CALLOSITÉ
la pression produite par le poids de tout le corps. Lorsqu'il n'estnitrop dur ni trop sec, il forme une couche qui protège efficacement les parties vivantes qu’elle enveloppe, contre les aspérités du sol. Lorsqu’au contraire il a acquis Ja consistance , la dureté, la sécheresse de la corne, il devient lui-même une sorte de corps étranger, qui s’enfonçant dans les parties vivantes les presse douloureusement. Cet épiderme épaissi constitue les callosités naturelles de la plante du pied de l’espèce humaine, quise présentent sous forme de Plaques : 1° au dessous et autour du talon, 2° à la partie antérieure de la plante qui appuie sur le sol et correspond à l'origine desorteils, et 3° quelquefois à la pulpe des orteils eux-mêmes, principalement à la base du plus grand. En observant attentivement ces callosités naturelles du pied de l’homme, on arrive à ce résultat général qu'il était facile de prévoir : que plus les frottements, les pressions de pieds nus ou garnis de chaussure ont été nombreux et répétés, par suite des exercices excessivement variés qui les produisent, etplus ces -callosités sont prononcées dans les parties les plus saillantes de la plante du pied qui appuient sur le sol, et vice versa; c’est-à-dire que ces callosités sont d’autant moins apparentes que les individus sur lesquels on les observe ont moins marché, soit parce qu’ils sont plus jeunes, soit parce qu'ils se font transporter dans des voitures ou tout autre moyen de gestation. 11 n’estpasinutile de faire remarquer quelesautres parties du pied de l’homme exposées au frottement des chaussures peuvent aussi présenter des callosités accidentelles, tantôt sous forme de plaques , tantôtsouscelle de noyaux qui saillent en dehors ou s’enfoncent dans les chairs, et causent des douleurs très-vives, qui forcent de recourir à l’habileté des médecins pédicures. Ces callositésaccidentelles sont plus connues sous le nom de cors et de durillons.
En poursuivant ces observations sur les autres parties qui dans le membre inférieur peuvent devenir le siége de callosités accidentelles, on constate que chez les personnes qui, mues par des sentiments religieux, ou forcées par leurs professions, passent une grande partie de la journée à genoux, l’épiderme de cette région du corps s’épaissit considérablement immédiatemeut au-dessous de la rotule et devient calleux. Il pourrait le devenir dans la partie de la peau de la cuisse qui correspond au grand trochanter (éminence osseuse du fémur), sur laquelle porte une partie du poids du corps, lorsqu’on est couché sur un côté. Maïs une bourse muqueuse ou synoviale sous-cutanée, qui favorise les glissements de la peau sur cette éminence, semble s’y opposer. Chacun sait que chez les hommes de peine, chez des ouvriers pratiquant desarts et desmétiers dans lesquels les mains exercent et subissent des pressions et des froltements réitérés, ces parties, soit à la paume ou au dos, soit à la face palrnaire ou dorsale des doigts, offrent également des callosités presque aussi fortes que celles des pieds. Les plaques calleuses se forment aussi très-rapidement sur l’extrémité des doigts, chez toutes les personnes qui font dela musique avec des instruments à corde. Les autresrégions des membres supérieurs dont l’épiderme peut devenir calleux sous l'influence des frottements et des pressions, sont le coude, chez les personnes qui resteraient longtemps accoudées, et la région acromiale de l'épaule chez les porte-faix ; mais une particularité d’organisation qui consiste dans le développement d’une bourse synoviale accidentelle dans le point correspondant aux pressions, semble suppléer indirectement à une callosité scapulaire.
Lorsque loutes les callosités accidentelles que nous venons d’énumérer se forment très-rapidement et par suite d'exercices ou de travaux trop fréquents, elles peuvent être accompagnées d'ampoules ou phlyctènes et même d’inflam mation. Lorsque devenues un obstacle à la sensibilité tactile, ou causes de pressions douloureuses, elles forcent à recourir aux secours de la médecine, on y remédie par les bains tièdes locaux d’eau simple où mucilagineuse (eau de