‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 203 sur 556 · CAMOMILLE — CAMP · texte numérisé non relu

CAMOMILLE — CAMP

de signe de reconnaissance. Ils observaient entre eux une discipline rigoureuse. Tout acte de désobéissance, était puni du fouet, de la suspension d'emploi ou de l’exelusion ; la dénonciation, même de la part d’un membre exclu, était punie de mort. Les querelles entre associés étaient réglées par l'intervention des chefs; en certains cas difficiles on se battait au couteau.

Sous le règne de Ferdinand II la Camorra fut tolérée pour des raisons politiques. François II essaya de la détruire sans y parvenir, et s’en fit un auxdiaire pour la police secrète. Le gouvernement italien refusa de continuer ces errements, et depuis 1861 il poursuivit avec la dernière rigueur ces dangereux malfaiteurs. La plupart se dispersèrent et allèrent grossir les bandes de brigands; d’autres furent transportés. Consultez Monnier, a Camorra (Paris, 1863, in-18). P. Louisy.

CAMOUFLET, du latin calamo flatus: on a dit aussi autrefois chaumouflet. On entend au propre par ce mot de la fumée soufflée, au moyen d’un chalumeau ou d’un cornet de papier, dans les narines d’une personne qui sommeille , pour lui faire pièce et la réveiller désagréablement : c’est un tour de page ou d’écolier. En termes de guerre ou de mineur, c’est un jeu un peu plus sérieux : il s’entend du feu, ou plutôt de la fumée souterraine qu’on envoie à l’ennemi, dans les ouvrages avancés, afin de l’étouffer, de le suffoquer, de le forcer à déguerpir. Pour y réussir, le mineur, ou le contre-mineur, perce la terre avec sa farière, fait couler dans le trou une sarbacane ou canon de fusil, ouvert par les deux bouts, et dans l’intérieur duquel il a introduit une composition de soufre et de poudre; après quoi il y met le feu , et souffle la fumée dans la direction de son adversaire. C’est ce qu’on appelle donner un camouflet. On se sert par analogie de la même expression, dans le style familier, pour exprimer une injure, une mortification que l'on fait éprouver à quelqu'un.

CAMP, CAMPEMENT. Le lieu où une armée s'établit pour stationner un ou plusieurs jours s’appelle camp, de quelque manière qu’elle s’y établisse, dans des tentes ou des baraques, ou sur la terre nue; qu’elle s’y couvre de retranchements ou non. Ilen résulte qu’un camp n’est à proprement parler qu’une position militaire qu’une armée occupe plus ou moins longtemps. Un camp peut être destiné à différents objets ou opérations militaires, d’après lesquels doit être déterminée la position qu'il occupe. Il peut avoir pour but de couvrir un point important , un défilé, un passage de rivière, une place forte ; d'accorder quelque temps de repos à l’armée qui l'occupe ; d'attendre et de protéger l'arrivée d’un renfort, ou la formation de nouveaux magasins ; d'observer les mouvements de l'ennemi, afin de profiter des chances qu’ils offriraient, pour l’attaquer avecavantage, etc. L'ordre dans lequel les troupes doivent camper est déterminé par l’objet du campement; maïs il ne saurait y avoir que deux dispositions de campement : celle en ordre de marche et celle en ordre de bataille. La première peut être employée sans inconvénient dans les camps qui ne sont que des étapes de route, en marchant à l'ennemi, dans tous les camps passagers enfin, où l’on doit avoir la certitude de ne pas être attaqué ; car dès le moment où l’on peut craindre une attaque, il convient que les troupes, en prenant les armes , se trouvent dans la disposition où elles devront combattre. Le passage de l’ordre de marche à l’ordre de bataille est assez long pour ne devoir pas être exécuté devant l’ennemi. Cette seule observation prouve qu'il est bien peu de cas où il puisse être permis de camper en ordre de marche ; et encore quand on le pourrait, vaut-il mieux camper en ordre de bataille, et régler son ordre de marche de manière À ne pas être obligé, pour s'y soumettre, à des mouvements compliqués.

Un camp destiné à couvrir une place de guerre, un siége, ou à empêcher l'ennemi de s’avancer plus loin dans le pays,

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