CALFAT — CALHOUN
le ciseau. Lorsque toutes les fentes où le calfat peut entrer sont remplies avec soin, on passe sur le tout du goudron appliqué à chaud, dont la fonction n’est pas seulement de défendre le bois et les étoupes contre l’action de l’eau, mais de boucher les petites ouvertures, les gerçures imperceptibkes par lesquelles l’eau pourrait s’introduire dans le bois et le décomposer. La carêne étant bien calfatée peut recevoir le doublage, soit en cuivre, soit en quelque autre matière à laquelle ni les plantes ni les animaux marins ne puissent s'attacher. ee | Après une navigation de long cours, il est rare que le calfatage d'un vaisseau n’ait pas besoin de quelques réparations. Ce travail est plus pénible que le premier, et il exige une habileté que l'expérience peut seule donner. Il faut débarrasser la carêne de tout ce qui est pourri, étoupes et bois, sans ébranler ce qui peut rester en place, appliquer le feu pour dessécher et recalfater sur-le-champ avec autant de soin quela première fois. Si des voies d’eau se sont ou- . vertes jendant la navigation, les calfats parviennent quel- : quefois à les fermer; plus d’un navire a été sauvé, avec son équipage, par l’habileté et la persévérance courageuse du | chef de ces ouvriers, le maître calfat. Celui-ci réunit en effet aux soins du calfatage celui des pompes; c’est lui qui } dans le fort d’un combat a la dangereuse mission d’aller boucher en dehors des vaisseaux les larges crevasses faites } au ras de l’eau par les boulets ennemis. Actuellement, sur nos vaisseaux de guerre, le maître charpentier réunit à sa . charge celle du mattre calfat.
L'opération du calfatage peut être pratiquée ailleurs que » dans les constructions navales. Dans les pays du Nord, aux approches de l'hiver, l'habitant d’une maison de bois a soin de la visiter en dehors et de la calfater soigneusement avec de la mousse au lieu d’étoupes. Dans plusieurs ateliers, des à vaisseaux formés par un assemblage de feuilles métalliques à ont besoin d'être calfatés dans les joints pour qu'ils puissent contenir, soit des vapeurs, soit des gaz plus ou moins à comprimés. Si ces vaisseaux doivent être soumis à une haute L température, la matière obturante ne peut plus être végé- | tale : dans ce cas on met les feuilles de métal en contact D aussi exactement qu’on le peut , et lorsque l'assemblage est ! bien consolidé , Soit par des clous, soit de toute autre ma- ‘ nière, l’oxyde qui se forme dans les joints parvient bientôt à à les fermer exactement, et il y est retenu par son adhé- » rence à la surface du métal qui l’a formé. Ce procédé est : l'équivalent d’un calfatage, mais il vaut mieux à tous égards, } puisqu'il n’exige aucune main-d'œuvre particulière et donne 2 le meilleur résultat que l’on puisse obtenir. Ferry. à CALHOUN (Joux CALDWELL }), l’un des hommes d’État les plus éminents et les plus influents de l'Amérique à du Nord, descendait d’une famille originaire d’Irlande, qui # après avoir subi les destinées les plus diverses finit par fonder Men 1733 dans le district d’Abbeville de la Caroline du Sud Ë un établissement agricole désigné sous le nom de Calhoun'’s D Settlement. Mais les Cherokees, peuplade indienne voisine, Mne tardèrent pas à l’attaquer; et dans cette affaire toute la D famille Calhoun périt misérablement, égorgée par ces sau- “vages, à l'exception du fils aîné, Patrick Calhoun, qui dit des prodiges de valeur. Au rétablissement de la paix, QPatrick Calhoun épousa la nièce d’un prêtre presbytérien. LJohn Caldwell Calhoun, né le 18 mars 1782, était le plus “jeune des fils issus de cette union, et perdit son père quand Wil n'avait encore que treize ans. Jusqu’à l’âge de dix-sept ans “son éducation fut assez négligée; mais à ce moment son Lfrère aîné, remarquant ses rares disposilions, le décida à
commencer de sérieuses études au Yale-College. Plus tard il
Qalla suivre les cours de l’école de droit de Lichtfield; puis, À inivant un usage établi aux États-Unis et en Angleterre, il gentra, pour se former à la pratique des affaires, dans le cabinet d'un habile avocat, appelé De Saussure, et commença Lvers 1807 à plaider pour son propre comple devant les tri- | DICT. DE LA CONVERS. — T. IV,
bunaux de la Caroline du Sud, où il ne tarda pas à acquérir une clientèle considérable et lucrative.
A ce moment des dispositions de la nature la plus hostile se manifestaient déjà dans toute l’Union à l'égard de l’Angleterre. L'attaque de La Chesapeake par un navire de guerre anglais fournit pour la première fois au jeune Calhoun l’occasion de se produire dans une assemblée populaire de son district ; et son début comme orateur politique fut si heureux, qu’à quelque temps de là il était élu par la Caroline du Sud membre de la chambre des représentants de cet État. Deux années ne s'étaient pas encore complétement écoulées, et sa réputation s'était tellement agrandie qu'il était élu en 1810 membre du congrès. Il y fut tout aussitôt attaché au comité des affaires étrangères, et quoique le plus jeune des membres de l’assemblée, il en fut nommé président , lors de la résignation de Porter. Quoique le président Madison se fût déclaré pour la guerre avec l'Angleterre, le parti de la guerre semblait perdre du terrain; c’est alors que Calhoun prononça dans le congrès son premier discours, son maiden-speach, comme on dit de l’autre côté du détroit; et ily obtint un tel triomphe oratoire qu’il fut dès lors considéré comme le chef du parti de la guerre. Déjà il exerçait sur le parti démocratique assez d'influence pour combattre ouvertement le gouvernement au sujet de l’embargo et de l’organisation de la marine. Au rétablissement de la paix, Calhoun se prononça contre la création de banques de circulation, ainsi qu’en faveur de la banque nationale, et prit une part des plus vives à la discussion de la question du tarif, de même que dans toutes les affaires intérieures de l’Union. Le tarif de 1816, si favorable aux intérêts des États du Sud ct surtout à ceux de la Caroline du Sud, fut complétement son ouvrage. Quand la banque nationale des États-Unis eut été instituée, il fit décider que les bénéfices à en provenir seraient employés à des objets d'utilité générale, et fonda de la sorte le système du capital national. Le discours qu'il prononça à la même époque sur le droit de conclure la paix produisit également une sensation extraordinaire. II était à l'apogée de sa réputation : son patriotisme embrassait les intérêts généraux de l’Union, et il ne s’était point encore laissé aller à épouser exclusivement les intérêts égoïstes et illibéraux des Etats du Sud.
En 1817 le président Monroë le nomma ministre de la guerre. Ce département se trouvait dans le plus grand désordre; et il n’y avait guère que Calhoun qui pût se charger avec quelque chance de succès d’y ramener l’ordre et Ja régularité dans les divers services. Il fixa à 287 dollars par année les frais d'entretien d’un soldat, évalués encore sous son prédécesseur à 451 dollars, et épargna ainsi au trésor public 1,300,000 dollars par an, sans qu'aucun détail du service en souffrit.
A l'expiration de la seconde présidence de Monroë, il ayait chance d’être choisi pour lui succéder; mais la Pensylvanie s'étant déclarée en faveur du général Jackson, ses amis dans le parti démocratique se décidèrent à appuyer cette candidature, et Calhoun retira son nom de la liste des candidats. Toutefois, ce fut Adams qu’on élut à la présidence, tandis que Calhoun était nommé vice-président; fonctions qu’il conserva aussi pendant la présidence de Jackson, et dont il s’acquitta avec autant de dignité que de fermeté.
Jusque alors Calhoun n’avait été, sous le rapport du patriotisme et de l’integrité, l’inférieur d’aucun des hommes d’État de son pays. IL était légal de tous en ce qui est du talent et de l’activité. Mais à partir de ce moment son esprit se laissa aller à de mallieureuses erreurs, qui obscurcirent singulièrement l'éclat de son nom. A l’époque où il prit part à l’exercice du pouvoir exécutif, le système du gouvernement en matière de banques et de tarifs avait subi une complète transformation. En 1828 un nouveau tarif médiocrement favorable aux intérêts du Sud avait été adopté. Calhoun se rattachait encore alors au pouvoir, parce qu'il
espérait que le général Jackson userait de son vélo pour repousser une loi odieuse. Déçu dans son attente, il se rendit dans la Caroline du Sud, où il provoqua les fameuses résolutions aux termes desquelles chacun des États de l’Union devait être autorisé à annuler ceux des actes du gouvernement fédéral qui ne lui conviendraient point. Au mois de février 1829 ces résolutions furent adoptées par la législature de la Caroline du Sud, qui reconnut et admit ainsi le déplorable principe de la nullification. La Virginie, la Georgie et l’Alabama se prononcèrent dans le même sens que la Caroline du Sud. La guerre civile et par suite la dissolution de l’Union paraissaient inévitables à ce moment. Cependant le président Jackson publia une énergique proclamation contre la nullification , et fit marcher des troupes vers la Caroline du Sud, en menaçant Calhoun de le faire pendre à un gibet aussi élevé que celui d’Aman.
Dès que Calhoun eut émis son système de nullification, il perdit toutes chances de jamais parvenir à la présidence, et se posa par suite en adversaire de l’Union, en homme uniquement préoccupé de la défense des intérêts des propriétaires d'esclaves. C’est au milieu de ces orages que Calhoun résigna ses fonctions de vice-président; cependant il futencore à peu de temps de là élu membre du sénat. On crut généralement alors que Jackson le ferait arrêter au moment où il se rendrait à Washington, et le traduirait en justice; mais ces prévisions furent trompées. Ce fut un moment plein du plus dramatique intérêt que celui où le grand nullificateur parut au sénat, où naguère encore il comptait tant d'amis et d’admirateurs, et où maintenant on le considérait presque comme coupable de haute trahison. Calhoun prêta d’une voix sourde le serment de fidélité à la constitution de l’Union, et alla prendre son siége avec autant de calme que de dignité. La salle était comble et l'assistance sous le coup de la plus pénible anxiété, quand il se leva et prit la défense des résolutions de nullification, le front haut et la parole assurée. Il s’ensuivit une discussion à laquelle il serait difficile de rien trouver de comparable dans les annales législatives d'aucun pays. Calhoun déploya dans la lutte une éloquence et une habileté qui rappelèrent les plus grands orateurs de l'antiquité. Mais le forcebill et par suite toutes les mesures proposées par le gouvernement l’emportèrent, et les motions présentées par Clay pour un compromis éloignèrent les périls dont était menacée l’Union.
Calhoun dès lors prit une position d'isolement, mais ne laissa pas que d'exercer encore une notable influence. N’appartenant à aucun parti, il votait tantôt avec l'un, tantôt avec l'autre, suivant que le commandaient les intérêts des États du Sud. Cette grave dissidence politique l'avait tellement aigri, qu’il repoussa jusqu'aux avances personnelles de Jackson, de Benton et de quelques autres de ses anciens amis. S'il avait cessé d’être populaire dans les États du Nord, en revanche l'enthousiasme qu'il inspirait aux nullificateurs du Sud était arrivé à son comble. Les actes de l’administration de Jackson l’eurent presque toujours pour adversaire et pour contradicteur ; et dans la nouvelle querelle qui surgit bientôt avec plus de violence que jamais au sujet de la question des banques et du papier de circulation, querelle qui a rendu l'administration de Jackson si célèbre, Calhoun se trouva à la tête de l'opposition. Ce fut sous la présidence de Van Buren qu’il appuya de nouveau pour la première fois le gouvernement, en se déclarant favorable au système des sous-trésoreries, En 1838 il prononça son discours si célèbre sur l'ubolitionisme. I fut également l'un des principaux orateurs qui prirent part à la discussion sur le bill des banqueroutes et sur l’arrangement ayant pour but la vente des terres du domaine public. Pendant cette période il eut pour adversaire ardent et redoutable Benton, le représentant de l'État de Mississipi et le chef de la gauche démocratique. Dans les dernières années de la présidence de Tyler, Calhoun remplit les fonctious de ministre de l'Intérieur, et