‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 190 sur 556 · CAMBRAI — CAMBRÉSIS · texte numérisé non relu

CAMBRAI — CAMBRÉSIS

Situé sur un terrain marécageux, Cambrai est exposé à des brouillards fréquents ; aussi les affections de poitrine y sont-elles communes. Un français vicié par une prononciation traînante est le langage du peuple à Cambrai. Les personnes de la classe aisée ont un accent qui, chez les femmes surtout, n’a rien de désagréable. Les habitants de: Cambrai n’ont pas encore à l'extérieur ce type flamand qui caractérise la population des environs de Lille et de Valenciennes; mais il n’en est pas ainsi du caractère moral : les Cambrésiens possèdent les qualités qui distinguent la race flamande : le sangfroïd , la bonhommie, l’esprit d'ordre et d'économie.

Il nous reste à dire un mot de la Ducasse, ou fête communale de Cambrai. Elle est placée au mois d’août et dure trois jours. Le dernier jour, six chars se promènent dans la ville. Sur le plus beau est une jeune fille représentant la Vierge : elle est entourée de compagnes vêtues en blanc, comme elle. Le cortége se compose d’hommes à cheval, représentant les Baudoin, les Philippe de Bourgogne, les Charles le Téméraire et leurs chevaliers.

Charles Du RozoIR.

En 1871, à la suite du combat du Catelet, une forte colonne prussienne s’approcha de Cambrai (20 janvier), et, sans sommations préalables, lança quelques obus sur la ville. Une vigoureuse démonstration des troupes françaises suffit à éloigner l’ennemi. -

CAMBRAI (Ligue de). Dès son avénement au trône , JulesIl, un des pontifes les plus ambitieux de l’Église romaine, forma le double projet d’agrandir la puissance temporelle du pape, et d’expulser les Français de l’Italie. Les Vénitiens, puissance alors considérable par ses richesses, s'étant refusés à lui remettre les villes de la Romagne usurpées par le pape Alexandre VI, et que Venise avait réunies à son domaine à la mort de ce pontife, et ayant également refusé d’entrer dans une ligue contre la France, à laquelle ils étaient alliés, avaient irrité Jules II. II résolut

de les punir et de faire servir leur abaissement à l’accom- «

plissement de ses projets. IL conçut à cet effet le plan d’une ligue des grandes puissances contre Venise, se réservant, lorsque les Vénitiens seraient obligés de se soumettre à lui, de diriger la ligue contre la France. Louis XI, qui régnait alors, ne.pouvait ignorer ni la haine du pape contre lui et la France, ni son désir de se débarrasser de leur voisinage. Mais, trahi par son ministre, le cardinal d'Amboise, que le désir d’arriver à la tiare liait aux intérêts de Rome, il se laissa persuader, et devint le plus ardent promoteur d’une coalition qui devait tourner contre lui, L'empereur Maximilien, toujours prêt à se vendre et à vendre ce qu’il pouvait prendre, y entra, pour arracher quelques dépouilles aux Vénitiens ; le roi d’Aragon et de Naples, Ferdinand, surnommé le Catholique, pour reprendre sans payer les villes qu’il avait engagées aux Vénitiens; le duc de Savoie et les petits princes d'Italie y accédèrent dans l'espoir d'y gagner quelque chose. Cette ligue est connue sous le nom de Cambrai, parce qu’elle fut signée dans cette ville, le 10 décembre 1508.

Vaincus par Louis XII à Agnadel, les Vénitiens se renfermèrent dans leurs lagunes, et de là, par d'adroites concessions, détachèrent de la ligue le pape d’abord, puis le roi d’Espagne, puis l’empereur. Le roi de France, resté

seul, fut réduit à combattre non plus seulement les Véni: |

tiens, mais encore ses anciens alliés.

G*! G, DE VAUDONCOURT. CAMBRAI ( Paix de). Voyez Dames (Paix des).

CAMBRÉSIS (Camerensis pagus). Ce pays, qui s& trouve aujourd'hui compris dans le département du Nord, faisait autrefois partie de la province de Flandre. 11 était borné au nord par le Hainaut, qui formait aussi sa limite orientale; à l’ouest, par l’Artois; au sud, par la Picardie: Son étendue en longueur ne dépassait pas 30 kilomètres ; s&

sé

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