‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 175 sur 556 · CALOTTE — CALOYER · texte numérisé non relu

CALOTTE — CALOYER

si leur conciliation est repoussée ou méprisée. Cette forme de censure intérieure et secrète est, comme on le voit, une L combinaison régulière, sage , convenable, une rectification des institutions défectueuses connues en France sous le nom de Calotte ou de tribunal de point d'honneur. — Parmi les soldats des régiments français il existait un usage qui n’était pas sans analogie avec celui-ci, et qu’ils appelaient ignoblement la savate.— Les conseils d'enquête, les conseils de discipline , créés par l'ordonnance du 2 novembre 1833, sont une imitation incomplète des modernes institutions des étrangers ; institutions dont ils ont puisé la pensée dans. l’ancienne Calotte française. G*! BarDIN.

CALOTTIN. Voyez CALOTTE.

CALOYER ou CALOGER, altération d’un mot grec qui signifie bon vieillard (ya)dcs yépwy ). C’est le nom des moines grecs de l’ordre de Saint-Basile. Ils forment le clergé régulier de la religion grecque, et c’est toujours parmi eux que l’on choisit les évêques et les patriarches, parce qu’ils appartiennent généralement aux familles les plus distinguées de la noblesse et de la bourgeoisie. C’est aussi dans cet ordre que l’on trouve aujourd’hui les seuls hommes un peu instruits en matières théologiques. Mais s’ils sont respectables par leur savoir et leur extérieur réservé, ils ne sont pas moins répréhensibles pour les excès auxquels les porte leur ambition anti-évangélique, et qu’ils poussent souvent jusqu'aux proscriptions. Les caloyers font leurs premières études dans les nombreux monastères du mont Athos, où ils se trouvent comme séparés du reste du monde. Dans ces monastères et dans celui de l’ile de Pathmos, ils lisent les Pères de l’Église, et même les traductions grecques de Bossuet et des meilleurs théologiens français. Mais leur esprit subtil semble avoir éternisé dans ces écoles les sophismes du Bas-Empire, sur les points les plus incontestables du christianisme. De tout temps ces asiles de la paix furent le théâtre d’intrigues et de dissensions où se formaient des cabales pour arriver aux dignités ecclésiastiques. Il y a aussi quelques monastères de caloyers dans la Morée et une douzaine aux Météores.

L'instruction est tout à fait négligée dans les monastères dela Morée; aussi vient-on rarement y chercher un évêque. On n’y trouve que des cénobites couverts de haires et de cilices, vivant du travail de leurs mains, et se nourrissant d'aliments grossiers dans un pays délicieux. Ils couchent par terre, se flagellent et se stigmatisent plusieurs fois la semaine. L'office divin, la lecture de l'Évangile ou des Pères de l'Église, partagent le reste de leur temps; mais ils méprisent les livres de théologie, comme un tissu de chicanes. Point d'hommes érudits parmi eux. Les travaux de l’agriculture et les macérations éteignent et usent en eux toutes les facultés de l'esprit. Les couvents de caloyers ont des dotations, outre le casuel et les aumônes. Les chefs-licux « d’ordre envoient dans le temps des carêmes quelques-uns de leurs religieux faire des excursions évangéliques plus ou moins profitables à la maison. 11 n’y a point de bigarrure dans le costume des caloyers : c’est une simple soutane noire ou brune, avec une ceinture de la même couleur, et un bonnet noir à forme plate, d’où pend quelquefois sur le dos une pièce de drap noir. Ce costume ne diffère de celui des papas, ou prêtres séculiers, que par une bande blanche que ceux-ci portent au bas de leur bonnet. Les caloyers font vœu d’abstinence, d'obéissance et de chasteté. S'ils veulent rester dans leur règle, ils ne disent pas la messe; s’ils se font prêtres, ils deviennent moines sacrés et n’officient qu'aux grandes fêtes. C’est pourquoi chaque couvent entretient des papas pour les offices journaliers. Les novices caloyers sont reçus à dix et douze ans, Les travaux de la maison font partie du noviciat, qui se prolonge deux ans après la prise d'habit, Outre les caloyers qui vivent dans les couvents, il y a parmi eux des ermites qui demeurent seuls, et des ana= chorètes , qui se réunissent trois où quatre dans une petite

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