CALLISTRATE
De l'’aveu de Démosthène même, il ne put jamais égaler la puissance et l'entraînement du débit de son maître. Malheureusement, ces grands talents, l’orgueil d’Athènes, en étaient trop souvent le fléau : la plupart de ces orateurs se transformaient en accusateurs publics, et s'acharnaient sans pudeur contre la mauvaise fortune et la vertu. Ce Callistrate en est une triste preuve. Il déploya un talent immense contre Chabrias, un des généraux athéniens les plus intègres, l’accusant de trahison et lui reprochant d’avoir laissé surprendre Orope par les exilés et les Thébains. Il ne réussit pas, car les Athéniens n’avaient pas oublié que leur général avait pris 17 villes, 70 vaisseaux, fait 3,000 prisonniers, et fait entrer 110 talents dans le trésor. Cet orateur échoua aussi contre le laconisme d'Épaminondas, dans une assemblée générale des Arcadiens, où il futenvoyé comme député d’Athènes. Cette ville voulait engager les peuples d’Arcadie à se liguer avec l’Attique.
Bien plus, ces ambitieux orateurs s’accouplaient, pour ainsi dire, afin de mieux perdre ceux qu'ils accusaient. Callistrate s’unit à Iphicrate pour faire condamner Timothée, dont la lenteur à voler au secours de Corcyre leur paraissait, disaient-ils, suspecte. Le commandement fut dté à Timothée, et passa aux mains de ce même Iphicrate, son accusateur : maïs celui-ci, dans son expédition, eut soin d'emmener avec lui Callistrate, de peur qu’en son absence il ne fit pleuvoir sur sa tête les traits redoutables de son éioquence démagogique. L’exil termina cette fureur accusatrice de Callistrate : banni d’Athènes l’an 363 avant J.-C., il dut se retirer en Macédoine. Depuis il eut l’imprudence de revenir à Athènes, sans avoir obtenu son rappel : le peuple athénien, le peuple de la terre alors le plus jaloux de ses droits, le mit à mort. DENNE-BARoN.
CALLISTRATE, célèbre grammairien d’Alexandrie, disciple d’Aristophane de Byzance, vers le milieu du second siècle avant J.-C., s’occupa principalement de commentaires sur Homère, Pindare, les tragiques, etc.; mais nous ne connaissons ses observations critiques que par quelques fragments.
CALLITRIC ou CALLITRICHE (de xaXM0p£, qui a une belle chevelure). Des fleurs hermaphrodites ou monoïques ayant deux bractées pétaloïdes à leur base, une étamine à anthère réniforme uniloculaire s’ouvrant par une suture transversale, un ovaire surmonté de deux styles, une capsule indéhiscente à quatre loges monospermes : tels sont les caractères distinctifs du genre callitric, que Decandolle range dans la famille des haloragées, et qu’Endiicher prend pour type de celle des callitrichinées.
Les callitrics croissent dans les eaux douces stagnantes ou dans celles qui ont peu de mouvement. Ils sont répandus dans toute l’Europe et dans l'Amérique boréale. Dans les environs de Paris, on rencontre les callitriche sessilis et pedunculata, connus vulgairement sous le nom d’éfoiles d’eau. Ces plantes annuelles donnent pendant tout l’été des fleurs d’un blanc sale.
CALLITRICHE (Zoologie). Ce nom, qui signifie beau poil, a été donné à plusieurs espèces de sagouins.
CALLOSITÉ (du latin callositas , dérivé de callum ou callus, signifiant durillon, caluæ, peau endurcie par un exercice réitéré), En anatomie et en histoire naturelle on désigne sous ce nomdes parties dont les unes sont des endurcissements de l’épiderme; les autres, ressemblant à ces premières à l'extérieur, en diffèrent par des caractères profonds ; d’autres encore, n’ayant que des rapports éloigrés, soit avec les premières, soit avec les secondes , en ont toujours été différenciées, quoique portant la méme appellation.
Chez l'homme on observe que l’épiderme de la plante des piedset surtout du talon est très-épais et très-dur : cette circonstance naturelle de l'organisation de son pied est favorable à Ja station et à la progression verticale sur le sol. Cet épaississement épidermique résulte du frottement, de