‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 147 sur 556 · CALENDES — CALENDRIER · texte numérisé non relu

CALENDES — CALENDRIER

avant les nones. Dès le lendemain des nones on comptait par ides ; enfin les jours qui terminaient un mois étaient de même rapportés aux calendes du mois suivant. Par exemple, les derniers jours de février s’appelaient le septième, le sixième, le cinquième, etc., avant les calendes de mars. Remarquons que le jour qui précédait immédiatement les nones, les ides, les calendes, s’appelait, comme de raison, la veille des nones, la veille des ides, la veille des calendes ; et que l’avant-veille de chacun de ces jours aurait dû prendre respectivement le nom de deuxième jour avant les nones, avant les ides, avant les calendes. Cependant, par une anomalie étrange, il s’appelait en réalité le {roisième ; sa veille: était le quatrième, et ainsi de suite, avec une erreur constante d’une unité.

Déjà, au mot Annér, nous avons indiqué les désordres qui s'étaient introduits dans le calendrier romain lorsque Jules César entreprit de le réformer , par le plus simple de tous les modes d’intercalation, celui d’une bissextile tous les quatre ans. « Mais, dit Laplace, si la courte durée: de la vie suffit pour écarter sensiblement l’origine des années égyptiennes du solstice ou de l’équinoxe, il ne faut qu’un petit nombre de siècles pour opérer le même déplacement dans l’origine des années juliennes ; ce qui rend indispensable une intercalation plus composée. Dans le onzième siècle, les Perses en adoptèrent une, remarquable par son exactitude. Elle se réduit à rendre la quatrième année bissextile sept fois de suite, et à ne faire ce changement la huitième fois, qu’à la cinquième année. Cela suppose la longueur de l’année tropique de 365j.,2424249, plus grande seulement de 0j.,0001602 que l’année déterminée par les observations ; en sorte qu’il faudrait un grand nombre de siècles pour déplacer sensiblement l’origine de l’année civile. Le mode d’intercalation du calendrier grégorien est un peu moins exact; mais il donne plus de facilité pour réduire en jours les années et les siècles; ce qui est l’un des principaux objets du calendrier. Il consiste à intercaler une bissextile tous les quatre ans, en supprimant la bissextile de la fin de chaque siècle, pour la rétablir à la fin du quatrième. La longueur de l’année que cela suppose est de 366j.,2425, plus grande que la véritable de 0j.,000236. Mais si en suivant l'analogie de ce mode d'intercalation, on supprime encore une bissextile tous les quatre mille ans, ce qui les réduit à 969 dans cet intervalle, la longueur de l’année sera de 365j.,242250, ce qui approche tellement de la longueur 365).,242264 déterminée par les observations, que l’on peut négliger la différence , vu la petite incertitude que les observations laissent sur la vraie longueur de l’année, qui d’ailleurs n’est pas rigoureusement constante, »

On voit, par ce qui précède, que le concile de Nicée, réuni en 325, se trompait lorsqu'il croyait que le calendrier julien ramènerait toujours l’'équinoxe de printemps au 21 mars : au quinzième siècle, cet équinoxe anticipait déjà beaucoup sur la date qui lui avait été assignée. Cette erreur, en s’accroissant aurait fini par rejeter en plein hiver la fête de Pâques. Aussi, en 1414, le cardinal Pierre d’Aïlly proposat-il au concile de Constance et au pape Jean XXII de réformer le système d’intercalation de Jules César. Vers la. même époque, le cardinal Cusa écrivit aussi sur la matière, que Roger Bacon avait déjà traitée. Le pape Sixte IV aurait sans doute opéré la réforme, devenue de plus en plus nécessaire, sans la mort de Regiomontanus, astronome célèbre, qu’il avait appelé à Rome pour le charger de cette affaire. Près d’un siècle après, en 1563, le concile de Trente, en se séparant, fit à ce sujet de nouvelles recommandations au pape. Enfin Grégoire XIII réussit, en 1582, à opérer la réforme tant désirée, avec le concours d’un savant Calabrais nommé Lilio.

La réforme grégorienne ne se borna pas à pourvoir aux besoins de l'avenir; elle voulut ramener les choses à l'état où elles étaient à l'époque du concile de Nicée, et, comme

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