L. LAURENT
CAMPANULE, genre de plante appartenant à la pentandrie monogsynie de Linné, à la famille des campanulacées.de Jussieu , et qui se distingue facilement par son calice monophylle, à cinq divisions, dont les sinus sont quelquefois très-dilatés et réfléchis; par sa corolle, en forme de cloche et à cinq lobes; par ses étamines, dont les anthères, longues et droites, sont posées sur des filets tellement larges à leur base qu’ils recouvrent le sommet de l'ovaire; par son stigmate, divisé en trois ou cinq lobes; enfin, par son fruit, qui consiste en une capsule à trois ou cinq loges, dont chacune correspond à un lobe stigmatique, et s'ouvre par un trou à la maturité. Les campanules sont des plantes herbacées , ou très-rarement de petits arbrisseaux , qui ont des fleurs munies de bractées et disposées en épis ou en panicules, ou bien solitaires dans les aisselles des feuilles. Parmi les espèces de ce genre qui servent quelquefois d’a-
liment,'nous citerons la rai ponce,et parmi celles qui contribuent vers la fin de l'été à l'ornement de nos jardins, le carillon, la gantelée ou gant de Notre-Dame, et plus particulièrement la campanule à feuilles de pécher et la campanule pyramidale.
La campanule à feuilles de pêcher (campanula persicifolia, Linné) que l’on trouve communément dans nos bois-taillis, a une tige grêle, droite , lisse, haute de 60 à 95 centimètres, terminée par un épi de grandes fleurs bleues ou blanches, qui doublent aisément; les feuilles n'ont pas de pétiole; celles de la base sont ovales oblongues; celles de la tige sont étroites, allongées, en fer de lance et dentelées; il y a trois lobes au stigmate et trois loges à la capsule.
La campanule pyramidale (campanula pyramidalis, Linné) est une herbe bisannuelle, qui croît naturellement dans la Carniole et la Savoie. Sa tige, droite, simple, élevée, porte à son sommet de grandes et belles fleurs bleues ou blanches, disposées en thyrses pyramidaux ; ses feuilles, lisses et dentelées, sont en cœur à la base de la tige, et ovales allongées à sa partie supérieure; le stigmate est à trois lobes , la capsule à trois loges.
Parmi les espèces ligneuses, nous n’indiquerons ici que la plus jolie, la campanule dorée (campanula aurea, Linné), arbuste toujours vert, qui croît spontanément à Madère, et que l’on cultive en Europe dans les jardins, mais que l’on est obligé de tenir dans l’orangerie durant l'hiver. Les tiges sont épaisses et rameuses, les feuilles larges, ovales, dentelées, lisses; les fleurs en panicules pyramidales, le calice et la corolle jaunes, le stigmate à cinq lobes, la capsule à cinq loges. DÉMEZIL.
CAMPBELL (Tuowas), poète Anglais, né le 27 juillet 1777, à Glasgow , suivit dès l’âge de treize ans les cours de l’université de sa ville natale, où il remporta plusieurs prix. Après avoir terminé ses études en 1795 , il alla vivre quelque temps dans le comté d’Argyle , berceau de sa famille et de tout le clan des Campbells. La nature sau- ‘ vage et romantique de cette contrée frappa vivement son imagination. Quelques petits poèmes qu'il y composa obtinrent du succès dans les cercles littéraires, et furent cause que, renonçant à la carrière de la jurisprudence , qu’il avait embrasse, il se rendit à Edimbourg, où il fit la connaissance de Stewart, de Jeffrey, de Brougham, etc.
Au printemps de 1799 il publia son poëme {he Pleasures of Hope (les Plaisirs de l Espérance), qui fut accueilli avec le plus vif empressement par le public, et obtint les honneurs de quatre éditions en une seule année, Peu de temps après il entreprit un voyage en Allemagne, où il agrandit à Gœttingue le cercle de ses connaissance en littérature grecque, sous la direction de Heyne, et où plus tard il fut témoin oculaire de la bataille de Hohenlinden (1800), qu’il à immortalisée par une élégie. En 1801 il revint à Édimbourg par Hambourg, et, après s'être marié, s’établit à Sydenham, près de Londres, où il commença une série de travaux littéraires destinés principalement à l'Encyclopédie d’Édimbourg. Ses Annals of Great Britain from the accession of George III to the peace of Amiens (Londres, 1808) ne sont pas une compilation sans mérite. Lorsqu’en 1806 les whigs arrivèrent au pouvoir, Campbell, attaché à ce parti, obtint une pension, Mais, après la publication de sa Gertrude de Wyoming (Londres, 1809) il sembla que sa verve poétique fût épuisée, et dès lors il se consacra de préférence à la prose, Ce qu’il a écrit depuis en vers, par exemple son poëme narratif Theodoric (Londres, 1824 ), n’a plus qu'un mérite tout-à-fait secondaire.
Les meilleures productions de cette période de sa vie sont consignées dans le New Monthly Magazine, revue qu’il fonda en 1821, et qu'il continua de diriger pendant dix ans. En 1818 il avait fait un second voyage en Allemagne, où il s'était lié avec Arndt. À son retour 1l publia ses Specimens of Bristish Poetry (7 vol. Londres, 1819-1891 s 2° édit,