‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 17 sur 556 · BUCER — BUCH · texte numérisé non relu

BUCER — BUCH

Corne-de-vache, et suivant la coutume des érudits de son époque’, il le grécisa en celui de Bucer, dont la signification est la même. Entré dès 1506 dans l’ordre des Dominicains, il ne tarda pas à s'y faire remarquer par lénergie de ses prédications ; mais les opinions qu’il osa manifester sur les questions théologiques agitées de son temps soulevèrent contre lui des haines si violentes, qu’il fut obligé de chercher un asile dans le château de son ami François de Sickingen. Réfugié plus tard à Strasbourg, où les opinions des réformateurs éfaient publiquement prêchées, il y professa vingt ans la théologie protestante, aux applaudissements de cette cité impériale.

Député, en 1530 , à la diète d’Augsbourg , il y présenta, au nom des villes de Strasbourg, Memmingen, Constance et Lindaw , une confession connue dans l’histoire sous le tire de Confession Tétrapoliiaine. Elle ne fut pas jugée assez explicite, Bucer l'ayant rédigée sous l'influence de l'idée qu'il n’était pas impossible de s'entendre, Ce fut en effet l’illusion de toute sa vie. Partout où quelque essai de conciliation fut tenté, on vit toujours Bucer accourir des premiers; mais sans jamais sacrifier ses convictions à l’auour de la paix. Dans l'assemblée de S malk al de, il se rallie à la résolution prise de rejeter l'autorité du concile convoqué à Mantoue par Paul II , et de retour à Strasbourg, refuse, au péril de sa liberté, de reconnaître l’interim par lequel Charles-Quint rétablissait la religion à peu près sur l’ancien pied, en attendant la décision d’un futur concile.

Ne pouvant dès lors prolonger sa résidence dans cette ville, il se rend en Angleterre, où l’appelle depuis longtemps le célèbre Thomas Cranmer, archevêque de Cantorbéry , y enseigne pendant deux ans la théologie à Cambridge, et y meurt, de la pierre, le {7 février 1554, à soixante ans. Il fut brûlé, après sa mort, par ordre de Marie : son dernier repos fut violé ; on l’arracha de sa tombe, et l’on jeta son corps aux flammes. Élisabeth rétablit sa mémoire.

On doit à Bucer un grand nombre d’ouvrages, entre lesquels on estime particulièrement ses Commentaires sur les Psaumes et sur les Évangiles. Le premier de ces livres , signé Aretinus Felinus, avait même été accueilli avec une grande faveur par les catholiques d'Italie, qui s’empressèrent de le trouver détestable dès qu'ils eurent appris qu’un hérésiarque se cachait sous ce pseudonyme.

BUCH (Léororn DE), célèbre géologue contemporain , naquit le 25 avril 1774, à Stolpe, dans l’Uckermark, et après une éducation solide reçue dans le manoir appartenant depuis plusieurs siècles à sa famille, alla en 1791 étudier la minéralogie à Freiberg, sousla direction du célèbre Werner, dont il fut le disciple favori et le commensal. En 1797 il entreprit un voyage scientifique, dont il consigna les résultats dans deux ouvrages ( Versuch einer mineralogischen Beschreibung von Landeck et Versuch einer geognostischen Beschreibung von Schlesien [ Essai de description minéralogique de Landeck et Essai de description géognostique de la Silésie |), dans lesquels il se montrait encore fidèle à la théorie neptunienne de son illustre maître. Une tournée qu’il entreprit ensuite dans les Alpes et en Italie ébranla sa foi dans le système de son école. En février 1799, il vit pour la première fois le Vésuve; puis une seconde fois, en compagnie de Humboldt et de Gay-Lussae, en 1805, le 12 août, au moment de l’éruption de ce volcan. Dès 1802 il avait parcouru le midi de la France et examiné les volcans éteints de l'Auvergne : son exploration de cette contrée fut opiniâtre et profonde ; il y appliqua toutes les forces de son esprit, et, le contraignant, il en fit sortir les germes de toutes les grandes idées au développement desquelles sa vie tout entière devait être consacrée. L’aspect du Puy de Dôme, de ses couches de trachyte et de ses assises de laves basaltiques, lui fit peu à peu et définitivement abandonner la doctrine de son maitre. La relation de ce voyage est remplie des traces de son hésitation. A la vue des basaltes, H s'écrie

DICT. DE LA CONYERS, — T. 1y.

« Comment croire à leur origine ignée', quand on se rappelle les roches qui les accompagnent en Allemagne; et cependant ici peut-on en douter! » Son second voyage au Vésuve, en 1805, mit fin à toutes ses incertitudes. De ensemble des observations faites avec ses savants compagnons est résultée une exposition admirablement lucide de tous les effets qui se rattachent à une éruption volcanique. Les faits dont ces excursions enrichirent la science se trouvent consignés dans ses Geognostlische Beobachtungen auf Reisen durch Deutschlandund Italien (Berlin, 1802-1809). En 1806, il fut élu à l’Académie des Sciences de Berlin. L'infatigable et savant voyageur consacra ensuite deux années à étudier le sol de la Suède et celui de la Norvège.

: (Ce n’est pas sans dessein que nous employons tte épithiète

d’infatigable; et on jugera combien il la méritait, quand on saura qu'il voyagea toujours à pied. C’est ainsi, son fidèle parapluie à la main, qu’on l’a vu parcourir les Apennins d’une de leurs extrémités à l’autre , passer des cratères du Vésuve aux monts de l'Écosse, de l’Etna aux neiges polaires). Son énergie s'accrut dans cette longue tournée en proportion des difficultés qu'il avait à vaincre. IL s’avança tantôt par terre et tantôt par mer, explorä en détail les innombrables jjords qui servent de ceinture aux côtes si accidentées de la péninsule scandinave, parvint jusqu'aux rochers arides et neigeux du cap Nord, et établit un centre d'observations dans l'ile déserte de Mageroë. Ce voyage lui suggéra une idée lumineuse pour la solution d’un problème qui préoccupait depuis longtemps tous les savants : l'abaissement successif du niveau de la mer dans ces régions hyperboréennes, abaissement constaté dela manière la plus irréfragable par une série d’observations faites depuis moins d’un demi-siècle et avec le plus grand soin. Telle ville maritime alors était devenue continentale : tel petit bras de mer était devenu une grande route. Léopold de Buch, avec la sagacité du génie, trouva l'explication naturelle de ce phénomène dans le soulèvement successif de la Suède depuis Frédérickshall jusqu’à Abo. Les observations recueillies dans cette longue et patiente exploration ont été consignées par lui dans son Voyage en Norvége et en Laponie (2 vol., 1810). Cette grande pensée du soulèvement d’une partie de nos continents est la découverte qui a le plus contribué à fortifier la théorie nouvelle des volcans , celle de l’origine des montagnes, et qui nous a donné l'aperçu le plus général sur l'effort continuel, sur la réaction incessante de l’intérieur du globe contre son enveloppe.

En 1815 de Buch alla visiter les Canaries, ces îles volcaniques , que le Pic de Ténériffe signale de loin à l’attention des géologues. L'ouvrage dont elles lui fournirent le sujet se divise en deux parties. Dans la première, on trouve l'étude des roches, celle des hauteurs des pics, des variations de température, ete. Dans la seconde, il expose sa théorie complète des volcans, dans lesquels il voit une communication constanteentre l'atmosphère et l’intéreur du globe. I distingue entre l'effort qui soulève et l'effort qui rompt. Le premier lui donne ce qu'il appelle le cratère de soulèvement, et le second ce qu’il nomme le cratère d'éruption. I montre la corélation existant entre tous les volcans des îles Canaries. De ceux-ci il passe aux volcans du monde entier, qu’il range en deux classes; les volcans centraux et les chaines volcaniques. Les premiers forment le centre d’un grand nombre d’éruptions qui se font autour d'eux ; les seconds sont disposés en ligne ,les uns à la suite des autres, etil les compare à une grande fente ou rupture du globe, ajoutant que probablement ils ne sont même pas autre chose. Enfin, de ces points de rochers soulevés par le feu central il porte ses regards sur les innombrables îles disséminées dans le grand Océan, qu’il réunit sous le nom générique d'îles de soulèvement, détruisant ainsi lopinion qui longtemps les avait regardées comme les débris épars d’un continent perdu.

LS

Notre savant voyageur ne quitta les Canaries que pour se rendre aax îles Hébrides, et cela uniquement afin de s’édifier lui-même au sujet d’un doute qui s'était présenté à son esprit sur la formation des basaltes. Ses pérégrinations géologiques se continuèrent ainsi presque sans interruption jusqu’à l’âge de soixante-dix-huit ans. Il mourut à Magde-

bourg, le 4 mars 1653. Huit mois avant sa mort, il avait |

encore été visiter de nouveau l'Auvergne, Demeuré céliba-

faire, il ne vivait que pour sa science favorite. Nous ne |

pouvons mentionner ici toutes les précieuses monographies dont il l’a enrichie. Nous nous bornerons à rappeler sa belle dissertation sur Le Jura en Allemagne (1829); son Essai pour servir à l'explication de la formation des montagnes en Russie (1840) et ses Considérations sur le développement et les limites des formations de craie ( 1849). On a aussi de lui des mémoires sur les Ammoniles, sur les Térébratules, sur les Liptèmes, sur les Cystidées, sur les Céralites, etc., car la paléontologie lui est redevable de quelques-uns de ses plus notables progrès. Sa bibliothèque et ses collections furent achetées 35,000 thalers {136,250 fr.) par le gouvernement prussien.

BUCHAN (Éusaseru), sectaire écossaise, né en 1738, morte en 1791, épousa, à l’âge de vingt-et-un ans, un ou- Trier de Glasgow, appartenant à la secte des seceders, dont elle adopta les opinions. En 1779 elle devint le chef d’une secte, désignée d’après elle sous le nom de buchanistes , et qui compta en peu de temps un grand nombre d’adhérents. Contrainte en 1790 par une éméute populaire W’abandonner la petite ville d’Iryine, où elle s’était établie, elle alla se fixer près de Tornhill avec ses croyants. Leurs doctrines se rapprochaient beaucoup de celles des Hernhutes ils faisaient profession du célibat, et vivaient en commun ; regardant la fin du monde comme prochaine, ils jugeaient inutile de travailler, et se bornaient à se rendre par la prière aussi agréables que possible à Jésus-Christ, qui devait régner sur eux pendant mille ans.

BUCHANAN (Geonces}), poëte et historien, né en 1506, à Killearn, dans le comté de Stirling (Écosse), appartenait à une famille pauvre. Son oncle l’éenvoya bien faire ses études à Paris, mais il ne put que pendant deux années lui servir la pension qui Jui était nécessaire pour y vivre. 1l est donc probable que ce fut Ja misère qui le contraignit, à l’âge de dix-huit ans, de s’enrôler comme soldat dans les troupes auxiliaires recrutées en France et conduites en Écosse par le duc d'Albany, fils naturel de Jacques V. Mais il ne tarda point à renoncer à la carrière des armes. En 1524 il se rendit à l’université de Saint-André, et plus tard il accompagna son professeur, John Major, à Paris, où il prit goût pour les doctrines de la réformation, et où il finit par obtenir une place de professeur de grammaire au collége de Sainte-Barbe. Après avoir encore renoncé à cet emploi, il revint en Écosse, en 1534, à la suite du comte Cassils, dont il avait été pendant quelque temps le précepteur. Jacques V le choisit alors pour être le précepteur de son fils naturel, Jacques Stuart, qui fut plus tard le régent Murray, Un poëme satirique qu’il composa contre les franciscains, Somniwm (1599), lui attira la haine du clergé; et c'en fut fait de sa réputation, quand, à la demande du roi lui-même, il en eut composé un autre encore plus violent, son fameux Franciscanus, dont il existe une traduction fançaise (Sedan, 1599), et qui est connu sous le titre de le Cordelier de Buchanan. Abandonné par le roi aux haines et aux vengeances sacerdotales, il fut jeté en prison ; mais il réussit à s'évader et à se réfugier en France. De Paris, Où il vint d’abord, il se rendit plus tard à Bordeaux, où, protégé par le recteur de l’école latine de cette ville, un savant Portugais, appelé Govea, il résida pendant quelques années. C'est à celte époque qu'il Composa en vers latins quelques tragédies, entre autres un Saint-Jean. Baptiste et un Jephlé, et qu'il traduisit la Médée et V'AL-

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