CALPURNIUS — CALVADOS
et quelquefois de guerre. Les Illinois disent que c’est le soieil qui leur a donné le calumet; aussi le décorent-ils des plus brillantes plumes d’oiseaux, et même d’ailes entières : c’est presque le caducée de Mercure et des hérauts chez les Grecs anciens, il fait tomber les armes des mains des combattants, au plus fort de la mêlée et du carnage. Dans les grands traités de paix et d'alliance, un des sauvages, choisi à cet effet, porte en dausant et en chantant le calumet le plus magnifique qu’on puisse se procurer, et en frotte le grand chef par tout le corps; puis, l’ayant rempli de tabac, il le lui offre tout allumé : il fume avec lui, pousse vers le ciel la première vapeur du tabac, la seconde vers la terre, et la troisième autour de l'horizon. Tous les jours, au lever du soleil, le grand chef pratique la même cérémonie. Le calumet est ordinairement d’une pierre rouge, polie comme du marbre, percée de telle façon qu’un des bouts sert de fourneau au tabac, et que dans l’autre s’introduit la tige, qui est une canne creuse de soixante-cinq centimètres de long, élégamment ornée, entortillée de cheveux nattés, et garnie de plumes vertes, rouges et bleues. Quand ils veulent obtenir de la pluie ou du beau temps, les naturels le présentent au soleil pour qu’il fume; ils font aussi honneur aux ambassadeurs de la première bouffée de fumée. Quand ils offrent le calumet, on ne doit pas le refuser si on ne veut pas devenir ennemi; mais il suffit de feindre d’y fumer. Les calumets de guerre ont la tige peinte de vermillon dans l’intervalle des tresses de cheveux. Les peuplades amies se font réciproquement présent de cette pipe en signe d’une paix éternelle. Elles l'ont plus d’une fois offerte aux Français, naguère leurs voisins dans le Canada. Les Outagamis surtout excellent dans la danse et le chant du calumet, qui, comme une divinité, a aussi sa fête solennelle. DENNE-BARON.
CALUS. Voyez CAL.
CALVADOS (Département du). Formé du Bessin, du Bocage, de la campagne de Caen, du pays d’Auge et du Lieuvin , dépendant de la basse Normandie, il tire son nom d’une chaîne de rochers située en mer, à peu de distance de ses côtes , entre l'embouchure de l’Orne et de la Vire. 1] est borné au nord par la Manche, à l’est par le département de l’Eure, au sud par celui de l'Orne et partie du département de la Manche, qui le borne aussi à l’ouest.
Divisé en six arrondissements, dont les chefs-lieux sont Caen, Bayeux, Falaise, Lisieux , Pont l’Évêque et Vire, il compte 37 cantons, 767 communes et 480,992 habitants. I envoie treize députés à l'Assemblée, Il forme avec les départements de la Manche, de la Mayenne, de l'Orne, de la Sarthe, d’Eure-et-Loir, le 15° arrondissement forestier, constitue la 3° subdivision de la 2e division militaire, dont lé chef-lieu est à Caen, ressortit à la cour d'appel de cette ville, et compose le diocèse de Bayeux, suffragant de l’archevêché de Rouen, Son académie comprend une faculté de droit, une faculté des sciences, une faculté des lettres, une école préparatoire de médecine et de pharmacie, un lycée, une école primaire supérieure, 5 colléges communaux, 12 institutions secondaires libres, 997 écoles primaires, 22 salles d’asile.
Sa superficie totale comprend 552,072 hectares, dont 313,485 en terres labourables; 120,332 en prés; 38,489 en bois ; 12,187 en landes ; etc. La valeur totale de la production agricole y est estimée, d’après l'enquête de 1862, à 147,677,994 fr., dont 72,614,233 fr. pour les céréales, et 32,110,266 fr. pour les prairies naturelles. I payait, en 1858, 3,817,660 fr. d'impôt foncier, et son revenu territorial est estimé à plus de 55 millions de francs.
Dominé au sud par les terrains élevés du département de l'Orne, le département du Calvados n'a qu’une pente du sud au nord ; il n’est sillonné de collines que dans sa partie méridionale, et n’offre que de vastes plaines separées par des vallées peu profondes. 11 est abondamment arrosé, et appar: tient en partie au bassin de la Seine et à celui de la Vire et