‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 188 sur 556 · CAMBODGE — CAMBON · texte numérisé non relu

CAMBODGE — CAMBON

poser à la promotion des généraux Luckner et Rochambeau au grade de maréchal de Franee. Le 2 février 1799 il appuya les dénonciations faites à l’Assemblée contre le ministre Bertrand de Molleville. Il insista vivement

avec Bazire, pour la confiscation immédiate des biens des émigrés. Le 24 juillet de la même année il demanda la destrucéion des statues des {yrans et leur conversion en canons, Il combattit une pétition d’une section de Paris, qui solli-… citait l'abolition du pouvoir royal, et provoqua une adresse au peuple pour l’instruire de la juste mesure de ses droïts et de ses devoirs politiques. Au 10 août il prit les mesures les plus sages pour la sûreté du roi et de sa famille, réfugiés dans une tribune de l’Assemblée législative. Il fit ensuite, à des époques très-rapprochées, décréter la privation de trai-. tements des ecclésiastiques qui refusaient de prêter le serment civique, provoqua la vente des diamants et joyaux de la couronne, et seconda de tous ses efforts la mise en accusation des ex-ministres Lajard, La Grave et Narbonne. Élu président le 16 septembre, il proclama, quatre jours après, la clôture de la session de l’Assemblée législative, et le lendemain il siégea à la Convention comme représentant de l'Hérault.

Cambon n'était pas homme de parti, il ne suivait que ses propres inspirations , et tous ses votes étaient consciencieux. Dès les premiers jours de la Convention , il se prononça contre Marat et contre la commune de Paris, dont il signala les actes comme attentatoires aux droits, à la dignité de l'assemblée, et contraires aux intérêts et à l'honneur de la république. De concert avec Louvet, il prit hardiment l'initiative contre la dictature de Robespierre, n’hésita pas à voter la mise en accusation du ministre de la guerre, et dénonça comme coupables de marchés frauduleux Malus, d’Espagnac et Servan. Ce fut sur sa proposition que la Convention rendit, le 15 décembre, le décret qui fixa les attributions et les limites des pouvoirs des généraux en pays étranger. Il déchira le voile de popularité dont Dumouriez, couvrait sa déloyauté et ses projets contre-révolutionnaires, Le lendemain il appuya l'expulsion de tous les Bourbons, et l’ostracisme contre tous les chefs de parti dont l’influence compromettait la cause de la liberté. Juge de Louis XVI, il vota la peine de mort sans appel et sans sursis, demanda que Kersaint, démissionnaire, fit connaître les représentants qu’il accusait d’avoir provoqué les massacres de septembre. On le nomma, le 7 avril 1793, membre du premier comité de salut public. Il fallait plus que du courage pour oser à cette époque se prononcer contre la commune de Paris en faveur du parti de la Gironde. Cambon n’hésita pas à de- À mander l’ajournement d’une pétition qui avait pour objet la ; mise en accusation des députés girondins. Il fit ordonner, le 1°" août, la démolition des châteaux et fortifications de l'intérieur. Accusé par Robespierre, le 8 thermidor an u, il justifia ses actes relatifs aux finances, et accusa à son tour Robespierre de tyrannie et de despotisme. Le lendemain il se prononça avec la même énergie contre le nouveau dictateur. J\ continua depuis à diriger les finances ; mais, fidèle à ses serments et à son mandat, il fut en opposition constante avec les chefs de la réaction thermidorienne, et signala Tallien comme l’un des auteurs des journées de septembre. Après avoir soutenu encore quelque temps une lutte inégale, ses adversaires le firent comprendre dans la conspiration du 1° prairial, et mettre hors la loi sur la motion d'André Dumont. Mais la loi d’amnistie du 4 brumaire le rendit à la liberté.

Retiré à Montpellier, il fut élu membre de la municipalité et bientôt après commissaire du Directoire. Revenu à Paris en 1804, on lesollicita vivement de rentrer dans la carrière politique; il persista à rester dans la vie privée, 11 ne repas rut plus sur la scène qu'en 1815, pendant les Cent-Jours ÿ élu alors membre de la chambre des représentants , il s@ montra tel qu'il avait été à la Législative et à la Conventions

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