‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 132 sur 556 · CALATRAVA · texte numérisé non relu

CALATRAVA

Lopez de Padilla (1486), le choix du chapitre se porta successivement sur les rois Ferdinand et Charles d’Espagne; et en 1523 la grande maîtrise de l'ordre fut définitivement réunie à la couronne d’Espagne par le pape Adrien VI. En revanche, les chevaliers obtinrent en 1540 du saint-siége l’autorisation de se marier une fois, à la charge par eux de se vouer à la défense de la Conception immaculée de la Vierge Marie. L'ordre, dont les biens-fonds et les richesses immenses avaient déjà considérablement diminué depuis 1808, n’est plus considéré aujourd’hui que comme un ordre de mérite. Le costume des chevaliers, dans les jours de cérémonie, consiste en un grand manteau blanc, avec une croix rouge fleurdelisée, cousue au côté gauche. Les armoiries de l'ordre sont d’or, à la croix de gueules, fleurdelisées de sinople, accompagnées, dans les deux premiers cantons, de deux menotes d'azur, rappelant qu’il fut institué pour délivrer les chrétiens du joug des infidèles.

CALATRAVA (Don Josué-Maria ), homme qui a exercé une influence considérable sur les destinées récentes de l'Espagne, sa patrie, naquit le 26 février 1781 à Mérida, en Estramadure. Après avoir fait ses études à Badajoz et à Séville , il s'établit comme avocat, en 1805, à Badajoz, où il ne tarda pas à se faire une grande réputation de savoir et d'habileté. En 1808 il fut élu membre de la junte populaire d’'Estramadure, et deux ans après député aux cortès générales, qui se réunissaient dans l’île de Léon. Une certaine timidité, qu’il ne sut pas surmonter, l’empêcha de se mettre en évidence dans cette assemblée; mais un peu plus tard, dans les cortès de Cadix, il se fit une réputation méritée comme orafeur, comme jurisconsulte et comme énergique défenseur des libertés de son pays. En 1814, lors du retour de Ferdinand VII en Espagne, il fut arrêté et déporté à Melilla, sur la côte d'Afrique, où il demeura jusqu’à ce que le rétablissement de la constitution, en 1820, le rendit à sa patrie. Élu immédiatement député d'Estramadure aux cortès, il y brilla dans la discussion de toutes les questions importantes, particulièrement de celles qui se rapportaient à quelque point de législation. L’exagération de ses opinions, résultat des souffrances et des misères de l'exil, fit dès lors de lui le constant adversaire de Martinez de la Rosa; et le projet du code criminel, dont on lui confia la rédaction, ne porte que de trop nombreuses traces de cette préoccupation de son esprit. Après la dissolution des premières cortès, il se retira dans sa province, où il resta jusqu’en 1823, époque à laquelle il fut appelé à Séville pour y prendre le portefeuille de la justice. I1 remplit les mêmes fonctions à Cadix jusqu’à ce que cette ville se rendit aux Français, et il s’embarqua alors pour l'Angleterre, après s'être laissé tromper jusqu’au bout, de la manière la plus indigne, par les protestations et les promesses du roi en faveur du parti constitutionnel. Les loisirs que lui fit ce nouvel exil, il les employa à étudier la législation et l’organisation judiciaire de la Grande-Bretagne; mais il se vit en butte aux attaques de l’émigration espagnole, qui l’accusait d’avoir été la cause principale de la ruine de la constitution.

Aussitôt après la révolution de Juillet, Calatrava accourut sur les frontières d’Espagne, et devint membre de la junte directrice de Bayonne. L'entreprise de Mina ayant échoué, il vint s’établir à Bordeaux, et y resta jusqu’en 1834, époque où il obtint la permission de rentrer en Espagne. Il ne lui eut pas plus tôt été donné de fouler de nouveau le sol de la patrie, que sa vieille haine pour Martinez de la Rosa et les partisans d’un gouvernement modéré se réveilla avec plus d'énergie que jamais. C’est ainsi qu’en août 1835 on le vit prendre une part active à l’insurrection de la garde nationale de Madrid contre le ministère Toreno.

Lorsqu’en août 1336 la reine eut accepté et juré à la Granja la constitution de 1812, Calatrava fut choisi comme l’homme dont la sagesse et l’habileté pouvaient seules main- {enir désormais l’ordre et conjurer de nouveaux orages. Ce-

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