines, si l’on en croit Plutarque. Alexandre ayant désiré s’attacher quelques gymnosophistes, Calanus, âgé de quatre-vingt-six ans, fut le seul qui consentit à le suivre, et il l'accompagna en Perse. Son langage était presque toujours mélaphorique, souvent même il employait la pantomime, pour répondre aux questions qu’on lui adressait. Le changement de climat lui fit connaître pour la première fois, dans un âge si avancé, les maladies et les infirmités. Suivant la doctrine de la secte à laquelle il appartenait, il voulut prévenir sa dernière heure par unemort volontaire, Il pria le roi de Macédoine, qui était alors à Pasargade, de commander qu’on lui dressât un bûcher. Alexandre, ayant vainement cherché à le détourner de ce dessein, voulut au moins honorer le philosophe d’une pompe funèbre digne de la magnificence d’un grand monarque. Au milieu d’un entourage vraiment théâtral, Calanus prit congé des Macédoniens, en leur disant : « Après avoir vu Alexandre et perdu la santé, la vie n’a plus rien qui me touche. Le feu va brûler les liens de ma captivité. Je vais remonter au ciel et revoir ma patrie, Vous devez en ce jour vous réjouir et faire bonne chère avec le roi. Je ne lui dis point adieu, parce que je le reverrai dans peu à Babylone, » Ces dernières paroles furent regardées comme une prédiction, parce qu’Alexandre mourut trois mois après. Ensuite, le philosophe distribua quelques présents à ses amis, monta sur le bûcher, se coucha et se couvrit le visage. Il mourut avec une admirable constance, Alexandre, ayant fait recueillir dans une urne les cendres de Calanus, donna un souper, et, afin d’honorer le gymnosophiste, proposa pour prix une couronne d’or à celui des convives qui boirait le plus de vin. Beaucoup succombèrent aux excès qu’ils commirent, Promachus remporta le prix, et mourut trois jours après. Il avait avalé quatre mesures de vin (dix-huit à vingt pintes). Aug. SAVAGNER.

CALAO, genre d'oiseaux de l’ordre des passereaux. Ces oiseaux sont surtout remarquables par la grosseur et la forme de leur bec, dont l’intérieur est celluleux. Ce bec énorme est surmonté quelquefois d’une proéminence en forme de casque, de corne ou de croissant, redressée ou arquée , qui légale lui-même en grosseur , et qui vient avec l'Age ; car on ne l’a point observée chez de jeunes individus. La conformation de ce bec donne à la tête du calao la figure la plus étrange, et embarrasse beaucoup son allure; aussi, dit Bory de Saint-Vincent, quoiqu'il soit muni de fortes ailes et de pattes robustes, on le voit rarement errer à la surface de la terre ou fendre les plaines de l'air; il se tient habi-

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