CALLOSITÉ — CALLOT
son, eau de guimauve). Après qu’elles sont ramollies, assouplies par l’eau, on les enlève avec facilité, on les ratisse, on les coupe avec des instruments tranchants, ou bien on les use avec la pierre ponce.
A toutes ces callosités accidentelles, qui se développent sur les personnes bien conformées, il faut joindre celles qu’on remarque dans les diverses régions du corps chez les individus atteints de difformités naturelles ou acquises, qui, tels que les culs-de-jatte, ete., sont forcés de se traîner sur le sol.
Ainsi que l’homme, les animaux qui se meuvent sur le sol, de quelque manière que ce soit, offrent des endurcissements ‘calleux de la peau sur les parties qui supportent les effets de la pression. Chez les singes proprement dits, ou de l’ancien continent, la plante des pieds est moins calleuse que chez l’homme, mais les fesses offrent des callosités qui servent à les différencier des autres singes du nouveau continent. Les z0ologistes, tout en constatant les parties plus ou moins calleuses de l’épiderme des pieds et des mains chez les singes, ne les considèrent point comme ces callosités distinctes qu’on observe dans un grand nombre de carnassiers et chez les rongeurs. Dans les animaux de ces deux ordres de la classe des mammifères, ces callosités sont de trois sortes : la plus postérieure, ordinairement la plus petite, est souvent divisée en deux parties, l’une polliciale ou pour le pouce, l’autre carpienne ou tarsienne, ou pour le carpe ou le £arse; la moyenne ou callosité palmaire ou plantaire, quelquefois subdivisée en trois ou quatre lobes ; enfin, les plus antérieures, plus petites et plus nombreuses que la précédente, une pour chaque doigt, sont les callosités digitales.
Dansles mammifères des ordres inférieurs, qui ne marchent point sur les ongles, tels que l'éléphant, le rhinocéros, l’hippopotame, le chameau, l’épiderme acquiert une très-grande épaisseur et forme presque à lui seul une seule callosité, qui fait l’office d’une large semelle sur laquelle porte tout le poids du corps de ces volumineux quadrupèdes. Blainville regarde ce qu’on nomme la fourchette chez le cheval comme la callosité digitale du seul doigt qui reste. Les chameaux, les dromadaires, ont de plus des callosités au poignet, au genou, au coude, parce qu’en se baissant pour se reposer à terre, le poids de leur corps porte sur ces parties. On peut encore considérer comme une callosité une petite plaque cornée qui est située à la partie interne des jambes du cheval, au-dessus de l'articulation du genou dans les membres pectoraux et au-dessous du jarret dans les membres pelviens , à laquelle les vétérinaires donnent le nom de chd- Éaigne.
Les animaux qui dans le repos s’appuient sur la poitrine présentent dans cette région une large callosité épidermique : tels sont chez les oiseaux l’autruche et le casoar. On avait aussi regardé comme une callosité pectorale chez le chameau une sorte de plaque cornée située dans cette région ; mais une observation plus attentive fait découvrir qu’elle est formée, nou par un épiderme épaissi, mais bien par des poils fasciculés, très-nombreux, très-serrés et agglutinés par leur extrémité. Chez tous les oiseaux, l’épiderme de la face inférieure des pieds offre des rides qui circonscrivent des sortes de callosités, dont l'épaisseur est proportionnelle au poids du corps. Ces sortes de saïllies calleuses de la plante des pieds sont beaucoup moins marquées chez les reptiles écailleux et n’existent plus chez les reptiles nus ou amphibiens, ni chez les poissons.
Parmi les animaux invertébrés, les mollusques sont les seuls qui présentent des parties auxquelles on a aussi donné le nom de callosités. Ce sont des dépôts calcaires souvent semblables à l'émail qu’on observe le plus souvent sur la columelle. Ces dépôts forment des protubérances situées sur diverses partiés des coquilles, qui se distinguent des varices par leur forme, celle-ci étant plus allongée dans le sens de la longueur du test. Ces sortes de callosités non épider-
miques, mais calcaires, ressemblant à l’émail, se développent aussi dans les points de l’ouverture de la coquille sur lesquels l'animal exerce le plus de pressions et de frottements.
Certaines excroissances ou végétations de chairs sèches, dures, indolentes, qui se développent quelquefois dans les vieux ulcères, dans les fistules et les plaies anciennes, sont désignées en pathologie sous le nom de callosités ; elles se distinguent des fongosités en ce que celles-ci sont molles et spongieuses. Le durcissement calleux des bords ou des chairs des plaies et des ulcères est le résultat de mouvements intempestifs ou de frottements réitérés exercés sur les surfaces dénudées par les pièces d'appareil mal appliquées. On en triomphe facilement par le repos, l’immobilité de la partie, là compression et les émollients. On avait recours autrefois aux caustiques.
Quelques semences végétales ont été dites calleuses, lorsque leur enveloppe est épaisse et endurcie. L. LAURENT.
CALLOT ( Jacques), naquit en 1594, selon Perrault, et en 1593 selon le réfutateur de dom Calmet, à Nancy, ville fameuse par ses ducs comme par ses artistes en tous genres. Cellot, né de parents riches et nobles, eut à lutter longtemps contre leur volonté. Il est à remarquer que les deux plus grands artistes de la Lorraine furent contrariés tous deux dans leurs goûts par des caprices de famille, souvent bizarres , puisque le père de Claude Gelée, dit /e Lorrain, s’obstina longtemps à vouloir faire de son fils un pâtissier, comme lui. Callot fut forcé de fuir la maison paternelle et de se sauver à Rome, pour suivre en paix sa vocation. Ce que tout le monde trouvera au moins étrange, c’est que Caïlot , le plaisant et le danseur, jouant avec toutes les douleurs et grimaçant avec toutes les misères, se soit de luimème fait élève de Jules le Parisien, et que sa première
gravure soit un Æcce homo , avec des vers français au-des-
sous composés par lui-même , selon quelques savants. J'appuierai volontiers cette hypothèse, car il est vrai que
Callot s’exerçait souvent à la rime. Ayant eu un grave différend avec le peintre Ruet, au lieu de s’en venger, il lui envoya son portrait gravé de sa main, avec ces vers :
Ce fameux créateur de tant de beaux visages
S’était assez tiré dans ses rares ouvrages,
Où la nature et l’art admirent leurs efforts.
11 tenait le dessus du temps et de l’envie,
Et lui de qui les mains ressuscitent les morts
Pourrait bien par soi-même éterniser sa vie.
Callot faisait donc des vers ; mais, comme on le voit par cet exemple, il maniait moins bien la plume que la pointe ou le burin,
Côme IT, grand-duc de Toscane, se déclara son protecteur, et commença sa gloire dans le monde. Elle grandit vile, à ce qu'il paraît, puisque, le grand-duc étant mort, Callot se vit à la fois pressé par le pape, qui l’appelait à Rome, et l'empereur, qui l’appelait à Vienne, lui promettant plus encore que des richesses , son amitié. Mais Callot tenait peu à la faveur des princes ; il lui fallait la vie libre, insouciante, la vie vagabonde d’artste, comme à Salvator, non pour l'amour, car ce n’était pas là sa nature, mais pour le plaisir de voir, d'entendre , de connaître, de rire, de se divertir de toute chose, et surtout de courir les champs. II vint à Paris, et copia deux vues de cette ville, entre autres le côté de la Seine où est maintenant l’Institut. Il y grava aussi trois siéges : celui de Saint-Martin-de-Ré, celui de Breda et celui de La Rochelle. On rapporte que Louis XILE, ayant pris Nancy, envoya chercher Callot, à qui il ordonna de lever le plan du siége de cette ville; Callot répondit qu’il était Lorrain , et qu'il se couperait plutôt le pouce que de travailler contre son pays. Et on ajoute encore que le roi répondit seulement : « Le duc de Lorraine est bien heureux d’avoir des sujets aussi fidèles ! »
Callot travaillait probablement avec une extraordinaire vi-
ai
tesse, car son œuvreest immense : on y compte plus de 1,400 pièces. Israel, le fameux graveur, qui traduisait si admirablement les poétiques inspirations de La Bella, gravait aussi presque tout ce que Callot trouvait. Ses compositions les plus fameuses sont : Le Martyre des innocents, Les Bohémiens, sa Grande Tentation, Les Batailles des Médicis , les danses grotesques des arlequins, des baladins ; Les Misères de la Guerre, où, dans un espace étroit, se trouvent réunis les spectacles les plus horribles à voir; les Paysages faits pour apprendre le dessin à la plume, faussement attribués à Henriet, et surtout Les Gueux, Les Hideux, Les Misérables queux, dont le premier porte une enseigne sur laquelle on lit ces mots : Capitano di Baroni.
Ce qui fait le caractère principal de Callot, c’est sa finesse exquise à saisir l’à-propos et le côté plaisant des objets, même les plus austères, pour nous exciter à rire. Depuis lui on a fait bien des Tentations ; aucune n’a même le droit d'être comparée à la sienne; celle de Teniers, entre autres, est à côté sans couleur et sans sel. Il excelle à faire la charge du soldat, du reître surtout, l’insolent tapageur de régiment, haut sur ses talons, et rejetant sa tête sur ses épaules comme un tambour-major parisien. Ses sujets religieux eux-mêmes provoquent le plus souvent plutôt le rire que la ferveur. Callot trouva pour la peinture le type du Scaramouche des soffies protestantes du quinzième et du seizième siècle : son grand mérite est surtout dans sa promptitude et son originalité d'invention.
11 mourut le 23 mars 1635, âgé de quarante et un ans. Il fut enterré à Nancy, dans le cloître des Cordeliers, où sa femme, Marguerite Paffinger, lui fit élever un tombeau magnifique. Au-dessous de son portrait, dit Chevrier, on lit une épitaphe latine, à la suite de laquelle une main certainement habile a écrit les quatre vers français que voici :
En vain tu ferais des volumes
Sur les louanges de Callot;
Pour moi je n’en dirai qu'un mot :
Son burin vaut mieux que nos plumes.
Le nom de Callot, prôné à l'excès pendant longtemps, a perdu peu à peu de sa gloire. 11 ne compte plus aujourd’hui de zélés partisans que parmi cette race éternelle de vieillards antiquaires que La Bruyère a si plaisamment dépeints. La Bibliothèque Nationale a une belle collection de Callot; la bibliothèque de Sainte-Geneviève en possède une qui n’est pas moins belle. Barthélemy HaurÉau.
CALLOTS, sorte de mendiants valides, très-nombreux à Paris, surtout dans la première moitié du dix-septième siècle. Ils appartenaient à la grande confrérie des gueu x, et habitaient dans les repaires connus sous le nom de Cours des Miracles. Ils simulaient une récente guérison de la teigne, ét prétendaient venir de Sainte-Reine, où ils avaient été miraculeusement délivrés de ce mal.
CALMANTS,. Ce nom sert à qualifier les moyens nombreux et très-divers qui peuvent produire l’adoucissement, le soulagement de nos souffrances, et ramener le calme sans enlever la cause du mal. Parmi les influences qui peuvent produire un calme plus ou moins durable, on peut citer celle qui est due à la présence du médecin, ou de toute autre personne susceptible d’exciter en nous des sentiments divers. C’est ainsi que le mal de dents est parfois suspendu tout à coup chez les personnes très-impressionnables, au moment de l’arrivée du dentiste, par la crainte de la douleur plus vive de l’arrachement. Le choix des vêtements, l'emploi des bains, l'usage bien entendu de quelques cosmétiques, les aliments convenables, l’'observance de toutes les précautions nécessaires pour assurer l'exercice régulier de toutes les fonctions , suflisent souvent pour calmer les douleurs , les convulsions et l'agitation morale , Surtout si l’on parvient à en éloigner la cause.
Mais parlons des médicaments dit calmants ou sédalifs (de sedare, calmer ); ils ont reçu différents noms : on dit