‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 19 sur 556 · BUCHANAN · texte numérisé non relu

BUCHANAN

Sous la présidence de Polk, il occupa la secrétairerie d'État (1845-1849). Après avoir passé dans la vie privée quelques années, il fut envoyé comme ambassadeur à Londres (1854). Dès ce moment le parti démocrate le choisit pour candidat à la présidence; la plupart des États du Sud se prononcèrent pour lui, et il lemporta sur M. Frémont comme successeur du général Pierce (4 mars 1857), A l'extérieur son administration ne fut marquée que par des succès, et les plus importants furent la renonciation de l'Angleterre à sesprétentions au droit de visite, et la conclusion d’un traité de commerce séparé avec la Chine. A l'intérieur, il favorisa celle passion d’agrandissement dont son parti avait toujours été possédé, en laissant s'organiser les expéditions contre le Paraguay, le Mexique, l’isthme de Panama et en négociant secrètement l'occupation de Cuba, Sur la question brûlante de l'esclavage, il se déclara, après beaucoup d’hésitations, en faveur du Sud, et ne fit rien pour s’opposer à la séparation, el quand elle eut éclaté, pour prévenir le développement de la rébellion, Son successeur fut Abraham Lincoln.

Rentré dans la retraite, Buchanan y vécut oublié jusqu'au 1er juin 1868, où il mourut. Au terme d’une longue et glorieuse carrière , il avait désespéré de son pays. « Je suis le dernier président des États-Unis, » disait-il. Charitable, ayant l'esprit orné, des habitudes simples, doué d’un tact remarquable pour discerner les hommes, il laissa le renom d’un orateur brillant, mais d’un faible politique.

BUCHAREST, Voyez BourAREsT.

BUCHE, morceau de bois débité pour le chauffage. Les bûches doivent avoir un mètre de longueur.

On appelle bäche de Noël une grosse souche de bois qu'on met au feu comine artière-bûche ou bûche de derrière, la veille de Noël: ce qui se faisait autrefois de nuit, et avec cerlaines cérémonies.

L’imposition de la bûche, ou le droit de biche, était un droit qui se prélevait à Paris sur les bûches; un arrêt du grand conseil, du 3 juin 1546, exempte de ce droit les secrétaires du roi. Aujourd’hui ce droit est compris dans les droits d'octroi généraux ; mais il existe en outre une espèce d'impôt sur la bûche, ou convention tacite entre les propriétaires ou locataires d’une maison et le portier, par laquelle ce dernier prélève une bûche à son choix sur chaque stère de bois dont les premiers font l’acquisition. Les contrôleurs de la büche étaient et sont encore de petits ofñciers établis sur les ports et dans les chantiers pour veiller à ce que les bois soient de la longueur, de la grosseur et de la mesure réglées par les ordonnances.

Le mot bäche s'emploie encore comme terme d'art, pour désigner les billots ou madriers qui portent les cisailles, les filières, etc.: c’est aussi le nom de l’établi des épingliers. Enfin, on dit au figuré, dans le style familier, d'un homme lent, inactif où stupide, que c’est une büche.

Les büches économiques ne sont autre chose que des briquettes de grande dimension.

BUCHER , pyramide de bois sur laquelle on brûlait les Corps. Poar les morts c'était un mode de sépulture, pour les vivants un supplice, pour les uns et les autres un sacrifice de purification. Les anciens distinguaient quatre états du bûcher, que les Latins appelaient pyra, rogus, bustum et acerra. Le premier (dérivé de xp, feu) était tout simplement une pile de bois, destinée à brûler le corps d’un homme ou même d’un animal; le second, le bûcher funéraire, tant que le feu continuait à brûler; alors, dit Servien, les assistants adressaient des prières aux dieux (rogare ); le troisième, le bûcher après que le corps y avait été consumé ( combustum ) ; et le quatrième, enfin, était un bûcher Particulier , élevé devant le tombeau, après le brûlement du corps.

Si l’origine des büchers funéraires n’est pas due aux peu-

— DBUCHER 27

ples de l'Hindoustan, elle doit remonter au moins aux Seythes , et leurs Zxmuli, qu’on découvre dans les steppes de la Russie méridionale el de la Tafarie, contiennent des ossements humains , souvent même des ossements de chevaux , quelquefois calcinés ; mais ce n’est pas le plus grand nombre, Les Thraces, qui empruntèrent aux Scythes lPusage du bûcher , le transmirent aux Grecs. De Rome, qui le prit à ces derniers, il envahit tout l'empire, et pénétra jusqu'aux régions hyperboréennes : O din voulut que son corps fût brûlé sur un bûcher; c’est une tradition généralement admise dans la Scandinavie,

Dans l'Inde les brahmanes reçurent des anciens gymnosophistes la croyance en ce mode de purification, Les sa crifices volontaires sur un bûcher n'étaient pas rares aulrefois chez eux. À Athènes on vit un Indien se précipiter dans les flammes d'un bûcher, en s’écriant : Soyons immortel! Calanus,legymnosophiste, qui suivait Alexandre dans sa conquête de l'Inde , monta sur un bûcher funéraire , en adorant le soleil, qui brillait sur la têle , et Onésicrite, gouverneur du prince, frappé d’admiration , s’y jeta spontawément après lui. Hercule, disent les mythographes, va s'asseoir au banquet des dieux , après avoir divinisé sa dépouille mortelle par les flammes du bûcher, ef Didon , délaissée, meurt sur un bûcher, non pour se délivrer d’une vie importune (le fer , le poison lui eussent suffi), mais pour consoler les mânes de son époux par cet acte de purification.

Dans l'empire romain , au sein des campagnes , s’élevaient des büchers publics , environnés de terrains clos de murs et appelés usérina (d’urere , brûler). On y consumait les corps des morts trop pauvres pour que leur famille püt faire la dépense d’un bûcher. On en a découvert un dans les rüines de Pompéi. Quant aux büchers particuliers, ils étaient plus où moins grands, plus ou moins élevés, suivant la qualité des personnes. Une loi somptuaire défendait seulement de les édifier en bois de prix. On y employait lif, le pin , le frêne, le mélèze, le genévrier, et autres arbres qui s’enflamment aisément : on y ajoufait les feuilles du souchel papyrus ; puis, selon Varron, on enveloppait le tout de cyprès, afin de neutraliser par son odeur celle du cadavre, qui eût pu incommoder les invités qui répondaient aux lamentations de la præfica , jusqu'à ce que, le corps étant consumé et les cendres recueillies, il leur fût dit Zlicet ! (Retirez-vous!) Les gardes du bûcher, gens de condition servile, appelés wstores et bustuarii (voyez BusTuairEs), avaient l’œil à ce qu'aucune branche de cyprès ne fût poussée par le vent sur le corps , de crainte de mélange des cendres ; et avec des fourches ils repoussaient les bûches et les empêchaient de tomber au milieu du foyer. Servius n’est pas le seul qui nous ait transmis le détail de ces précautions ; Homère en avait parlé avant lui, en décrivant la position du corps de Patrocle sur son bûcher. Le bûcher était généralement de forme carrée, à trois ou quatre étages, montant en pyramide, On l’ornait quelquefois de peintures , de guirlandes, de riches étoffes et même de statues. Quand il était destiné à un empereur, on plaçait au second étage le lit et la figure du prince mort ; le dernier et le plus haut enfermait l'aigle qui devait, en s’envoiant, porter au ciel l'âme du défunt (voyez Aroruéose ). On versait sur le cadavre du vin, du lait et du miel. On répandait sur le bûcher des parfums , des liqueurs odoriférantes, de l’encens, du cinnamome, des aromates , de l'huile. On donnait au mort une potion myrrhine, Ces profusions d’aromates, de liqueurs, de potions, devinrent enfin telles, qu’une loi dut les interdire, par respect pour ta bourse des citoyens.

Quand le corps était oïnt, on lui ouvrait les yeux, qu'on avail fermés au moment où le défunt avait rendu le dernier soupir, puis on lui glissait une pièce de monnaie sur Ja langue. C’étaient les plus proches parents qui mettaient le feu au bûcher ; ils tournaient le dos pour s’épargner la vue d’un si triste spectacle. Le bûcher allumé, on priait les vents

Page 1