CALME — CALMET
Quan@ le vent saute d’une direction à une autre, un instant de calme sépare ordinairement ce passage de deux ondulations opposées de l’atmosphère, et la mâture encore court risque de se rompre. Mais il est plus terrible mille fois que la tempête quand il survient tout à coup après l’orage. Qu'importe au navire qui fuit devant les lames la fureur des vents et des flots? C’est en vain qu’ils mugissent et aboient derrière lui, il vole sur les mêmes ailes et en est à peine ébranlé ; mais, quand l’ouragan a bouleversé la mer presque dans ses abîmes , que le vent a soulevé d’énormes vagues qui se heurtent et se brisent l’une contre l’autre, la masse liquide ne s’arrête pas soudain dès que la cause qui l'a remuée a cessé d’agir ; son agitation dure longtemps encore après, et la position du bâtiment devient extrêmement critique : surpris sans mouvement entre deux montagnes d’eau qui s’élèvent au-dessus de ses mâts, il est battu comme un rocher par la vague acharnée contre son flanc et dont la secousse va peut-être l’entrouvrir. Malheur! malheur alors! chaque lame qui accourt sur lui furieuse et la crête étincelante peut l’enfoncer et l’engloutir; il roule violemment, et chaque oscillation menace d’emporter ses mâts et ses agrès; en vain pour fuir il borde toutes ses voiles, il appelle la brise, l’orage, l'orage encore! Les voiles, que l'air ne gonfle plus, battent contre sa mâture et ne font qu'augmenter sa détresse. Calme maudit! les marins devraient inventer un autre mot pour te qualifier. Quel navigateur a passé la ligne sans avoir le cauchemar du calme ? Sous cette zone brûlante où le soleil dévore, rester exposé à ses rayons sans que l’air soit un instant raffraîchi par un souffle de brise ! souffrir de la soif, d’une chaleur étouffante, hâletant , épuisé, pendant des semaines entières ! ou assailli par des nuages qui crèvent en torrents d’eau, et répandent dans l’atmosphère une chaude humidité, si insalubre que rarement les équipages échappent à sa funeste influence! Dans plusieurs endroits de l’océan Atlantique, et sous une zone assez considérable de l'océan Pacifique, on rencontre des calmes qui ont souvent plus d'un mois de durée.
Une idée bizarre, qui n’a pu naître que dans une imagination profondément ignorante, s'était accréditée chez quelques esprits inattentifs : on prétendait qu’en répandant de l'huile sur la surface de la mer, on pourrait calmer surle-champ la plus violente tempête. Ceux qui croient les sciences physiques assez avancées de nos jours pour expliquer les phénomènes considérés autrefois comme des miracles auraient là une belle occasion de rendre raison du fameux Quos ego de Virgile, et de ce pouvoir du Christ, dont la voix apaisait, les flots de la mer. Théogène Pace.
CALMET ( Dom AucGusrin), savant bénédictin de la congrégation de Saint-Vannes, naquit le 16 février 1672, à Mesnil-la-Horgue, diocèse de Toul. Il fit ses premières éludes au prieuré de Breuil, et prononça ses vœux le 23 octobre 1689, Ses études achevées, il apprit l’hébreu sous la direction d’un ministre luthérien, nommé Fabre, puis il étudia la langue grecque et les saintes Écritures, qu’il fut bientôt chargé d’expliquer. En 1704 il passa à l’abbaye de Munster, où il continua d’enseigner les jeunes religieux. 11 fut récompensé de ses grands travaux par sa nomination, en 1718, à l’abbaye de Saint-Léopold de Nancy, d’où il passa, dix ans après, à celle de Sénones, où le reste de sa vie laborieuse s’écoula dans l'exercice des devoirs de son état et la pratique des vertus chrétiennes. Encore plus modeste que savant, il écoutait les critiques et en profitait Benoît XIII lui offrit un évêché in partibus, qu'il refusa. Il mourut à Sénones, le 25 octobre 1757.
Dom Calmet a publié des ouvrages importants sur l'Écriture Sainte, On cite surtout ses Commentaires sur l'Ancien et Le Nouveau Testament ; son Histoire de l'Ancien et du Nouveau Testament et son Dictionnaire de la Bible. Outre ces livres, que l’on consulte plutôt qu'on ne les lit, ce savant bénédictin a laissé une Bible, une Histoire de la