‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 143 sur 556 · CALDIERO — CALE · texte numérisé non relu

CALDIERO — CALE

la division Seras. Le maréchal Masséna, après une sommation | inutile, fit marcher quatre bataillons pour achever de les ) cerner. Le général autrichien sentit alors que toute résis- | tance était impossible; et le 2 novembre il consentait à mettre bas les armes sur les glacis de Vérone.

| En 1809, après la perte de la bataille de Sacile, le prince Eugène, vice-roi d'Italie, se vit forcé de se retirer sur Vérone, afin de se rapprocher de son aile gauche, pressée dans le Tyrol par l’armée autrichienne de Chasteler , et de rallier les troupes qui ne l'avaient pas encore rejoint, La position de Caldiero fut alors occupée en sens inverse, c’està-dire par l’armée qui défendait Vérone, au lieu de l’être par celle qui menaçait cette ville. Le 28 avril l’armée française d'Italie se déploya dans cette position, forte d'environ soixante mille hommes d’infanterieet de cinq mille chevaux, en mesure de reprendre l'offensive contre larchiduc Jean, qui avait laissé ving-cinq mille hommes aux blocus de Venise et de Palma-Nova. Les opérations de ce jour et du lendemain nous furent fayorables ; mais le 30 au matin deux L brigades autrichiennes attaquèrent le 1 de ligne italien à à Castel-Cerino. La première attaque de l'ennemi fut vià vementrepoussée, ct lerégiment gagna duterrain: cependant il fut rejeté, à son tour, sur Castel-Cerino. Le général Sorbier allait lui envoyer des renforts, et l’armée entière se disposait à marcher en avant; mais le général Bonfanti, qui | était à la tête du 1° italien, au lieu de continuer à défenire son poste, se mit en retraite, abandonnant Sorbier sans le prévenir. Les trois bataillons de la garde italienne, laissés à découvert par cette manœuvre, se défendirent avec | une valeur héroïque, et parvinrent à se retirer à Cazzola, } sans être entamés, quoiqueayant perdu beaucoup de monde ; mais nous eùmes à déplorer la mort du général Sorbier, officier d’un grand mérite, Le lendemain le prince Eugène voulait reprendre Castel-Cerino ; mais l’archiduc Jean avait quitté ses positions dans la nuit, et nous ne nous occupâmes plus que de le suivre, ce que nous fimes avec assez de bonheur pour parvenir à dissiper son armée,

En 1813 les hauteurs de Caldiero furent encore une fois le théâtre d’un combat entre les Français et les Autrichiens. | La défection de la Bavière, ouvrant à l'ennemi l’entrée du Tyrol, avait obligé le prince Eugène à se replier sur l’Adige, En même temps le corps principal de l’armée autrichienne | traversait le Tyrol à grandes journées, afin d'essayer de prévenir le prince à Vérone. Ce fut ce mouvement qui décida Eugène à se fortifier à l'instant derrière l’Adige, sans s’arrêter dans la position de Caldiero, où il pouvait être tourré. Le 9 novembre il attaqua les troupes ennemies qui avaient dé- } passé Ala, et les repoussa en désordre avec une assez grande | perte jusqu’à Roveredo. Le 16 nouveau combat, qui commence à dix heures du matin. Le général Jeannin ayant | emporté les retranchements de San-Pietro, ur régiment au- | frichien qui défendait les mamelons de Caldiero fut enve- | loppé, pris ou détruit presque en entier. L’aile droite continuant son mouvement, la division Eckhardt, quoique renforcée par des troupes fraîches, fut poussée en désordre | derrière l’Alpon, où elle prit position. La division Vecsey, découverte sur sa droite, et canonnée en flanc par l'artillerie de la division Marcognet, fut également enfoncée par le général Quesne!, et poussée à Monteforte, où elle se reforma et essaya de tenir ; mais une nouvelle attaque la força à quitter Monteforte et à se retirer derrière l’Alpon. La canonnade se soutint jusqu’à la nuit, et l’attaque parut tellement sérieuse au général Hiller, qu’il fit avancer ses troupes, afin d’être prêt à soutenir le gros de l’armée. Le mouvement du général Mermet avait manqué, à cause des difficultés qu’avaient éprouvées les troupes dans des chemins inondés et un terrain marécageux, qui ne lui permit d'arriver à Castelletlo qu’après la retraite de l'ennemi. Mais la position de Caldiero avait été emportée, et l’ennemi, repoussé en désordre, malgré sa grande supériorité numérique, avait perdu quinze cents

hommes hors de combat, neuf cents prisonniers et ueux canons. Le but du prince Eugène était atteint ; et, après avon employé la journée du 16 à détruire les retranchements ennemis, il fit rentrer son armée dans ses positions derrière l’Adige, laissant cependant une forte avant-garde à Saint- Martin. La vigueur de ses deux attaques avait imposé à l'ennemi, et il fallut la défection du roi de Naples pour obliger , deux mois plus tard, le prince Eugène à quitter Vérone. G*! G. DE VAUDONCOURT. ;

CALE, La cale d’un vaisseau est la partie du navire comprise entre le fond et le premier pont; elle est divisée en plusieurs compartiments : le premier et le plus grand, nommé cale à eau, se trouve de l’avant à partir du grand mât; on y renferme les caisses d’eau , les câbles et presque tous les cordages de rechange. Derrière est ordinairement placée la cale au vin, dans laquelle sont arrimées les barriques de vin et d’eau-de-vie destinées à la consommation de l'équipage ; les salaisons et les farines sont réparties dans ces deux cales. Les autres subdivisions du fond du navire s’appellent soutes : il y a la soute aux poudres , la soute aux voiles, les soutes à biscuit, à charbon, etc. ; on dit cependant les puits à boulet, le puits de la chaïne ( câble-chaïne ), la fosse au câble et la Josse aux lions ( sans doute par corruption de fosse aux liens ). Depuis longtemps il ne s’est fait aucune amélioration sensible dans les emménagements de la cale des navires ; on avait proposé de séparer les diverses parties par des cloisons qui devaient s'adapter presque hermétiquement au fond du vaisseau; les communications entre tous les compartiments eussent été établies à l’aide de vannes qu’on aurait ouvertes ou fermées à volonté. Il est malheureux pour les cas d’incéndie et de voies d’eau graves que cette idée ne soit guère applicable.

Cale de construction. Les vaisseaux sont construits à terre, sur des plans imclinés de huit centimètres par mètre, où ils glissent entraînés par leur propre poids quand on les lance à la mer. La longueur de la cale, y comprise celle de l’avant-cale, qui plonge dans l’eau, est d'environ cent mètres ; elle doit être bâtie solidement et reposer sur un sol bien ferme, pour supporter l'énorme charge d’un vaisseau et de tous les chantiers sur lesquels il s’appuie. On a construit à grands frais dans nos ports des cales couvertes : ce sont de magnifiques édifices, dont la toiture en fer repose sur d'énormes piliers ou colonnes en pierres de taille, de manière à enfermer le vaisseau tout entier. Comme monument, ces cales sont admirables, mais une sage économie doit les repousser comme objets de luxe; les navires en construction sont aussi bien à l’abri des injures de l’air sous une simple couverture en planches garnies d’une toile peinte ou goudronnée. Aujourd'hui, on est parvenu à tirer de l’eau un navire tout construit et à le guinder sur sa cale. On concevra l’énorme force qu’exige une pareille opération, si l’on fait attention que le poids d’un vaisseau de 74 canons est d'environ 1,500,000 kilogrammes. L'adoption des chemins en fer facilite considérablement cette manœuvre.

Un navire désarmé et gardé au port ne tarde pas à se briser et à se détériorer; en peu d'années il se trouve hors de service : nous avons des vaisseaux qui ne sont jamais sortis, et qui ne sont plus en état de naviguer. Sur une cale de construction il se conserve indéfiniment. C’est ainsi qu’au temps de sa grande puissance, Venise renfermait mystérieusement ses flottes sous des cales couvertes, et les faisait reparaître soudain dès que l’ennemi, ignorant ce secret, osait se représenter. Théogène PAGE, capitaine de vaisseau.

CALE (Supplice de la). Voici en quoi consiste ce supplice. Le patient est amarré à l'extrémité d’une corde qui passe dans une poulie fixée au bout de la grande vergue ou de la vergue de misaine; on lui lie les mains au-dessus de la tête, et on le hisse jusqu’à la hauteur de la vergue, d’où on le laisse retomber de tout son poids dans la mer trois fois de suite. Cette exécution se fait ordinairement

avec beaueoup d'appareil; les équipages des navires en rade sont convoqués pour y assister; elle est annoncée par un coup de canon et par un pavillon d’une espèce particulière. Elle retient le nom de cale mouillée, et c'était la seule qui eût été conservée dans notre code pénal maritime, lorsque le gouvernement provisoire abolit les châtiments corporels après la révolution de Février.

La cale sèche, qu'on donnait plus anciennement, était un cruel supplice; le condamné retombait sur le pont et s’y brisait. On avait encore imaginé une peine intermédiaire, une modification de la cale sèche ; elle consistait à retenir le patient dans sa chute, lorsqu'il était arrivé à quelques pieds au-dessus du pont. L'origine de cette peine remonteaux siècles barbares. La cale sèche était connue en France aux quatorzième et quinzième siècles sous le nom d’esérapade. Voici ce qu’on trouve dans les lois navales de Richard Cœur de Lion lors de son expédition en Terre Sainte : « Tout matelot qui aura frappé son camarade, mais sans effusion de sang, sera plongé trois fois de suite à la mer. » Du reste, l'antiquité de son existence n’était pas une raison pour conserver dans nos lois un supplice ridicule, enfanté par le même cerveau qui condamnaït le matelot convaincu de vol « à avoir la tête rasée, arrosée de poix bouillante, frottée avec de la plume et du duvet, afin qu’on pût le reconnaître, et en cet état déposé à terre au premier endroit. » Théogène PAGB, capitaine de vaisseau,

CALEB, fils de Jéphunné, Cénézéen, fut un de ceux qu’envoya Moïse à la découverte de la terre de Canaan. A la différence de ses frères, qui étaient partis avec lui, il ne jeta pas l’épouvante dans le cœur du peuple, et le législateur ües Hébreux lui promit en récompense qu’il aurait en héritage le coin de terre où il avait mis les pieds. Il avait alors quarante ans; ce ne fut que quarante-cinq plus tard qu'il obtint de Josué la montagne d’Hébron, dont son gendre Othoniel hérita à sa mort.

CALEBASSE. On désigne sous ce nom les fruits du baobab, du calebassier et de plusieurs espèces de cucurbitacées. I1 s'applique surtout à une de ces dernières, la courge calebasse (cucurbita lagenaria, Linné), plante qui répand une légère odeur de muse et se reconnait à ses feuilles molles, un peu arrondies, lanugineuses, d’un vert pâle. Les fleurs sont blanches et fort évasées. Les fruits sont en forine de poire avec un cou allongé ou un étranglement, ou arrondies en forme de bouteille, de faux ou de croissant : ce sont ces fruits qui, dans les diverses variétés, portent les noms de calebasse, de courge bouteille, gourde des pèlerins, courge trompette. Leur pulpe est bonne à manger et leur écorce sert de vase,

CALEBASSIER, genre de la famille des solanées et de la didynamie angiospermie de Linné, qui renferme des erbres ou arbustes de l'Amérique méridionale, de la hauteur de nos pommieïs, et à peu près de la même grosseur, ne les fruits, semblables par leur forme et leur volume à ceux'@es courges (voyez l’articleprécédent), servent aux mêmes usages. Le tronc du calebassier est tortueux, couvert d’une écorce grise et rabotteuse, divisé en plusieurs branches principales d’où naissent d’autres plus petites, chargées de feuilles pointues, longues de quinze centimètres sur trois de largeur, plus larges dans le milieu que par lune ou l'autre de leurs extrémités, lisses, glabres, d’un vert clair en dessous, et plus obscur en dessus, et qui sont disposées comme par bouquets. Ses fleurs sont d’une seule pièce, blanchätres, en forme de cloche, irrégulières, pointillées sur leur surface, et d’une odeur désagréable. Ses étamines sont blanches, et le calice de la fleur est verdâtre. Le fruit, semblable, comme nous venons de le dire, à une courge, est composé d'une écorce douce et épaisse, d'une couleur blanchâtre et rempli de semences pareilles à celles du concombre pour la forme, mais de coulear brune. Les Américains l’emploient à confectionner iles vases qu’ils ornent de dessins coloriés,

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