CAMPANELLA -— CAMPANULE
moribus, politica œconomica, elc., Campanella a joint une sorte de roman utopique, dans le genre de ceux de Thomas Morus of d'Harrington : c’est sa Cité du soleil (Civitas solis). L'auteur y &ablit la communauté des femmes. Certains réformateurs contemporains, retrouvant un devancier dans Campanella, se sont attachés à chanter ses louanges. Voici comment s'exprime M. Pierre Leroux dans son Encyclopédie nouvelle : « Il suffit d'examiner les sujets des ouvrages de Campanella pour être frappé d’un tel ensemble et pour admirer l'ordonnance régulière et vaste d’une pareille œuvre... 11 est impossible de concevoir un ensemble plus grand, plus imposant, plus régulier. Voilà l'essai d’une philosophie complète, et cet essai est aussi remarquable par son unité que par sa profondeur. » Une traduction des Œuvres choisies de Campanella a paru en 1844 ; elle renferme une portion de ses poésies, la Cité du soleil et quelques lettres, le tout précédé d’une notice écrite par M°?* Louise Colet, Les Poesie filosofiche avaient déjà été recueillies par les soins d’Orelli (Lugano, 1834).
CAMPANELLE et CAMPANETTE, faits de campana, anciens noms botaniques français du liseron des haies et du liseron des champs, le Ziseé des troubadours. Le premier s’appliquait aussi aux cloches métalliques de petite dimension , ou clochettes, comme on le voit dans ces vers du P. Lemoine :
Le frein d’or sous ses dents d’écume dégouttoit, De campanelles d'or son poitrail éclatoit.
CAMPANIE, ancienne province d'Italie dont Capoue était le chef-lieu, et qui forme aujourd’hui la contrée désignée sous le nom de Terre de Labour ( Terra di lavoro). Elle avait pour limites au sud-est la Lucanie, au nord-est le pays des Samnites ou Samnium, au nord-ouest le Latium , au sud-ouest la mer Tyrrhénienne ; et, en raison de l'extrême fertilité de son sol ainsi que de la douceur de son climat, les Romains lui donnaient par excellence le surnom de regio felix. Une foule de beautés naturelles, telles que le cap Misène, le Vésuve, les champs Phlégréens, le fleuve Vulturnus, le lac d’Averne et celui de Lucrin, donnaient à cette contrée un charme tout particulier. Les souvenirs historiques les plus importants se rattachent en outre aux villes de Baïes, Cumes, Misène, Linternum, Puteoli, Naples, Herculanum, Pompei, Caprée, Salerne et Capoue. Paolini a réuni et décrit les principaux monuments qu'on y trouve, dans ses HMemiore sui Monumenti di Antichita in Miseno, Baoli etc. (Naples, 1812).
CAMPANIFORME (de campana, cloche, et de forma, forme, figure), nom donné par Tournefort à une classe de fleurs simples, monopétales, régulières, dont toutes les parties de la corolle sont coupées uniformément et placées à égale distance d’un centre commun, de manière qu'’eiles affectent une figure symétrique et régulière dans leur contour, imitant une cloche (voyez CAMPANULACÉES et CamPANuLE), et qu’on a conservé comme épithète aux calices et aux corolles de ces fleurs.
CAMPANILE. Ce mot,-que quelques dictionnaires font du genre féminin et écrivent avec deux Z (campañille) à été transporté de l'italien en français, et s'emploie comine synonyme de four ou clocher, quoique ces constructions diffèrent assez sensiblement entre elles : « Parmi les constructions appropriées à l’usage des cloches, il en est, dit Quatremère de Quincy, de forme entièrement pyramidale, qui s'élèvent au-dessus du comble des églises, principalement des églises gothiques ; c’est ce que l’on nomme le plus souvent clocher ou flèc he. Il en est d’autres qui font partie des façades des églises, et qui se trouvent ordinaïirement au nombre de deux ; c’est ce que nous nommons fours; elles sont destinées au support des grosses cloches ou bourdons et à la décoration des façades. 11 y en à une troisième espèce, en forme de tour ronde ou carrée,
qu'on bâtit tout près des églises, mais dont elles ne font point partie; on les voit surtout en Italie, où cet usage est général, et on les y appelle du nom générique campanile, »
Parmi les monuments qui portent ce nom il faut citer le campanile de Pise, connu également sous le nom de campanile storto ou torre pendente; le campanile de Ra-
‘venne, celui de Padoue, celui de Sainte Agnès à Mantoue; le campanile de Crémone, celui de Florence, et enfin le campanile de Bologne, nommé aussi tour de Garifendi.
CAMPANULACÉES, famille de plantes dicotylédones, monopétales, à étamines périgynes, ainsi nommées de la ressemblance de leur corolle avec une petite cloche (campana) : on en connatt, dit M. de Mirbel, jusqu’à cent soixante-quatorze espèces, dont le genre campanule, qui est le plus nombreux, réclame cent dix pour sa part. La plus grande partie de ces espèces sont des herbes annuelles, bisannuelles, ou vivaces par leurs racines; mais cette famille compte aussi quelques arbustes ou arbrisseaux, entre autres le campanula aurea de Linné (campanule dorée) et le ceratostema du Pérou; et un seul arbre, le forgesia, de l’île de la Réunion. Les feuilles des campanulacées sont souvent dentelées , quelquefois découpées plus profondément et presque toujours alternes, c’est à dire attachées une à une en échelons autour de la tige. Ses fleurs, qui naissent ordinairement dans laisselle des feuilles et se font remarquer par leur forme élégante, leurs couleurs agréables, et quelquefois aussi par leur grandeur, sont disposées en épis, en grappes, en thyrses, en capitules, en calathides ; ou bien sont solitaires dans l’aisselle des feuilles ou dans les bifurcations des rameaux. Plusieurs d’entre elles. jouissent de propriétés médicinales, mais peu prononcées; quelques espèces, par exemple, prises à grande dose, sont émétiques. Elles renferment en général un suc propre, laiteux, analogue à celui des chicoracées, mais plus doux et moins amer. Toutefois, disons avec M. de Mirbel que cette famille doit être considérée comme suspecte, et qu’elle recèle souvent des propriétés vénéneuses. Plusieurs plantes qui lui appartiennent, telles que la raiponce (campanula rapunculus), servent, il est vrai, quelquefois d’aliment ; mais ce n’est que dans leur jeunesse, parce qu’alors le mucilage l'emporte chez elles sur les sucs propres ; plus tard, l’action de l’air et de la lumière sur la végétation, produisant un effet inverse, ne peut que contribuer à leur donner des qualités au moins nuisibles.
CAMPANULAIRE, genre de polypes de la famille des sertulariées, ainsi caractérisés par de Blainville : animaux hydriformes, pourvus d’une couronne simple de tentacules ciliés, contenus dans des cellules urcéolées, c’est-àdire en forme de cloche, pédicellées, attachées le long d’un arc commun filiforme, rameux. Les espèces connues sont divisées par ce zoologiste en deux groupes, selon que la tige simple qui porte les individus est ou n’est pas volubile.