‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 138 sur 556 · CALCULS · texte numérisé non relu

CALCULS

vaire peut devenir le siége d’un dépôt de matière cristallisable, D'autres fois la concrétion calculeuse s’opère à l’occasion d’une cause mécanique : un corps étranger tombé dans la vessie, un bout de sonde, une épingle, un caillot de sang, deviendra presque nécessairement le noyau d’un calcul; ce point central hétérogène se rencontre également dans les calculs salivaires, intestinaux, pulmonaires, etc. Mais, indépendamment de ces causes appréciables, il en est une non moins réelle , impénétrable dans son essence, et qui probablement domine toutes les autres : c’est cette fatale disposition à faire des calculs, cette diathèse calculeuse, cette lifhiase, qui fait que tel individu produit beaucoup de calculs, comme tel autre engendre beaucoup de sang ou de bile. 11 est tel de ces malheureux dsnt la vessie est une espèce de carrière, dont on peut successivement extraire un nombre illimité de pierres, qui se reproduisent indéfiniment ; il est tel autre qui tous les huit jours se voit condamné à subir la torture d’un accès de colique hépatique, qui cesse avec l'issue d’un calcul biliaire, jusqu’à ce qu’un autre ait ramené les mêmes accidents.

Quelle que soit du reste la manière dont les calculs se sont engendrés dans les tissus ou dans les humeurs de l’économie , ces calculs peuvent se révéler par des signes qui leur . sont communs, et par d’autres qui sont propres à l'espèce de calcul et à l'organe qui en est le siége. Le sentiment de pesanteur, la douleur, le trouble des fonctions que leur présence détermine, peuvent tenir à tout autre cause que celle dont il s’agit; cependant ces troubles sont quelquefois assez significatifs, et les individus sujets aux calculs rénaux ou biliaires ne se trompent guère sur la cause de leurs souffrances. Il existe d’autres signes communs plus positifs ; ce sont ceux fournis par les sens : ainsi l’œil peut apercevoir un calcul dans le conduit auditif, le doigt peut sentir un calcul dans les conduits salivaires, dans l’urètre, et même dans la vessie : le toucher peut s'exercer à l’aide d’instruments explorateurs, sondes, stylets, etc.; l'oreille seule, ou aidée du stéthoscope, peut encore prêter des lumières ; enfin, il n’y a plus de doute lorsque le calcul est produit au dehors.

Tout ce que vous avez appris jusque ici, c’est qu’un calcul existe; mais il s’agit actuellement d’en déterminer la nature ; or, cette détermination est basée sur plusieurs données, telles que l’organe souffrant, les habitudes de l’individu, et principalement l'analyse chimique. C’est ainsi que les calculs du foie sont le plus souvent composés de cholestérine; mais les calculs de la vessie sont de nature trèsvariable. Cependant, si l'individu tourmenté par des calculs urinaires fait usage d’une alimentation plantureuse, de liqueurs spiritueuses ; sison urine dépose un sédiment rou-

| geâtre, vous aurez lieu de supposer que sa vessie contient

des calculs d’acide urique, ce dont vous n'aurez la certitude que lorsque vous aurez soumis le calcul lui-même aux réactifs chimiques. Disons en passant que la lithotritie estune source précieuse de diagnostic, en procurant des fragments de calculs sur lesquels on peut opérer. La difficulté du diagnostic est moindre pour les calculs autres que ceux des voies urinaires, parce que ces calculs, avons-nous dit, sont composés d'éléments moins variables, et d’ailleurs les lumières que fournirait l'analyse seraïent pour eux d’une utilité moins directe, parce qu'il est très-rare qu’il soit possible et avantageux de les attaquer par des dissolvants.

Les accidents déterminés par la présence des calculs dans les organes sont en général relatifs à l'importance et à la sensibilité de ces organes, au volume, à La forme et au nombre des calculs. Ces règles cependant subissent de nombreuses exceptions : c’est ainsi qu'on a vu des calculs assez volumineux se former dans l'organe le plus important, le cerveau , sans causer d'accidents ; d'énormes calculs qui remplissaient la vessie n'ont pas été même soupçonnés pen-

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