‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 164 sur 556 · CALLOT — CALMANTS · texte numérisé non relu

CALLOT — CALMANTS

qu'ils agissent : 1° comme anodins ou parégoriques, quand ils apaisent les douleurs ; 2° comme hypnotiques où narcotiques, quand ils provoquent lesommeil ; 3° comme antispasmodiques, quand ils dissipent les spasmes , les convulsions. Les anesthésiques peuvent aussi être regardés comme des calmants énergiques; mais ils ne suppriment la douleur qu’en suspendant la sensibilité.

Un très-grand nombre de substances tirées des végétaux et quelques-unes seulement des animaux ont été employées comme remèdes calmants : ce sont principalement les racines de valériane, de pivoine, les feuilles de nénuphar, d’oranger, les fleurs de tilleul, de sureau , de reine des prés, de fraxinelle, de coquelicot , de mauve, de primevère, de muguet, de camomille, de bouillon-blanc, etc. ; le camphre, le castoréum, le muse , l’assa-fœtida , le safran, les raclures. de corne de cerf, l’opium et ses préparations , la thériaque, les éthers. Mais parmi ces agents pharmaceutiques les uns agissent comme émollients (infusion de fleurs de mauve, etc.), les autres comme sédatifs ou narcotiques (opium), les troisièmes comme excitants, soit généraux, soit spéciaux (éther, musc, assa-fœtida ); fous, cependant, peuvent procurer du calme. Les formes sous lesquelles on administre ces remèdes calmants sont relatives à leur usage externe ou interne, et selon la voie par laquelle on veut les faire pénétrer dans l'organisme. Celles qui sont le plus usitées, quand on les introduit dans l'estomac, sont celles de tisane, de bol, de julep, d’émulsion, de potion.

Dans d’autres cas de maladie, les douleurs, les convulsions ou autres symptômes, ne cèdent point à l’emploi des remèdes calmants ; il faut alors pour calmer recourir à des moyens chirurgicaux, qui sont d’abord : la saignée, soit des veines, soit des artères , soit des capillaires, à l’aide des sangsues ou des ventouses scarifiées, ensuite les sinapismes, les vésicatoires, les cautères, les douches dans certaines maladies , enfin le feu, soit par lemoxa, ou à l’aide du fer ou autre métal, chauffé jusqu’au rouge incandescent. Dans certains cas, les douleurs dites névralgiques, rebelles à tous les moyens, ont nécessité la section du nerf malade , à l’aide de l'instrument tranchant.

Telles sont les ressources que la médecine et la chirurgie fournissent à l’homme de l’art pour calmer les phénomènes nerveux qui caractérisent ou accompagnent les maladies. Il suffit de les indiquer, puisqu'il est impossible d'exposer ici les règles de leur emploi. Cette indication nous montre que l’action de ces ressources de l’art de calmer ou de pallier est tantôt directe ou relative et tantôt indirecte ou dérivative. Celle-ci est fondée sur cet aphorisme du père de la médecine : Si l’on a deux maux en méme temps, et non dans la méme partie, le plus douloureux rend l'autre moins sensible.

Maintenant, si nous voulions jeter un coup d’œil rapide sur les moyens mis en œuvre par l’homme pour calmer l’agitation, l’irritation de ses semblables, nous aurions à constater l'influence manifeste du regard, du sourire, de l’expression de la face ou de la physionomie, du geste et de l'attitude; la puissance de la parole, du chant et celle de la musique, enfin de tout ce qui est harmonieux. Aussi, la médecine appelle-t-elle souvent ces moyens à son aide, Mais la raison se refuse à croire à ces soulagements meurtriers que certains visionnaires recherchaient avec fureur, comme les coups de bûche, de barres de fer, de pierres, etc., que les convulsionnaires se faisaient administrer.

Pour achever notre énumération des moyens calmants, nous ne devons point passer sous silence ceux auxquels les pieux cénobites, les personnes religieuses cloîtrées ou celles qui faisaient vœu de chasteté, avaient recours pour calmer l'effervescence des sens rebelles à leur volonté. En outre des précautions du régime alimentaire, la médecine leur prescrivait autrefois dans ce but le nitre, le camphre, le nymphæa où nénuphar, et les émulsions avec les semences froides, A ces moyens doux, le rigorisme en ajoutait d’autres,

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