BUCCAL — BUCER
Enfin le nerf buccal ou buccinaleur (nerf bucco-labial de Chaussier) est celui qui est fourni par le maxillaire inférieur et qui distribue ses rameaux aux muscles buccinateur, temporal , canin , à la peau, etc. ÿ
BUCCELLAIRE (en latin buccellarius, fait de bucca, bouche). C'était la qualification qu’on donnait à Rome au client, au parasite. 11 s’est dit aussi de certains satellites que les personnages les plus puissants de l'empire nourrissaient et tenaient à leurs gages dans les provinces. Ce fut l'empereur Léon qui leur enjoignit de les congédier. Des Romains l'usage des buccellaires passa aux Visigoths , qui donnaient ce nom à tous les clients ou vassaux nourris de cette manière. Quelques auteurs font des buccellaires une espèce de garde de l’empereur, qui l’entourait à l’armée, et dont il se servait pour faire mourir secrètement ceux qui tombaient dans sa disgrâce. Il est à croire cependant que dans cette dernière acception les buccellaires ont dû être tout simplement des officiers de bouche, et qu’à ce titre ils ont fait préparer des repas aussi bons que ceux dont les parasites leurs prédécesseurs avaient mangé leur part. Les empereurs de Rome ne sont pas, du reste, les seuls qui aient eu de ces fonctionnaires à leur suite : on trouve au milieu du cinquième siècle un buccellaire du fameux Aëtius, cité par Grégoire de Tours.
BUCCIN (de buccinum, trompette), genre de mollusques gastéropodes à coquille univalve, tournée en spirale (d'où lui est venu son nom). Les buccins sont répandus dans toutes les mers; mais dans les pays chauds les espèces sont plus nombreuses et parées de couleurs plus vives qu’au Nord,
BUCCINATEUR (dérivé de buccina), s’est dit autrefois de celui qui sonnait de la buccine ou dela trompette.
Aujourd’hui ce mot ne s’emploie qu’en anatomie, pour désigner une espèce de muscle (muscle alvéo-labial de Chaussier) qui occupe l'épaisseur de la bouche.
Le nerf buccal est appelé aussi nerf buccinateur.
BUCCINE. C'était chezles anciens une espèce de trompetite ou d'instrument de musique guerrière. Festus définit la buccine une corne recourbée, dont on joue comme d’une trompette. Végèce témoigne aussi que cet instrument se recourbait en cercle, par quoi il différait de la trompette.
Les buccines sont aussi une espèce de coquillages.
BUCCLEUCH (ducs pe). Cette famille, l’une des plus anciennes de l'Écosse, remonte au treizième siècle. Élevée à la pairie en 1606, elle reçut le titre de comte en 1619 et celui de duc en 1673 dans la personne du fameux duc de Monriouth, qui avait épousé l'unique héritière des Buccleuch. En 1720 le mariage de leur petit-fils Francis amena dans celle maison une partie des grands domaines de Queensberry en même temps que leur litre ducal. Æenri, né en 1746, mort en 1812, eut pour précepteur et ami le célèbre économiste Adam Smith; il se dévoua à l’amélioration du sort des paysans, ouvrit des routes, défricha des landes, fonda des écoles, perfectionna les méthodes agricoles, etc,
Le duc actuel, Waller-Francis, né en 1806, a hérité de son grand-père l'amour du progrès et de la bienfaisance, Il à remporté deux prix au concours de 1856 à Paris pour ses beaux échantillons d'espèce bovine, Le nombre des églises et des écoles qu'il a fondées est considérable, C’est à son initiative privée qu’on doit le port de Granton, à deux Milles d'Édimbourg, et dont les travaux, entrepris à ses frais, ont coûté plus de 8 millions de francs. Le duc de Buccleuch vote à la Chambre haute avec les conservateurs libéraux; en 1846 il présida pendant six mois le ministère de Robert Peel,
; BUCENTAURE, navire d’une construction particulière, sur lequel le doge montait à Venise Je jour de lAscension , Quand se célébrait son mariage avec la mer Adriatique. C'était un galion, long comme une galère, mais beaucoup plus élevé, sans mâts ni voile, de la grandeur
à peu près d’une de nos frégates modernes. Sur le pont, tout le long du bâtiment, se dressait une galerie double, en menuiserie sculptée, dorée en dedans, et soutenue, de disfance en distance, à l'extérieur, par un grand nombre de cariatides. Au milieu de l'enceinte, un parquet de bois poli, de diverses couleurs, disposé en mosaique, s'élevait de soixante-cinq centimètres environ, et formaîit une espèce d’estrade demi-circulaire, garnie de bancs, sur lesquels s’asseyaient les sénateurs invités à la cérémonie. Le doge trônait à la poupe, entouré de la seigneurie de Venise, ayant à sa droite le légat du pape, à sa gauche l'ambassadeur de France. De là il jetait un anneau d’or dans la mer Adriatique, pendant qu’un prêtre bénissait leur union, F. Cooper, dans Ze Bravo, a laissé une curieuse description de cette fête. Les débris du Bucentaure se trouvent encore à l'arsenal.
BUCÉPHALE, cheval d'Alexandre le Grand qui a participé à la gloire de son illustre maître. On a prétendu que son nom, qui signifie en grec tête de bœuf (Bous, bœuf, xepahn, tête), lui venait soit de ce qu’ilavait la tête semblable à celle d’un bœuf, soit de ce qu’il était le produit d’un taureau et d’une jument. Cette double explication s’accorde mal avec la beauté si vantée de ce noble animal. L'opinion qui dérive ce nom d’une petite tète de bœuf empreinte sur quelque partie de son corps est beaucoup plus vraisemblable. Quoi qu'il en soit, ce fut un Thessalien, appelé Philonicus, renommé pour les coursiers qu’il élevait dans les plaines de Pharsale, qui l’amena à Philippe, auquel il offrit de le vendre pour 13 talents (70,000 francs environ). C'était un peu cher. On trouve de nos jours peu de chevaux de ce prix. N’importe; ce qu’il y a de certain, c’est que tous les seigneurs macédoniens qui voulurent l’essayer le jugèrent indomptable; et déjà le roi donnait ordre de le ramener, quand Alexandre , à peine âgé de quinze ans, en témoigna, à plusieurs reprises, sa mauvaise humeur, si bien que son père lui permit de le monter, à son tour, à la condition néanmoins que s’il n’en venait pas à bout, i! payerait un dédit considérable. Le jeune prince avait cru remarquer que le cheval, tournant le dos au soleil, s’effrayait de son ombre; il lui fit donc faire volte-face du côté de l’astre, puis, l'ayant insensiblement préparé avec beaucoup d'adresse, il s’élança d’un bond sur l'animal, et lui fit fournir sa carrière en cavalier consommé.
Si l’on en croit Quinte-Curce, Aulu-Gelle, Pline, Strabon, Bucéphale, sans housse ni selle, se laissait monter trèsfacilement par l’écuyer qui en prenait soin; mais, revêtu de son harnais , il ne voulait d'autre cavalier qu’Alexanäre, et courbait les genoux pour le recevoir dès qu'il le voyait venir. Plus d’une fois le roi de Macédoine dut la vie à la vigueur et à la rapidité de son cheval. Il le monta dans toutes ses grandes batailles, et l’eut avec lui jusqu’au delà de l’Indus après la défaite de Porus. Dans le combat qu’Alexandre livra à ce prince sur les bords de l’'Hydaspe, engagé au milieu des rangs épais de la cavalerie indienne, il allait succomber, si Bucéphale , blessé à mort, n’eût redoublé de vitesse pour le sauver en le ramenant dans les lignes macédoniennes, où il expira. Le roi lui fit faire de magnifiques funérailles, et fonda sur son tombeau la ville de Bucephalos, que quelques savants ont prétendu être Lahore. Ce noble coursier avait alors seize ans environ, Les traditions merveilleuses d'Alexandre, celles surtout du Pseudo-Callisthène et d’autres écrivains orientaux, ont largement brodé sur ces faits. On a même prétendu que Bucéphale était anthropophage, sans doute parce qu'il avait l'habitude de mordre ceux qu’il n’aimait pas. A quoi tient une mauvaise réputation !
BUCER (Manrin), naquit à Schelestadt, en 1494, huit ans après Luther, dont il était destiné à devenir le disciple, ainsi que de Mélanchthon, non sans éprouver un vif désir de donner en même temps son adhésion aux doctrines de Zwingle. Son nom de famille était Xuhorn, en allemand