CALAS — CALATRAVA
gon la prit aux Maures en 1118. Enfin, le roi de Castille AI. phonse XI l’enleva en 1362 aux descendants de l’Aragonais.
CALATHIDE (de x&aos, corbeille), mot employé par Cassini comme synonyme de capitule.
CALATHUS. C'était un vase en terre que les Grecs appelaient de ce nom et les Latins de celui de quasillum ou quasillus, suivant Festus, mot que nous traduisons cependant par corbeille ou panier. Le calathrus avait servi d'abord à recevoir le lait que les bergers tiraient de leurs chèvres, de leurs brebis ou de leurs vaches; on l’emplissait aussi de vin. Celui qu’on portait dans les processions d’Jacchus, avait une large ouverture : Pline le compare à la fleur du lis, qui va toujours en s’élargissant, On mettait dans ce vase des jets de plantes, des pavots blancs, du froment, de l’orge, des pois, de la vesce, des cicerolles, des lentilles, des fèves, de l’épautre, de l’avoine, des figues sèches, du miel, de l’huile, du vin, du lait, de la laïne de brebis non lavée et le couteau des sacrificateurs. Il était en usage dans les fêtes d’Iacchus et de Cérès, dans les Dionysiaques, dans les Thesmophories, dans les solennités de Diane et de Minerve ; il était un des attributs d’Osiris et de Sérapis : ce dernier le portait sur la tête. L’accipiter, emblème de la Divinité, source de toute production, porfait le calathus. Apollon est souvent représenté avec ce vase sur la tête. C'était l’attribut de Priape, de Sylvain et de toutes les divinités champêtres. Sur plusieurs monuments anciens , Cybèle et Rhéa ke tiennent en main; sur d’autres, Isis et Cérès le portent sur la tête. On le trouve aussi sur d'anciens monuments avec Junon Samienne, avec Diane Polymommos, avec Minerve, avec toutes les déesses que les anciens regardaient comme symboles de la nature et de la génération. Enfin le calathus était un des attributs des trois Parques.
Le calathus avait aussi sa partie historique : suivant le même Callimaque, Hespérus, qui annonce son retour, fut le seul qui sut persuader à Cérès d’étancher sa soif, lorsqu'elle cherchait les traces de Proserpine. Le calathus était encore la représentation du vase où Proserpine avait déposé les fleurs qu’elle avait cueillies lorsqu'elle fut enlevée par Pluton, comme le témoignent Claudien, Ovide, Columelle , l'An{hologie Laline, Properce et Virgile. Th. DELBARE.
CALATRA VA (Ordre militaire de). La ville de Calafrava, qui de 1082 à 1145 obéit aux rois maures de Séville, puis passa sous l'autorité de ceux de Cordoue, fut reconquise dans le mois de janvier 1146 par le roi de Castille AIphonse VIII, qui en 1149 chargea les Templiers de la défendre. Mais ceux-ci ne purent s'y maintenir que jusqu’en 1157, époque où ils la rendirent à Sanche IT, fils et successeur d’Alphonse. En raison de l’importance de ce poste pour la Manche, le roi offrit la ville en toute propriété à celui qui serait déterminé à s’y défendre jusqu’à la mort. Un religieux de l’ordre de Cfteaux, Diego Velasquez, du couvent de Vitero, décida son abbé, Raymond, à se charger de la place à ces conditions. Celui-ci reçut donc Calatrava en fief, en 1158, et pour la défendre il créa un ordre de chevalerie, placé sous la règle de Citeaux. A la mort du fondateur de l'ordre (1163), les chevaliers se séparèrent des religieux, sans renoncer toutefois à leur union spirituelle avec l’ordre \ de Citeaux ; puis ils élurent don Garcias de Redon pour leur premier grand maître, et en 1164 ils obtinrent du pape Alexandre une bulle de confirmation. Lorsque en 1197 les Maures se furent rendus maîtres de Calatrava, les chevaliers se retirèrent à Salvatierra, ville dont le nom passa à leur . ordre, qui le conserva jusqu'à ce qu'il réussit enfin à se re» mettre en possession de Calatrava. L'ordre d'Avis en Portugal et celui d'Alcantara en Espagne s’empressèrent de se soumettre à sa règle et à ses statuts, le premier en 1218, le second en 1217, et l'on vit s'élever en 1219 une commu nauté de religieuses du même ordre.
Après la mort du vingt-neuvième grand maitre, Garcias