CALYPSO — CAMALDULES
donne guère ce nom qu'aux dessins de couleurs foncées et rehaussées d’or que faisaient assez fréquemment les artistes du seizième siècle. Comme ils étaient poussés à l’effet avec beaucoup de vigueur, on les a souvent désignés sous le nom de clair-obscur.
Polidore deCaravage, voulant décorer l'extérieur de plusieurs maisons de Rome, y a souvent exécuté de longues frises représentant des bas-reliefs peints en camaïeu. Le Parmesan a fait un grandnombre de dessins de cette manière; André Andreani, Hugues de Carpi, Antoine de Trente, et d’autres graveurs sur bois, ont imité ces dessins et ceux d'André Mantegna, en imprimant l’une sur lautre trois planches de bois gravées : l’une faisait le fond , d’une couleur assez claire, et on avait soin d’y enlever toutes les lumières en blanc ; la seconde planche, imprimée d’une couleur plus foncée, rendait les demi-teintes ; la troisième, ayant un ton encore plus intense, donnait les contours et les ombres les plus fortes. Ces épreuves, connues sous le nom de camaïieu ou de clair-obscur sontdevenues assezrares ; elles se vendent maintenant fort cher, surtout lorsqu'elles sont bien conservées. DuCHESNE aîné.
CAMAIL, espèce d’habillement ecclésiastique, qui ne s'étend que depuis le cou jusqu’au coude; sorte de petit manteau, avec capuce ou capuchon, lequel se relève surla tête ou qui se rabat sur les épaules, et quisert plutôt d'ornement que de préservatif contre le froïd, quoiqu’il soit regardé commeun vêtement d'hiver, et qu’il se prenne à la Toussaint pour se quitter à Pâques. C’est aux capuchons des moines que le camail doit son origine. Les chanoines et autres ecclésiastiques ne commencèrent à s’en servir que vers la fin du quinzièmesiècle, ou au commencement du seizième. Le concile provincial de Saltzbourg, en 1386, prouve cependant qu'on en faisait usage en Allemagne avant cetemps-là , puisqu'il défend aux ecclésiastiques de paraître dans l’église en public sans un camail. Le concile de Bâle (1435), celui de Reims (1456) et les conciles de Sens (1460 et 1485), au contraire , ne veulent pas que les chanoines portent le camail à l'office : ils ne furent rétablis dans ce droit que par un autre concile, tenu à Paris en 1528. Quant à l’étymologie de ce mot, il est facile de la retrouver dans le nom d’une espèce de casque ou de bonnet, que portaient au moyen âge les chevaliers, et que l’on appelait cap de mailles, couverture de tête, faite de mailles.
Le camail des évêques se nomme mozette.
L'ordre militaire du porc-épic, institué en 1394 par Louis de France , duc d'Orléans, au baptême de son fils Charles, est désigné par quelques auteurs sous le nom d'ordre du camail ; mais l’on est fondé à croire que cette dénomination ne s’est introduite quepar corruption, et qu'il faut lire ordre du camaïeu, l'usage voulant qu’on donnât à ceux qui en recevaient l'investiture un collier avec une bague d’or ornée d’un camaïeu , camée ou pierre d’agate, sur laquelle était gravée la figure d’un porc-épic. |
CAMALDULES, ordre religieux fondé par saint Romuald, vers le milieu du dixième siècle, et qui tire son nom d’un couvent de l’Apennin dans la vallée des Camaldoli, où il établit sa règle en 1012. Cette règle était celle de saint Benoît, modifiée et rendue plus sévère, La manière de vivre qu'il prescrivit à ses ermites consistait à demeurer tous dans des cellules séparées, et à se rendre aux heures marquées à l’oratoire pour y chanter l'office divin qu'ils psalmodiaïent seulement. Les reclus étaient dispensés de cette obligation , et ne sortaient point du lieu de leur réclusion, 11 yen avait qui pendant les deux carèmes de l’année gardaient un silence inviolable, et d’autres pendant cent jours continuels, La loi de Pabstinence et du joûne était que chacun devait manger dans sa cellule, et que pendant tout lé temps de chaque carême ils devaient jeûner tous les jours au pain et à l’eau, excepté les dimanches. Tous pendant le reste de l’année jeûnaient encore au