‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 191 sur 556 · CAMBRÉSIS — CAMBRIDGE · texte numérisé non relu

CAMBRÉSIS — CAMBRIDGE

largeur, 50 ou 60 kilomètres; sa superficie était de 96,985 hectares. Cambrai en était la capitale; après cette ville nous citerons encore le Câteau-Cambrésis et Solesmes. Dans les anciens temps le Cambrésis parait avoir été beaucoup plus étendu qu’il ne le fut à des époques plus rapprochées de nous. 1 fit des pertes considérables lorsqu’en 1007 empereur Henri II donna le comté de Cambrai à l'évêque de cette ville; la faiblesse du pouvoir sacerdotal fut souvent contrainte de céder des portions de territoire aux puissants seigneurs qui lenvironnaient. Le Cambrésis, réuni à la France par Louis XIV, était un pays d'états : une assemblée provinciale, composée des députés du clergé, de lanoblesse et du tiers état réglait les affaires du pays, et votait librement les subsides demandés par le gouvernement : dans ce paysil y avait de nombreuses communautés ecclésiastiques. Le Cambrésis était jadis entouré de forteresses, qui le défendaient contre les incursions auxquelles la configuration du sol l’exposait sans cesse,

CAMBREUR, ouvrier corroyeur qui prépare les pièces dont se composent les tiges de bottes ordinaires, en leur faisant prendre la forme qu’elles doivent avoir pour s’adapter convenablement au talon, au cou-de-pied. Dans son travail, le cambreur, après l'avoir mouillée, applique la pièce de cuir sur une sorte d’embouchoir, et l'y fixe avec des clous de cordonnier en la tirant fortement avec des tenailles. La pièce étant sèche, elle conserve la forme qu’on lui a fait prenäre.

CAMBRIDGE , la seconde ville universitaire de PAngleterre et larivale d'Oxford, agréablement située et moins bruyante, est bâtie sur le Cam, qu’on y traverse sur un beau pont en fer, dans le comté de Cambridge, et compte (1871) 20,074 habitants, dont l’université constitue la principale ressource. Il n’existe presque pas d'industrie ni de manufactures à Cambridge, et les étudiants de l'université n’ont pas même la distraction du spectacle. Cette ville est le siége d’un évêché, et possède plusieurs belles places, dont la plus remarquable est la place du Marché, où se trouvent l'hôtel de ville et une belle fontaine. Les bâtiments de l’université, généralement de construction nouvelle et de bon goût, sont unis les uns aux autres par des jardins, et forment ainsi un tout. Ils sont au nombre de dix-sept, dont treize colléges et quatre halls, à savoir :

1° Le collége de Saint-Pierre, vieil édifice en briques, fondé en 1257 ; 2° celui de Clare-Hall, fondé en 1326 : détruit par un incendie, il fut d’abord rebâti en 1344, mais son complet achèvement ne date que de 1638; 3° le collége de Pembroke-Hall, fondé en 1343 par Marie, comtesse de

. Pembroke, mais considérablement accru par le roi Henri VI ; 4° le collége de Corpus-Christi ou Bennet-College, vieil édifice de style-gothique, fondé en 1344 : cette dernière dénomination provient de ce qu’il est à proximité d’une église placée jadis sous l’invocation de saint Benoît; 5° le collége de Gonville, fondé en 1348 par Edmond Gonville, qui lui donna son nom; on l'appelle aussi Collége Caïus, parce qu’il fut considérablement augmenté, sous le rapport des revenus et des édifices, par le docteur Jean Caïus, médecin de la reine Marie; 6° le collége de Trinity-Hall, fondé en 1350 , doit son existence aux libéralités de Henri Bateman, évêque de Norwich; 7° le collége du roi ( King’s-College), fondé en 1441, qu’on peut regarder comme la perle de l’université, est redevable de son origine au roi Henri VI; 8° le collége de la Reine ( Queen’s-College ), fondé en 1448, par la célèbre Marguerite d’Anjou, épouse de Henri IV; 9° le collége de Catharine-Hall, avec un portique de touteheauté, est redevable de sa fondation à Robert Woodlack, chancelier de l’université, fondation qui eut lieu en 1475; 10° le collége de Jésus, fondé en 1496 par Jean Alcock, évêque d'Ély ; 11° le collége du Christ, fondé en 1451 par Henri NI, reçut en 1505 le complément de sa dotation de Marguerite, comtesse de Richemond et de Derby; 12° le collége de Saint-Jean, fondé en 1509, ne fut ouvert qu’en 1516; il est

également redevable de sa dotation à Marguerite, comtesse de Richemond; 13° le collége de la Madeleine, fondé en 1542, doit son origine à Édouard Statford, duc de Buckingham; 14° le collége de la Trinité, fondé en 1546 par Henri VIIL (c’est le plus riche de tous); 15° le collége Emmanucl, fondé en 1584 par sir Walter-Wildmay ; 16° le cole lége Sidney-Sussex, fondé en 1598 par Françoise Sidney, comtesse de Sussex ; 17° le Downing-College, situé en avant de la ville, et servant uniquement aux étudiants en droit et en médecine. Fondé et doté successivement en 1717 et en 1800, l'ouverture n’en eut lieu qu’en 1821.

On trouve dans tous ces colléges les portraits de leurs fondateurs et des personnages éminents qui y reçurent leur éducation ; ils renférment chacun, indépendamment des Jogements nécessaires pour les élèves et pour les professeurs, une bibliothèque, une chapelle, un réfectoire et un jardin. Le sénat académique se compose de tous les docteurs et maîtres ès arts de l’université, laquelle, de même que la ville, envoie deux députés au parlement. Le nombre des étudiants varie ordinairement entre 1,500 et 2,000 ; mais une grande partie d’entre eux ne suivent pas les cours. La chapelle du collége du Roi, édifice gothique du meilleur goût, est le principal ornement de l’université. Il faut aussi mentionner tout particulièrement la bibliothèque, riche d’environ 170,000 volumes et de plus de 4,000 manuscrits, et qui contient, entre autres objets curieux, une statue antique de Cérès, apportée du temple d’Éleusis, le cippe de la tombe d’Euclide, le Bèze manuscrit, etc.; le Muséum Fitz-William, légué à l’université en 1816, et situé dans un édifice de style grec; l'observatoire, le jardin botanique et la maison du sénat.

L’université de Cambridge occupe un rang distingué dans l’histoire littéraire et scientifique de l'Angleterre. C’est là qu'étudia Newton, dont le Trinity-Hall possède la statue en marbre et quelques précieuses reliques ; c’est là aussi que professa Bentley. Consultez, À History of the University of Cambridge (2 vol. avec planches; Londres, 1815), et le Cambridge University Calender, qui paraît à Cambridge chaque année; Fuller, History of the University of Cambridge (nouv. édit., Londres, 1840).

Le comté de Cambridge, situé au nord-est de l’Angleterre, occupe une superficie de 818 milles carrés, peuplés de 186,363 âmes. Les trois quarts du sol consistent en terres labourables et en prairies; un district, appelé êle d’Ely, renferme des marais très-fertiles. On y élère en grand du bétail et des chevaux; mais l’industrie est à peu près nulle.

CAMBRIDCE, ville des États-Unis, fondée en 1638 dans le Massachusetts, sur les bords du Charles, communiquant par un pont en bois de 1,060 mètres de long avec Boston, situé en face , et par un autre pont avec Charlestown. Elle occupe une très-vaste surface, et est le siège d’une université, la plus ancienne qu’il y ait dans toute l’Union, et fondée dès l’année 1638 par Harvard, d’où on la nomme Harvard college. La population de la ville est de 20,000 habifants, et outre l’université on y trouve encore une école de médecine et un collége,

CAMBRIDGE (Anozpne-FRéDÉRiIc, duc DE), comte de Tipperary, baron de Culloden, feld-maréchal d'Angleterre, le plus jeune des fils de Georges II et frère de Georges IV et de Guillaume IV, né à Londres le 24 février 1774, reçut, dans sa jeunesse, une éducation toute militaire, et entra dès l’âge de seize ans dans l’armée avec le grade d’enseigne, Plus tard il alla suivre les cours de l’université de Gættingue, où il s’assimila complétement la langue et les mœurs de l'Allemagne. Après un hiver passé à la cour de Frédéric-Guillaume I, il retourna à Londres, en 1793. Le cabinet anglais se préparait alors à sa grande et terrible lutte contre la France. Les deux partis entre lesquels se divisait le parlement, celui de Pitt et celui de Fox, cherchèrent chacun à l’attirer à eux. Ce fut pour le second qu’il se décida, mais en secret, dans la crainte de blesser son père, dont il était le

favori. Toutefois, il paraît que plus tard les Réflexions de Burke produisirent sur lui un effet tel qu’il embrassa ouvertement le parti du gouvernement, et cessa complétement sa timide opposition. Il fit la campagne de 1793 dans les Pays-Bas, et fut fait prisonnier à la bataille de Hondscoote, mais bientôt après échangé.

En 1801 il alla à Berlin, dans l'espoir de déterminer les puissances du Nord à s'abstenir de faire occuper le Hanovre, mais ne réussit point dans cette négociation. En 1803 on jeta es yeux sur lui pour le placer à la tête des populations

mées du Hanovre; mais cette levée en masse produisit peu « résultats. Le duc de Cambridge n’échappa même à lanésssité d’une capitulation que parce que quelques jours ausaravant il avait cédé son commandement au général Walnoden. À son retour en Angleterre, il se prononça de la . nanière la plus énergique dans la chambre haute contre la irance et sa politique.

Quan d, en 1813, le prince régent reprit possession du Hasovre et l’érigea en royaume, le duc de Cambridge y fut euvoyé le 24 octobre 1816 en qualité de gouverneur général, et, à la suite des troubles qui éclatèrent à Gæœttingue en 1831, il fut nommé vice-roi de Hanovre. C’est sous son administration, en 1819, que fut régularisée provisoirement l’ancienne constitution d'états du pays, et qu’en 1833 la nouvelle loi fondamentale accordée à ses sujets par Guillaume IV fut introduite et mise à exécution. Par sa bonté, par sa libéralité et par son extrême équité, ce prince acquit l’attachement sincère de tous les Hanovriens. Lorsqu’en 1837, à la mort de Guillaume IV, le royaume de Hanovre échut au prince le plus âgé de la maison royale, Ernest-Auguste, le duc de Cambridge s’en retourna en Angleterre, où i ne s’occupa plus guère que de protéger les nombreuses institutions de bienfaisance dont il était président et qu'il avait aidé en grande partie à créer, par exemple, l’h6pital allemand de Londres, dont il fut l’un des plus zélés promoteurs. Il mourut les juillet 1850, après une longue maladie.

De son mariage avec la princesse Augusta de Hesse-Cassel, il laissait trois enfants : un fils, qui suit; et deux filles : Augusta, née en 1822, mariée en 1843 au grand-duc régnant de Mecklembourg; Marie, née en 1833, qui a épousé un prince de Teck.

CAMBRIDGE (GeroRGESs-FRÉDÉRIC-GUILLAUME-CHARLES, duc pe), fils du précédent, est né le 26 mars 1819, à Hanovre. Colonel d'infanterie à dix-huit ans et major-général à vingt-six aus, il venait d’être promu au grade de lieutenant-général lorsqu'il fut envoyé en Crimée; il y fit ses premières armes. A la tête d’une division d'élite, il se distingua par son sang-froid à la bataille de l’Alma; sa conduite fut héroïque à celle d’Inkermann, où laissé seul avec les gardes il opposa aux Russes une opiniâtre résistance; mais les terribles impressions de cette journée affectèrent tellement sa sensibilité qu’on craignit un moment pour sa raison. Ramené en Angleterre il se rétablit peu à peu, et en juillet 1854 il succéda à lord Hardinge dans la charge de général en chef de l'armée, Bien que sa position ait été attaquée plusieurs fois dans la Chambre des communes, il ne l’a pas moins conservée jusqu’à présent en y ajoutant même (depuis 1862) le titre de feld-maréchal. Le duc de Cambridge a du reste des opinions libérales; sa qualité de prince du sang lui fit accorder en 1850 une dotation annuelle de 12,000 liv. st. (300,000 fr.). Il ne s’est pas marié,

P. LouIsy.

CAMBRONNE (P1ERRE-JACQUES-ÉTIENNE , baron DE), né au bourg de Saint-Sébastien, près de Nantes, le 26 décembre 1770, s’engagea parmi les volontaires de la Loire- Inférieure, et fit ses premières armes contre les bandes vendéennes. Il gagna ses premiers grades sur le champ de bataille; plusieurs émigrés lui durent la vie à Quiberon. 1l passa ensuite dans l’armée commandée par Masséna, et se signala surtout à Zurich (1799) : capitaine, il fit, avec

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