‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 176 sur 556 · CALOYER — CALPURNIUS · texte numérisé non relu

CALOYER — CALPURNIUS

maison voisine d’un monastère, Ce sont ces derniers qui habitent aussi les rochers isolés et inaccessibles qu’on trouve parsemés dans les iles de l’Archipel, et qu’en raison de cela “on nomme caloyero. Au reste, tous ces moines sont fort sales, et ne soignent ni leur barbe ni leurs cheveux. I! semble qu’en tous pays la malpropreté soit identifiée avec les habitudes monastiques. H. AUDIFFRET.

CALPÉ, ancien port de Bithynie, dans l'Asie Mineure,

situé sur les bords du Pont-Euxin, à l'embouchure du fleuve du même nom, qui a reçu depuis celui d'Aqua. Pline le nomme Calpas. « Calpé, dit Xénophon, est situé dans la Thrace asiatique, laquelle s'étend par ses côtes depuis l’embouchure du Pont-Euxin jusqu’à Héraclée, espace que peut franchir en un jour une galère qui va à force de rames. Calpé, qui en occupe le point central, est défendu par un rocher escarpé, qui s’avance dans la mer. Le port possède une source qui ne tarit jamais. » Ce port devait être fort ancien, puisqu'il est dit que les Argonautes y abordèrent. A peine y furent-ils arrivés, qu'Amycus, roi de Bébrycie, envoya défier le plus brave d’entre eux. L’honneur de le combattre fut déféré à Pollux , qui par la mort de ce monstre délivra les peuples voisins d’un ennemi dont ils redoutaient la férocité. »

Calpé est aussi une montagne d’Espagne, située près du détroit qui joint l'Océan à la Méditerranée, la même que nous appelons aujourd'hui Gibraltar.

CALPI ou Calpea, ville de l'Inde anglaise, dans le Boundelcound, sur la rive droite de la Joumna, comptait, en 1848, 18,714 habitants. C’est l’entrepôt du coton pour les districts qui l’environnent ; elle a des fabriques de papier et de sucre. Dans la rébellion de 1857 elle resta au pouvoir des insurgés jusqu’au 23 mai 1858, où le général Rose la reprit. |

CALPRENEDE (La). Vouez LA CALPRENÈDE.

CALPURNIA (Famille). La gens Calpurnia, famille plébéienne de Rome, à laquelle appartenaient les branches Pison, Bestia et Bibulus, faisait remonter son origine à Calpus, prétendu fils de Numa. Parmi les membres les plus connus des deux dernières branches nous citerons : Zucius Carrurxius BEsTiA, consul l’ari 110 avant J.-C., qui, ayant été chargé de la guerre contre Jugurtha, se laissa corrompre

æt conclut un traité honteux ; et Marcus Cazpurnius BiBu-

LUS , collègue de César dans l’édilité et dans le consulat.

On ne sait à quelle branche de cette famille appartenait Marcus Carrurnius FLAMMA, tribun militaire, que son dévouement généreux place à côté des Decius et des Curtius. Le consul Atilius Calatinus , à l’époque de la première guerre punique , ayant engagé en Sicile l’armée dans un défilé dangereux , Calpurnius se dévoua avec trois cents hommes pour la sauver (258 avant J.-C.). Il échappa providentiellement à une mort qui paraissait inévitable.

Trois femmes du nom de Calpurnia méritent une mention particulière : une fille de Calpurnius Bestia, qui se donna la mort en apprenant que son époux, Publius Antistius, avait été assassiné comme partisan de Sylla, l'an 82 avant J.-C., par Lucius Damasippus, dans la curie d’Hostilie; Calpurnia, fille de Pison, l'ennemi de Cicéron, épouse de César : la veille des ides de mars elle eut un songe horrible qui l’avertissait du danger que courait son époux ; mais elle ne put l'empêcher de se rendre au sénat, grâce aux perfides exhortations de Decimus Brutus. Après le meurtre du dictateur elle envoya tous ses trésors à Marc Antoine pour le mettre en état de châtier les assassins. — Une autre Calpurnia, fut mariée à Pline le jeune, dont les lettres témoignent de son amour pour elle et des qualités qui le rendirent durable. Elle était plus jeune que lui,et il en avait fait son élève, en lui inspirant le goût de la littérature, qu’elle portait à un si haut degré, ainsi que sa tendresse et sa vénération pour son mari, qu'on pouvait se demander si elle aimait Pline pour les belles-lettres ou bien les belles-lettres pour Pline.

Entre les divers écrivains du nom de Calpurnius, nous ne citerons que Titus Calpurnius, dont un poëte parlera plus loin, et CaLPuRNIUS FLACCus, rhéteur latin, que l’on croit avoir vécu sous Adrien et sous Antonin le Pieux. Il a donné son nom à un de ces recueils de déclamations ou exercices de rhétorique, si nombreux à Rome, et dont les principaux nous sont parvenus sous le nom de Quintilien et de Sénèque le père. Dans Calpurnius le genre délibératif a tout à fait disparu , ce ne sont que des controverses ou discours judiciaires ; le style y est altéré et affaibli comme la pensée, comme tout le reste. La puérilité obligée des sujets (car la politique des empereurs n'aurait pas souffert des questions propres à agiter les esprits) entraine l’élocution dans les plus étranges défauts, et sa constante délicatesse dégénère en afféterie et en subtilité de mauvais goût.

CALPURNIUS (Trrus). Nous ne savons presque rien de la vie de ce poëte bucolique ; elle fut obscure, comme celle de tant d’autres écrivains, dont toute l'histoire est dans leurs ouvrages. Il naquit en Sicile, probablement vers l’an 260 de notre ère. Némésien de Carthage, que l’empereur Numérien combla de ses grâces, fut son bienfaiteur, Ce favori d’un prince ami des arts sauva son protégé d’une affreuse misère, comme l’atteste le passage d’une de ses pas- {orales où il se représente n’ayant pour toute nourriture que des fraises, des mûres de buisson, de la guimauve et le fruit du hêtre. La bonté de Némésien y ajouta quelque chose de plus solide, du pain! farre. Némnésien lui-même cultivait la littérature ; on cite de lui trois ouvrages importants, le premier sur la pêche ( Alieutica), le second sur la chasse (Cynegetica), et le troisième sur la navigation (Naulica ). On y ajoute quatre pastorales imprimées communément sous son nom avec celles de Calpurnius; mais il est fort douteux qu’elles soient de lui.

Les commentateurs sont peu d’accord sur ces deux poëtes ; quelques-uns les font vivre sous le règne d’Auguste : on ne conçoit guère sur quelles preuves; car la décadence du langage est évidente ici, ou il faut renoncer à connaître la langue latine. D'ailleurs, l'historien Vopiscus, qui écrivait en 304, place Némésien au rang des poëtes qui ont fleuri sous Numérien, vers 284; il parle des trois ouvrages dont nous avons rapporté plus haut les titres, et ne garde le si- Jence que sur les quatre églogues , ce qui indiquerait assez qu’elles ne sont pas de lui. Il nous reste de Calpurnius sept Pastorales, qui depuis long-temps sont reléguées dans les bibliothèques des érudits, quaïque jadis on les ait expliquées dans les colléges. Elles n’ont pas toujours été l’objet d’une critique impartiale : des admirateurs trop passionnés ont cru y voir des perfections qu’on y cherche vainement ; d’autres lecteurs, n’y apercevant que des défauts, les ont dédaignées, comme des productions d’un mérite très-équivoque. La vérité est ailleurs que dans cetexcès de louange ou de blâme. Les Pastorales de Calpurnius manquent de ce cachet d'originalité, de cette délicatesse de langage qui caractérisent la poésie des grands siècles de la littérature ; elles sont un peu trop calquées sur celles de Virgile; limitation n’y est pas assez déguisée; le style, quelquefois dur, présente des alliances de mots qui annoncent l'oubli des bonnes traditions ; mais peut-être faut-il moins en accuser le poëte que l’époque où il a vécu. Ce qui lui appartient en propre, ce qu’on ne pourrait lui contester sans injustice, c’est qu’il a bien su prendre le ton qui convient à l’églogue, c'est qu’il ne manque ni de naturel ni de variété, et que plusieurs de ses Pastorales ne seraient pas indignes du pinceau de Virgile. Fontenelle, qui s'était créé un système fort bizarre sur ce genre de poésie, laisse échapper quelque part cette exclamation en parlant d’une idylle de Calpurnius : « C’est dommage que Virgile n’ait pas fait les vers de cette pièce; encore ne serait-il pas nécessaire qu'il les eût tous faits. »

Cet aveu d’un écrivain qui s’est montré si avare d’éloges

envers Jes grands maîtres, n’est point suspect de flatterie. Quant aux quatre pastorales que des commentateurs attribuent à Némésien, nous n’hésitons pas à croire, contre le sentiment même de Vossius, que Némésien n’en à jamais été l’auteur : il est impossible qu’il y ait entre deux poëtes une conformité de style siextraordinaire. Lanature, qui paraît éprouver une sorte de répugnance à jeter dans le monde deux hommes d’une conformation parfaitement semblable, n’a pas dû suivre d’autre règle à l'égard du principe intellectuel. Les onze églogues sont évidemment de la même main.

La première traduction de ces petits poëmes a paru à Bruxelles en 1744; elle ne manque pas d'élégance. Le traducteur, Mairault, a gardé l’anonyme; mais il est aisé de voir que c’était un homme de sens , versé dans la connaissance de la littérature ancienne. Une autre version élégante et fidèle a vu le jour en 1842 dans la Bibliothèque Latine- Française, de Panckoucke : elle est du professeur Cabaret- Dupaty. TissoT, de l’Académie Française,

CALQUE. On nomme ainsi le résultat d’une opération par laquelle, au moyen de la transparence des matières, on fait la copie d’une composition avec autant de promptitude que de facilité. Plusieurs procédés également bons sont employés pour calquer : le plus simple de tous est de poser un papier blanc sur l’objet que l’on veut copier; plaçant ensuite ces deux feuilles sur une vitre élevée, à travers laquelle peut passer la lumière, on profite de la transparence que l’on obtient, pour copier les traits principaux du dessin, les nuances d'ombre ou même tous ses détails. Si le corps sur lequel est tracé le dessin original est de nature à ne pouvoir laisser pénétrer la lumière, tel qu’un tableau, un vase, alors on pose dessus une gaze où un papier d’une grande transparence, soit par la finesse de sa pâte, soit par des applications , telles que de l’huile, du vernis ou de la gélatine. On fabrique sous le nom de papier-glace une matière aussi transparente que le verre même, mais elle a le défaut de se rayer très-facilement et quelquefois de se briser. Pour éviter cet inconvénient, il vaut mieux employer le papier dit papier végétal, qui, au lieu d’être composé de vieux chiffons, est formé de belle filasse de lin, ce qui lui laisse toujours une teinte un peu verdâtre. En raison de la nature du papier que l’on emploie pour calquer, et suivant l'usage que l’on veut faire de son calque, on se sert d’encre ou de crayon, ou bien encore d’une pointe fine, dite pointe à calquer. Cette dernière est d’un usage habituel pour les graveurs, soit qu'ils emploient du papier verni, soit qu'ils se servent de papier-glace. Le calque est souvent employé pour conserver le souvenir d’une composition ; quelquefois aussi il est destiné à obtenir une copie exacte ; dans ce cas, il reste à faire une seconde opération que l’on nomme décalque.

Il est inutile de dire qu’un calque est plus ou moins spirituel, en raison du talent de celui qui l’a fait: il faut que le copiste qui fait un calque soit capable d’imiter l'original sans ce secours, et qu’il ne prenne ce moyen que pour avoir plus de promptitude dans l’exécution. Celui qui croirait pouvoir faire un calque sans savoir le dessin ressemblerait à la personne qui voudrait copier un ouvrage en langue étrangère sans avoir aucune connaissance de cette langue. Mais un calque fait avec esprit par un artiste lui procure une copie fidèle et dont il aura besoin par la suite.

DucnEsne aîné,

CALTANISETTA, ville forte de Sicile, située dans une plaine fertile, près du Salso, à 45 kil. nord-est de Girgenti. Sa population est de 17,000 âmes. On trouve dans les environs des eaux minérales el des soufrières. La province de Caltanisetta contient 225,000 habitants sur une superficie de 3,768 kilom. carrés.

CALUMET, pipe de sauvage, particulière aux peuplades de l'Amérique septentrionale, C'est un symbole de paix,

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