‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 18 sur 556 · BUCH — BUCHANAN · texte numérisé non relu

BUCH — BUCHANAN

ceste d'Euripide. En 1543, une épidémie le chassa de Bordeaux, et, après avoir pendant quelque temps donné des leçons à Montaigne, devenu si célèbre plus tard, il revint à Paris, où il se livra à l’enseignement jusqu’au moment où son protecteur Govea, qui venait d’êlre nommé doyen de l’université de Coïmbre, le décida à s’en aller chercher fortune en Portugal. Govea élant venu alors à mourir, Buchanan ne put se défendre longtemps contre les ennemis puissants que lui avait faits la liberté de ses opinions : il fut incarcéré, et c’est pendant sa détention en Portugal qu’il commença sa traduction en vers des Psaumes (Paraphrasis Psalmorum Davidis poetica; Paris, Rob, Estienne; Strasbourg, 1570). Rendu à la liberté en 1551, il gagna l’Angleterre; mais les troubles qui y régnaient le déterminèrent bientôt à la quitter. Il s’en alla alors encore . une fois à Paris, puis, en 1560, il finit par revenir en Écosse, où il embrassa ouvertement le protestantisme, avec les doctrines duquel il sympathisail déjà depuis longtemps en secret. Sa réputation de savoir et d’érudilion lui valut nn bon accueil auprès de la reine Marie Stuart, à laquelle il fut même admis à donner des leçons. Il rendit en outre d'importants services aux universités d'Écosse par les améliorations qu’il introduisit dans leur organisation , et il fut nommé doyen de l’université de Saint-André. Ses principes religieux et politiques le portèrent à embrasser le parti de son ancien élève, le comte Murray; etaprès la chute de Marie Stuart, il fut nommé précepteur de Jacques VI (devenu plus tard roi d’Angleterre sous le nom de Jacques 1er). C’est sous sa direction que ce prince acquit l’érudition pédantesque dont il se montrait si fier. Plus tard Buchanan accompagna le régent Murray en Angleterre pour appuyer le système d’accusation imaginé pour condamner MarieStuart, et publia alors sous ce titre ; De Maria regina Scotorum, totaque ejus contra regem conspiratione (1571), un violent pamphlet, dans lequel il attaquait le caractère et les mœurs de la reine. Après la mort de Murray, il demeura en faveur auprès du parti dominant, et fut nommé conseiller d'État et garde des sceaux. Son ouvrage intitulé De Jure Regni apud Scotos (1579) lui assure un rang éminent parmi les plus énergiques défenseurs des droits du peuple. Il consacra les dernières années de sa vie à écrire sa Rerum Scoticarum Historia (1582), ouvrage remarquable par la beauté et la vigueur du style, mais qui manque de profondeur pour ce qui est des recherches relativement aux premiers siècles de l’histoire d'Écosse.

Buchanan mourut dans une pauvreté extrême, en 1582, et il fallut l’inhumer aux frais de la ville. Son caractère a été vivement allaqué par ses ennemis, et on ne saurait disconvenir qu'il paraît avoir mené dans sa jeunesse une vie extrêmement déréglée et n'avoir pas été bien serupuleux quant au choix des moyens à employer pour se tirer d’embarras, Il poussa souvent l'esprit de parti jusqu’à la passion, et le sentiment de sa supériorité intellectuelle le rendait roide et cassant. En tout cas, il brille au premier rang des poëtes latins modernes. Ses poésies latines ont été recueillies et publiées par les Elzevier (Leyde, 1628). Il a écrit lui-même l’histoire de sa vie. Ses œuvres complètes ont été publiées par Ruddiman (2 vol., Édimbourg, 1715) et par Peter Burmann (Leyde , 1725),

BUCHANAN (Jawes), ex-président des États-Unis, né le 23 avril 1791, en Pensylvanie, était fils d’un émigré irlandais. 11 suivit la carrière du barreau, et à trente ans il avait la réputation d’un des avocats les plus instruits et les plus éloquents de la Pensylvanie, Il avait déjà siégé dans la législature de l'État, lorsqu'’en 1820 il oblint pour le Congrès un mandat qui lui fut renouvelé quatre fois de suile, Le président Jackson, dont il avait soutenu la politique, le chargea d'une mission en Russie (1831), et Buchanan conclut le premier traité de commerce entre ce pays et l’Union, A son retour (1834) il fut élu sénateur,

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