‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 139 sur 556 · CALCULS — CALCUTTA · texte numérisé non relu

CALCULS — CALCUTTA

dant la vie du malade, tandis que d'autres fois le plus petit calcul hépatique ou rénal détermine des douleurs atroces. Le plus souvent la présence du corps étranger donne lieu à des accidents inflammatoires persistants , plus ou moins graves ; dans certains cas heureux, un abeès, une adhérence salutaire, donnent issue au calcul à travers la peau ou par les voies intestinales. Lorsqu'il obstrue un canal excréteur, il peut déterminer a lergo une distension énorme du réservoir, et par suite sa rupture, puis la diffusion du liquide incarcéré , d'où des accidents plus ou moins graves; d’autres fois, le liquide retenu est résorbé, comme cela s’observe dans l’ictère et la fièvre urinaire.

Des maladies aussi graves que le sont en général les affections calculeuses ont dù exercer le génie des médecins, | qui, empruntant les secours de la chimie, ont de temps en temps conçu l'espérance, toujours déçue, de délivrer les malades sans recourir à ces opérations douloureuses et chanceuses, qui pourtant sont souvent l'unique ressource. La chimie s’est donc proposé de dissoudre les calculs existants et de prévenir leur formation ultérieure; mais ni l’em- | ploi des boissons alcalines pour dissoudre les sédiments . acides et salins de la goutte et de la gravelle, ni l'usage du vin de colchique, pour dériver les concrétions arthritiques sur les voies urinaires, ni les savonneux adressés } aux calculs biliaires, etc., n’ont complétement justifié les vues théoriques de leurs inventeurs. C’est surtout à l’é- » gard des calculs vésicaux qu’on a conçu les plus flatteuses | espérances : suivant que ces calculs sont acides ou alcalins, on conseide l'usage des alcalins ou des acides ; et, | bien qu’il y ait assez loin de l’estomac à la vessie, et que le réactif, assez innocent pour ne pas endommager le premier L de ces organes, doive arriver bien faible à celui sur lequel il doit agir, plusieurs observateurs ont néanmoins constaté lefficacité des lifhontriptiques, employés d’une manière judicieuse et avec persévérance. Mais, d’une part, il n’est pas toujours facile de préciser la composition des calculs, et, d'autre part, cette composition peut varier la stratification | des couches calculeuses : or, en agissant en aveugle, il est à craindre d’ajouter au mal qu’on prétend soulager. Pour éviter les inconvénients de ces moyens éloignés, on a dû songer à attaquer directement les calculs urinaires, en in- L jectant dans la vessie des liquides dissolvants plus actifs que ceux qu’on peut ingérer dans l'estomac. Fourcroy et Vauquelin ont exécuté sur table des essais très-satisfaisants ; mais les expérimentateurs ont trop compté sur la tolérance de la vessie, et les lithontriptiques sont aujourd’hui délaissés, | comme dangereux ou insuffisants. Depuis, on avait cepen- | dant fondé quelques espérances sur le plus puissant des | dissolvants, l'électricité, qui n’a pas eu plus de succès. Certes, il convient de tenir compte des tentatives faites dans ce | sens, ct surtout de ne pas désespérer des progrès ultérieurs | des sciences chimiques et médicales ; mais toujours est-il que pour le moment c’est à la chirurgie qu’il est le plus sûr de | s'adresser.

) Extraire les calculs en masse ou par fragments, tel est

le but de la taille et de la lithotritie. Ces opérations sont | encore, disons-nous , les seules sur lesquelles il soit permis de compter, et hors desquelles il n’existe guère que des palliatifs. Quelque douloureux que soient les calculs biliaires et intestinaux, il n’est guère permis d’imiter la hardiesse de J.-L. Petit et de Meckel, qui ont tenté de les extraire en } incisant les parois abdominales. Contre ces maladies on ne peut user que des moyens indirects indiqués par la douleur et | lirritation. Quant aux calculs directement accessibles aux moyens d'extraction, il n’est pas besoin de nous en occuperici.

Ce que nous avons dit des causes qui président à la forma- | tion des calculs suffit pour faire pressentir les précautions à l'aide desquelles on pourra s’en préserver. Ces moyens . sont pour la plupart du domaine de l'hygiène et sont basés particulièrement sur le régime alimentaire. D° FOrRGET,

CALCUTTA, chef-lieu de la présidence du même nom, dans l’Inde anglaise, et siége du gouverneur général de toutes les possessions britanniques dans les Indes-Orientales, est située dans le delta du Gange, sur la rive gauche du principal bras occidental de ce fleuve, appelé le Hugly. Elle est bâtie sur un sol marécageux, qui rend le climat de cette ville très-malsain, bien qu’on ait beaucoup fait pour l'améliorer au moyen de desséchements de marais et de larges éclaircies opérées dans les forêts voisines, On la divise en trois parties principales : /a Ville Noire, au nord; La Ville Blanche, au centre; et Le fort William, au sud. Ce dernier est une vaste citadelle, parfaitement construite, séparée de la ville par une esplanade, et renfermant d'immenses casernes , un magaifique arsenal et une foule d’autres établissements militaires. La Ville Blanche, appeléeaussi Tschauringhy, qui est habitée par les Européens, circonstance à laquelle elle est redevable de sa dénomination, est bien bâtie, et, sauf quelques exceptions commandées par le climat, a tout à fait l’air d'une ville d'Europe. Les rues en sont larges, droites, et formées par des maisons ayant pour la plupart toute l’ap-

parence de palais, construites en briques et séparées l’une de

l’autre. Les plus beaux édifices sont le palais du gouvernement, l’hôtel de ville, le palais de justice, les deux églises anglicane ct presbytérienne. En fait de curiosités, il faut mentionner le monument, aujourd’hui tombant en ruines, qui fut élevé en face du fameux frou noir (servant aujourd’hui de magasin) dans lequel, en 1756, le radjah Ed-Daulad fit périr une centaine d’Anglais dans les plus horribles tortures. La Ville Noire, appelée aussi Patta, qui ne se compose guère que de huttes en jonc et en bambou, ou encore de petites et basses maisons construites en briques et en argile, a des rues sales et étroites, et n’est habitée que par les indigènes. On y trouve plusieurs temples hindous et plusieurs mosquées, mais pour la plupart de petites proportions et insignifiants comme œuvre d’architecture. Indépendamment de ces trois parties principales, il existe encore divers grands faubourgs et plusieurs quartiers particuliers, par exemple le quartier des Arméniens, où l’on voit une belle église, Le nembre des habitants-qui était à peine de 197,000, en 1823, s'élevait, en 1866, à 377,924. La plus grande partie de cette population se compose d’Hindous, et ensuite des mahométans indigènes. On y trouve aussi un grand nombre d'Eurcpéens, d’Anglais surtout, dont le mélange avec les Indiennes a donné naissance à une foule de métis désignés sous le nom de demi-caste, de même que les nationaux de la plupart des contrées de l'Asie méridionale.

Calcutta est le siége d’un évêque anglican, dont la juridietion diocésaine s’étend sur toute l'Asie méridionale et orientale. La plupart 4es dissidents anglais, de même que les autres sectes protestantes d'Europe, ct les arméniens, les catholiques, en un mot la plupart des confessions chrétiennes y ont également des temples; on y trouve en outre une foule de mosquées et des temples païens à l’usage des indigènes. Quoique, d’un côté, Calcutta soit une ville complétement asiatique, elle possède, d’un autre, toutes les institutions et toutes les jouissances matérielles des grandes villes de l’Europe, et on y compte une foule d'établissements utiles, propres uniquement à un état de civilisation des plus avancés. De ce nombre sont divers hôpitaux, des écoles de différents degrés et de tous les genres pour les Européens

| et les indigènes, plusieurs imprimeries et sociétés savantes,

dont la plus importante est la Société Asiatique, un théâtre, un observatoire et un jardin botanique justement célèbre. C’est la ville commerciale la plus importante de l’Inde orientale et peut-être de toute l'Asie; elle est surtout l’entrepôt de l'Hindoustan proprement dit et le grand centre de tout le commerce de l'Inde orientale avec l'Angleterre. Le commerce intérieur se fait principalement au moyen d’une navigation fluviale, qui n’emploie pas moins de 1,000 bâtiments, ct d’unenavigation maritime des plus importantes, encore bien

que les navires jaugeant plus de cinq cents tonneaux ne puissent pas remonter le fleuve jusqu’à Calcutta. Cette ville est d’ailleurs une cité toute moderne. Les Anglais s’établirent dès 1690 en cet endroit, et c’est le village indien Godwindpour qui devint le premier noyau de Calcutta; mais un agent de la Compagnie des Indes, nommé Charnock, fonda peu après à un demi-mille de là, et sur les bords de l’Hougly, un nouveau comptoir qui fut appelé Calcutta du petit village de Kali-Katla (village de la déesse Kali), En 1707 Calcutta fut séparée de la présidence de Madras et forma une administration séparée sous la juridiction du nabab de Bengale. Ce dernier, en 1756, s’en empara de vive force, commit de grands excès contre les habitants, et n’y laissa que des ruines. Lord Clive prit de cet échec une éclatante revanche en battant à Plassey (1757) les troupes du nabab ; il reprit Calcutta, bâtit le fort Wiiliam, et jeta ainsi les bases de la puissance anglaise dans l'Inde. Depuis cette époque la cité, favorisée par sa situation géographique, fit des progrès si rapides qu’elle est aujourd’hui l’une des plus prospères de l’Asie, Deux grandes lignes ferrées la mettent en communication avec Delhi et Madras,

L'ancienne présidence de Calcutta a été transformée, en 1858, en gouvernement du Bengale,

CALDANI ( Léororn-Marc-ANTOINE ), célèbre anatomiste, né à Bologne, le 21 novembre 1725, était destiné par son père à l’étude de la jurisprudence, mais fut entrainé par une irrésistible vocation vers la médecine. Il fit ses études médicales dans sa ville natale, y devint professeur en 1755, alla dans les années 1758-1760 suivre à Bologne les cours de Morgagni, et revint à Bologne à la fin de 1760. Des cabales qui s’élevèrent contre lui le forcèrent de se retirer à Venise, d’où il fut peu detemps après appelé à Padoue, en qualité de professeur de médecine théorique ; fonctions qu'il accepta à la condition qu’à la mort de Morgagni il hériterait de sa chaire. Cette éventualité se réalisa en 1771.

Caldani mourut le 30 décembre 1813. Sa grande réputation à l'étranger eut surtout pour fondements ses Recherches sur l'Irrilabilité (Bologne, 1757 ), qui lui valurent l'amitié de Haller, dont il embrassa le parti dans les vives discussions scientifiques de l’époque. Ses Manuels de Pathologie ( Padoue, 1772), de Physiologie ( Padoue, 1773) , d’Analomie (Venise, 1787), et de Séméiotique (Padoue, 1808), ont servi longtemps de base à l’enseignement dans les diverses universités de l’Europe. Toutefois, son ouvrage principal est celui qu’il publia avec son neveu , Florian Caldani, sous le titre de Zcones Anatomicæ (4 vol. in-fol. ; Venise, 1801- 1814 ; nouvelle édition, 1823), et qu'accompagna une Explicatio iconum analomicarum ( 5 volumes in-4°; Venise, 1502-1814 ), qui parut simultanément.

CALDANI ( FLorran ), neveu du précédent , s’occupa, comme son oncle, surtout de l’anatomie, et fut nommé en 1800 professeur d’anatomie et de physiologie à Padoue, puis appelé en 1812 à remplir les mêmes fonctions à Bologne. Plus tard, il revint se fixer à Padoue, où il mourut, le 11 avril 1836, recteur de l’université. Indépendamment de ’ouvrage intitulé Zcones, dont il a été fait mention plus haut, il publia plusieurs traités originaux, par exemple Sur le Système Lymphatique (Padoue, 1792) et Sur la Membrane du Tympan ( Padoue, 1794), etc. ; des Ælementi di Anatomia (Venise, 1824; nouvelle édition, Bologne, 1828). Peu de temps avant sa mort, il avait aussi fait paraître une Anatomia umana complela (in-fol., avec gravures ; Venise, 1836).

CALDARA ( Pozinoro ). Voyez CARAVAGE.

CALDAS, c’est-à-dire sources chaudes. C’est le nom de diverses localités, tant en Espagne qu’en Portugal, où l'on trouve des eaux thermales. Les plus en renom sont : Caldas de Malavella, Caldas de Estrac et Caldas de Mombui, en Catalogne; Caldas de Reyes, Caldas de Cuntis et Caldas de Tuy, en Galice; Caldas das Taïpas, Caldas de Fa-

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