CALIBRE — CALICE
une livre de balles jusqu’à cinq cents, quelques auteurs disent même douze cents. Sous Henri IV il y avait, en 1610 , comme le témoigne Sully, quatre espèces de calibres. L'ordonnance du 7 octobre 1732 en reconnaissait cinq espèces. Les règlements de l’armée prussienne sont les premiers qui aient déterminé quel calibre devait être donné aux canons de campagne. Voyez CANON.
Le calibre de canon de carabine se mesure à partir du fond des raies; il admet la balle de fusil et n’a point de vent. Le calibre du canon de fusil se mesure à raison d’un espace qui en est le vent, et qui égale un millimètre cinq | dixièmes. Le calibre du canon de mousqueton ne comporte pas autant de vent que le fusil, afin que, le mousqueton étant souvent porté la bouche basse, il retienne plus solidement sa cartouche. G*! Barnin.
CALICE (en latin calix), vase dont la partie destinée à contenir un liquide est continue avec une portion allongée | ou tige élargie à son extrémité inférieure, qui en est la base , ou le pied. On désigne plus particulièrement sous le nom de calice le vase où se fait la consécration du vin dans le sacrifice de la messe. Dans les temps et dans les lieux où la | communion se faisait sous les deux espèces, le calice con- | tenait également le vin destiné à être distribué aux fidèles | après la consécration. On sait combien il a été versé de sang | pour enlever à certains hérétiques le droit de boire au calice. Et pourtant le Christ en célébrant la cène avait dit à ses apôtres en leur donnant le calice : « Buvez-en tous. »
Les calices, selon l’abbé Fleury, étaient les coupes dont les Romains se servaient communément pour boire. Dans les } premiers temps ils n’étaient sans doute que de verre, quoi- , que souvent aussi ils fussent d'argent ou d’or, même durant | les persécutions. Quand les églises devinrent riches, tous | les arts ont été mis en œuvre pour embellir les calices.
Au mont des Oliviers, Jésus-Christ, dont l’âme était triste 1 jusqu’à la mort, s'étant éloigné de ses disciples, se prosterna le visage contre terre, priant et disant : « Mon Père, s’il est possible, faites que ce calice s’éloigne de moi! » Il comparait ainsi les souffrances qu’il allait endurer au dégoût, à la sen- } sation pénible que fait éprouver un breuvage amer. On retrouve cette figuresdans les expressions calice d’amertume, boire, avaler le calice, Le calice jusqu'à la lie.
CALICE (Histoire naturelle). Une fleur complète, telle que celle de la rose, de la giroflée, de l’œillet, renferme des organes sexuels, qui sont protégés par deux enveloppes, } l’une interne dite corolle, l’autre externe, qui a reçu et à mérite le nom de calice. C’est le calice proprement dit, qu'il : ne faut pas confondre avec l’involucre des fleurs composées ou capitules des synanthérées , qu’on ne regarde plus main- L tenant comme tel, quoiqu’on lui ait imposé autrefois le nom » de calice commun. Dans le cas où le calice et la corolle sont pour ainsi dire confondus, on donne alors à l'enveloppe flo- 4 rale unique le nom de périanthe. Decandolle a proposé de désigner sous celui de périgone l'enveloppe simple ou double de la fleur. Le périgone ou l'enveloppe simple, que les uns regardent comme son calice, d’autres comme une corolle, } est appelé par lui périanthe, et le périgone, ou l'enveloppe | florale double, se compose du calice et de la corolle. On voit par là quelle précaution les botanistes prennent pour distinguer les organes qui leur fournissent des caractères importants.
L Dans l’œillet, la rose, le calice forme une sorte de tube ! continu, d’une seule pièce, d’où le nom de calice monot phylle, ou à une seule feuille. Le calice des renoncules et des giroflées est dit polyphylle, ou à plusieurs folioles ou divisions. Les parties d’un calice monophylle sont : 1° le 1 tube, qui en est la portion inférieure et tubule#e; 2° le | limbe, ou portion supérieure, le plus souvent évasé, et divisé plus ou moins profondément en un nombre variable de | lanières, lobes ou dents, d’où les noms de calice éridenté,
quadridenté, trifide, quadrifide, c’est-à-dire à trois ou
quatre dents , à trois ou quatre lobes, et ceux de calice £riparti et quadriparti, lorsque les divisions descendent presque jusqW’à la base du calice.
Le calice d’une seule pièce, ou monophylle, offre des formes très-variées, qui sont caractéristiques des végétaux. Il est tantôt tubuleux et cylindrique (œillet, primevère), tantôt tubuleux et prismatiqué (pulmonaire). Dans le behen blane, il est dit vésiculeux ou renflé en forme d’ampoule. Tantôt encore il est campanulé ou en cloche ( molucelle) ou plat (oranger ); tantôt, enfin, il est éperonné, c’est-à-dire terminé à sa base par un prolongement creux en forme de cornet, qui porte le nom d’éperon (pied-d’alouette et capucine).
Le nombre des pièces d’un calice polyphylle a donné lieu aux épithètes de diphylle, triphylle, etc. Dans les phylles, ou pièces du calice polyphylle, on distingue un point d’attache, une lame et un bord. D’autres dénominations tirées de la forme des pièces ont dû leur être imposées.
Le calice monophylle ou polyphylle est dit en général ré-
| gulier lorsque les parties sont symétriques autour de l’axe
de la fleur, c’est-à-dire que chaque moitié de cette enveloppe florale est semblable à l’autre : c’est ce qu’on voit dans la campanule, l’œillet, etc. Il est irrégulier lorsqu'il y a des différences dans la forme, la grandeur, dans les divers points de l'étendue des parties qui entrent dans sa composition : tel est le calice de l’aconit, du pied-d’alouette. Considéré dans ses rapports avec l'ovaire, le calice présente des différences très-importantes : il est dit supère ou aûhérent lorsqu'il est situé au sommet de l'ovaire ( ombellifère) ; infère ou libre, lorsqu'il est placé au-dessous (pavot) ; semi-infère, quand il adhère en partie avec l'ovaire (plusieurs saxifragées). Un grand nombre de nuances peuvent être observées entre le calice adhérent ou supère et le calice semi-adhérent ou semi-infère, et entre celui-ci et le calice libre ou infère. Le calice est caliculé lorsqu'il offre à sa base plusieurs petites écailles (œillets). On donne encore le nom de calicule à un second calice, situé en dehors du calice proprement dit dans certains végétaux. Le calicule est triphylle , pentaphylle ou polyphylle dans la mauve, la guimauve et la passerose.
Le calice présente les formes les plus variées, depuis celle de paillettes ou d’aigrettes simples ou plumeuses ( fleurs composées ) jusqu’à celle d’expansions foliacées, presque entièrement semblables aux feuilles supérieures de la tige, comme dans la pivoine. L'ouverture du calice, qui permet à la fleur de s’épanouir, n’est pas toujours à son extrémité terminale. Quelquefois il s’ouvre par son milieu, et son extrémité libre s’en sépare comme le couvercle d’une savonneite (les eucalyplus). Le calice est regardé comme un épanouissement de l'écorce du pédoncule ( rosiers, pivoines). Il est ordinairement de couleur verte; celui de la grenade est d’un très-beau rouge; il est bleu dans la nigelle, et jaune dans la capucine. Sa structure est semblable à celle des feuilles, dont il revêt quelquefois les formes. Il présente en effet souvent des côtes ou nervures, des vaisseaux en spirale, un parenchyme cellulaire abondant, un épiderme et des pores corticaux. De même que les feuilles, les calices secrètent et exhalent certains fluides. Enfin, ce qui complète cette ressemblance de leur structure, c'est que dans quelques rosiers les calices se transforment en véritables feuilles ; c’est qu’enfin dans les fleurs doubles ils ne se transforment jamais en pétales , et que leurs divisions deviennent tout au plus des folioles , ressemblant beaucoup aux feuilles, Le calice ne se distingue point en général par l'éclat des couleurs ni par l'élégance des formes. Destiné à défendre les jeunes fleurs contre les ardeurs du soleil et les pluies abondantes, il fait l'office de tégument, d’abri ou corps protecteur. En effet, si lors de leur développement on prive ces fleurs de leur calice, elles s’altèrent et périssent bientôt. Cette action protectrice du calice n’est que temporaire dans les calices polyphylles, dont les pièces tombent presque tou-
Jours après l'épanouissement de la fleur (chélidoine, chou, pavot, etc. ); elle est durable dans le calice plus ou moins adhérent à l'ovaire, qui est nécessairement monophylle et persistant, c’est-à-dire qu’il ne tombe pas quand Ja fleur s’'épanouit, et qu’il se développe avec l'ovaire. Beaucoup de plantes ont des calices qui sans adhérer à l'ovaire sont persistants ; quelques-unes même en ont (alkekenge, etc.) qui acquièrent un développement considérable, et forment autour du fruit une enveloppe accessoire, que M. Mirbel a nommée induvie.
La langue des mammifères présente des papilles de diverses formes, et parmi elles il en est qu'on a dénommées papilles à calice, ou caliciformes, ou calicinales : ce ne sont à la rigueur autre chose que des éminences de la membrane gustative, formées par des amas de cryptes. Plusieurs auteurs les ont nommées glandes à calice. L. LAURENT.
CALICOT, sorte de toile de coton dont la fabrication en France ne remonte guère qu’au commencement de ce siècle. C’est un tissu lisse, plus serré que les mousselines et jaconas, et fabriqué avec des cotons de numéros plus bas. Sa largeur varie depuis 0,60 jusqu'à 3 mètres et même 3,60. Sa finesse varie depuis les numéros 12 en chaîne et 15 en trame jusqu’à 60 ou 70 en chaîne et 80 on 100 en trame; ces derniers degrés de finesse, et même quelques-uns de ceux qui les précèdent, sont plus connus sous la dénomination de percales. Le calicot se fabrique dans presque toutes les parties de la France ; les calicots les plus communs sont produits principalement par la Normandie, la Mayenne et Chollet ; les qualités moyennes se fabriquent en Alsace; les fabriques d’Essone et un ou deux établissements d’Abbeville sont consacrés au tissage des qualités supérieures, dites madapolams.
Il est à peu près impossible de déterminer le chiffre de la production actuelle du calicot en France. Cependant on peut affirmer qu’elle s’élève annuellement à plus de trois millions de pièces ( plus de cent quarante millions de mètres ), ce qui représente un emploi de près de dix-huit millions de kilogrammes de coton filé, une valeur intrinsèque d’environ 100 millions de francs, et occupe, au tissage seulement , près de 100,000 ouvriers.
Après la Restauration, le sobriquet de calicots fut donné aux jeunes gens du commerce, et rotamment aux commis ennouveautés, qui sans être jamais allés au feu s’imaginaient qu'ils étaient de vieux soldats bronzés à la fumée de la poudre; en foi de quoi ils arboraient de formidables moustaches et d'énormes éperons, insignes guerriers peu en rapport avec leurs goûts et leurs occupations. S'il y avait chez eux affectation, ridicule même, ils en furent bien punis par les satcasmes de bon goût de quelques-uns, qui ne prétendaient pas pour cela sans doute avoir reçu de leur uniforme le privilége exclusif du courage, et par les poursuites plus vives, plus grossières de quelques autres, qui étaient intéressés à ce que rien ne vint offenser les yeux et troubler la sécurité de nos bons amis les ennemis, jouissant en paix, au milieu de nous, des fruits de la victoire que la trahison leur avait rendue si facile. Partouton vit pleuvoir sur nos jeunes confédérés des caricatures, où on les représentait avec leurs insignes guerriers, armés d’une aune inoffensive en guise d'épée; partout on traduisit d’une manière plus ou moins grotesque Les hauts faits que l'on prêtait à ces héros d’une nouvelle Zliade comique; et la plus piquante de ces traductions sans contredit fut une parodie du tableau de David, Le Serment des Horaces, dans laquelle on voyait leurs modernes imitateurs prêter serment entre les mains d’une héroïne digne d’une pareille épopée, de M°le Percale, On lisait au bas de cette caricature le quatrain suivant :
Ces fiers enfants de Bcllone, Dont les moustaches vous font peur,
Ont un comptoir pour champ d'honneur EL pour arme une demi-aune,