CALENDRIER — CALENDRIER RÉPUBLICAIN
léquinoxe, fixé au 21 mars par les prélats qui composaient ce concile, avait anticipé sur cette date et arrivait Le {1 mars, on décida de supprimer dix jours. Une bulle de 1581 ordonna donc que dans l’amée 1582 le lendemain du 4 octobre porterait le quantième du 15 octobre , et ainsi de suite, Par ce moyen le jour qui eût été le {1 mars suivant se trouva le 21, et l’équinoxe fut rétabli sur le calendrier à sa date primitive. Le mois d'octobre avait été préféré à tous les autres parce qu'il ne s'y rencontre aucune des fêtes mobiles, dont la translation n'aurait pas été sans difficultés. Telle est l’origine de la différence primitive de dix jours qui a longtemps existé entre les dates pour les pays où la réforme grégorienne fut adoptée et les contrées protestantes ou du rit grec. Cette différence de dix jours ne s’augmenta pas en 1600, qui fut une année bissextile à la fois dans le calendrier Julien et dans le calendrier grégorien ; mais elle s’accrut d’un jour en 1700 et d’un autre jour en 1800; ce qui fait un total de douze jours, différence actuelleentre les dates des Russes, qui, ont conservé le calendrier julien, et les dates des autres peuples de l’Europe. ;
La réforme grégorienne ne fut pas adoptée immédiatement et sans résistance, même dans les pays catholiques. Quant aux pays protestants, on y aima mieux, suivant la remarque d’un érudit, ne pas être d'accord avec le soleil que de l'être avec la cour de Rome. Cependant la réformation, commencée à Rome le 5 (15) octobre 1582, selon le décret, eut lieu en France le 10 (20) décembre de la même année. En Allemagne, elle fut adoptée dans les pays catholiques, en 1584, à la suite des pressantes sollicitations de Rodolphe II ; et dans les pays protestants, en 1600, le 19 février (1% mars). Le Danemark, la Suède, la Suisse, suivirent exemple de l'Allemagne : quelques villages seulement de PHelvétie résistèrent, et il fallut pour les réduire recourir à des amendes et à la force armée. La Pologne reçut aussi la réforme en 1586, malgré une sédition que ce changement avait fait naître à Riga ; et enfin l’Angleterre se décida à l’adopter, le 3 (14) septembre 1752.
Pour établir le calendrier grégorien correspondant à un millésime donné, il faut composer une table contenant : 1° le quantième ou ordre des jours, mois par mois, à raison de 31 pour janvier, 28 ( et 29 les années bissextiles ) pour février, 31 pour mars, 30 pour avril, 31 pour mai, 30 pour juin, 31 pour juillet, 31 pour août, 30 pour septembre, 31 pour octobre, 30 pour novembre et 31 pour décembre; 2° les noms des jours de la semaine ( lundi, mardi, etc. ); 3° l'éponymie des saints et fêtes pour chacun
® de ces jours; 4° enfin les autres éléments du calendrier
connus sous les noms de lettre dominicale, épacte, indiction, etnombre d’ar.
L’indication des fêtes fixes du catholicisme ( l’Assomption; la Toussaint, Noël) n'offre aucune difficulté. Quant aux fêtes mobiles, leurs dates se déterminent au moyen de celle de la Pâque : ainsi la Septuagésime et le Mercredi des Cendres sont, l’un 63 jours, l’autre 46 jours avant Pâque, tandis que les Rogations, l’Ascension, la Pentecôte, la Trinité, la Fête-Dieu, viennent respectivement 36, 40, 50, 57, 60 jours après la fête pascale.
Comme la Pâque n'arrive jamais plus tard que le 25 avril ni plus tôt que le 22 mars, on a construit sur cette hypothèse un calendrier dit perpétuel, qui sert à trouver toutes les fêtes mobiles de l’année. H semble au premier abord que le calendrier perpétuel doive nécessairement se composer dune série de 38 calendriers, autant qu’il y a de jours depuis le 22 mars inclusivement jusqu’au 25 avril inclusivement. Tel est celui qui se trouve en tête de la première édition de l'Art de vérifier Les dates. Mais en donnant une seconde édition de cet admirable ouvrage, D. Clément trouva le moyen de réduire les 35 calendriers à 7, par une série de combinaïsons aussi exactes qu’ingénicuses.
CALENDRIER DE FLORE. On nomme ainsi un
tableau indiquant les floraisons des végétaux mois par mois, Linné ayant remarqué que non-seulement les divers végétaux fleurissent à des époques différentes de l’année, mais qu’en général sous la même latitude la même plante fleuri à la même époque, il dressa le premier un calendrier de Flore pour la latitude d'Upsal. Plus tard, Lamarck en composa un propre au climat de Paris, et que nous allons reproduire ici :
Janvier : l'ellébore noir. — Février : l'aune, le saulemarseau, le noisetier, le daphne mezereum, la galantine perce-neige, etc. — Mars : le cornouiller mâle, l’'anémorne hépatique, le buis, lethuya, l'if, lamandier, le pêcher, l’abricotier, le groseillier épineux , la giroflée jauné, la primcevère, l’alaterne , etc. — Avril : le prunier épineux, la tulipe, la jacinthe, l'orobe printannier, la petite pervenche, le frêne commun, le charme, le bouleau, l’orme, la fritillaire impériale, les érables, les poiriers, etc. — Mai : les pom: miers, le lilas, le marronnier, le gaînier, le merisier à grappes. le cerisier, le frêne à fleurs, le faux ébénier, la pivoine , le muguet, la bourrache, le fraisier, le chêne, etc. — Juin : les sauges, le coquelicot , la cigué, le tilleul, la vigne, les nénuphars, le lin, le seigle, l’avoine, l'orge, le froment, les digitales, les pieds-d’alouette, les millepertuis, etc. — Juillet : Vhysope, les menthes, l’origan, la carotte, la {anaisie, les œillets, les laitues, le houblon, le chanvre , la salicaire, la chicorée sauvage, le catalpa, etc. — Aott : la scabieuse succise, la parnassia, la gratiole, la balsamine des jardins, l’euphrasie jaune, plusieurs actées, les rudbeckia , les silphium, les coreopsis, la viorne laurier-tin, etc. — Septembre : 1e fragon, l'angélique épineuse, le lierre, le cyclamen, l’amaryllis jaune, le colchique, le safran. — Octobre: l’aster à grandes fleurs, le topinambour, la camomille à grandes fleurs, etc. a
CALENDRIER RÉPUBLICAIN. Lorsque la Convention nationale eut proclamé l'établissement du gouvernement républicain, elle usa d’abord de sa puissance pour établir l’uniformitédes poids et mesures dans toute la France; puis « voulant, comme le disait son décret, que la régénération fût complète, et afin que les années de liberté et de gloire de la nation française marquassent encore plus par leur durée dans l’histoire des peuples que ses années d’esclavage et d'humiliation dans l’histoire des rois », elle abolit le calendrier grégorien, et prit la fondation de la république pour point de départ de l’ère d’après laquelle les Français devaient désormais compter les années. A la séance du 2€ septembre 1793, Romme présenta un bon travail sur la réforme du calendrier, et le 5 octobre intervint le décret qui abolissait l’ère vulgaire, et qui fixait le premier jour de l’année au 22 septembre, jour de la fondation de la république, et auquel le soleil entre dans le signe dela Balance, emblème de l'égalité. Ce ne fut toutefois que le 4 frimaire (24 novembre 1793) que Fabre d’Églantine fit adopter défnitivement, avec quelques changements, les noms proposés
. par Romme.
Par une heureuse coïncidence, en effet, la république avait été proclamée le jour même de l’équinoxe d’automne; ce qui faisait commencer l’année avec cette saison, tandis que le 1°" janvier ne répond à l’ouverture d’aucune. Le premier jour de l'automne était d’autant mieux choisi pour notre climat, que c’est dans cette saison qu'après avoir recueilli les moissons de l’année qui finit, on prépare, par la culture et les semailles, celles de l’année qui va suivre. D'ailleurs, c’est à cette époque de l’année que se renouvellent chez nous presque tous les baux des campagnes. I] était convenable que l’année civile et fiscale répondit le plus exacte. ment possible à l’année rurale.
Le calendrier républicain a été l'objet d’attaques passion nées de la part d'hommes qui n’ont vu en lui que l’institu tion d’un gouvernement auquel ils étaient hostiles. Cependant ce calendrier offrait de nombreux avantages. Les mois, au
nombre de douze, se composaient uniformément de trente jours ; l’année était complétée par des jours épagomènes ou complémentaires au nombre de cinq (six , les années sextiles). Chaque mois était divisé en trois décades, dont les jours prenaient les noms de primidi, duodi, tridi, quartidi, quintidi, sextidi, septidi, octidi, nonidi, décadi. Cette division était préférable à la semaine; car le nom du jour de la décadesfaisait connaître immédiatement le quantième du mois.
Les mois étaient ainsi rangés : vendémiaire , brumaire, frimaire, nivése, pluviôse, ventôse, germinal, floréal, prairial, messidor, thermidor, fructidor. « Les étymologistes, dit M. Arago, ont critiqué ces dénominations ; on a répondu qu’elles avaient l’avantage d’avoir la même terminaison pour les mois de chaque saison, et de se rattacher à des événements météorologiques ou agricoles annuels : ainsi fructidor correspondait à la maturation des fruits, vendémiaire aux vendanges , pluviôse au temps des pluies, frimaire à l’époque des frimas, etc. Mais ces dénominations avaient l'inconvénient de n’être relatives qu’au climat de la France; on se fit donc la plus étrange des illusions en s’imaginant qu’elles seraient adoptées dans tous les pays. » Remarquons que la Convention n’est point le premier pouvoir français qui ait conçu l’idée de substituer des noms significatifs à la nomenclature, absurde pour nous, du calendrier julien. « Charlemagne, dit Eginhard, donna des noms ax mois dans son propre idiome ; car jusqu’à son temps les Francs les avaient désignés par des mots en partie latins, en partie barbares... Les mois eurent les noms suivants : janvier, wintermonaht (mois d'hiver); février, hornunk (mois de boue) ; etc, »
Le jour, qui durait de minuit à minuit, était divisé en dix parties ou heures. La centième partie de l'heure formait la minute décimale ; la centième partie de la minute, la seconde décimale. Enfin l’éponymie des saints et des fêtes du calendrier grégorien était remplacée par une série de noms de plantes, de métaux, d'animaux, d'instruments aratoires : ces derniers réservés pour les décadi, tandis que les noms d’animaux létaient pour les quintidi. Ainsi, pour citer un exemple, on eut : vendémiaire, primidi, raisin; duodi, safran ;tridi, châlaigne ; quartidi, colchique; quintidi, cheval; sextidi, balsamine; septidi, carotle; octidi, amaranthe ; nonidi, panais ; décadi, cuve, etc. Le premier des jours complémentaires fut consacré à la vertu, le second au génie, le troisième au travail, le quatrième à l'opinion , le cinquième fut la fête des récompenses; le sixième, dans les années sextiles , était la fête de la révolution. La période de quatre ans, au bout de laquelle avait lieu cette addition d’un sixième jour complémentaire, formait la franciade, en mémoire de la révolution qui après quatre ans d’efforts avait conduit la France au gouvernement républicain.
Nous avons vu à l’article Année que le calendrier républicain a été en usage moins de quatorze ans. 11 fut aboli sur un rapport de Laplace au Sénat. Et cependant nos législateurs ont conservé le système des mesures décimales, système que ce calendrier complétait en l’appliquant autant que possible à la mesure du temps.
CALENTURE (de calentura, chaleur), espèce de fièvre ou de délire auquel sont sujets les navigateurs qui font des voyages de long cours dans les pays chauds, et surtout ceux qui traversent la ligne ou la zone torride. Voici, au rapport des auteurs, les principaux symptômes par lesquels s'annonce cette maladie. L’individu se lève tout à coup privé de sa raison; ses regards et ses gestes expriment la fureur ; il tient des discours incohérents; il court dans tous les points du vaisseau ; la mer, sur laquelle il fixe ses regards, lui semble être une prairie émaillée de fleurs, une terre couverte d'arbres; il devient brûlant; son pouls est précipité; il cherche à s’élancer hors du vaisseau, et les efforts réunis de plusieurs hommes ne suffisent pas toujours pour