CAMPANULE — CAMPBELL
en un vol., 1841) avec des annotations critiques et biogra-
graphiques. Cet ouvrage peut à bon droit être considéré comme le meilleur manuel de poésie anglaïse. En {890 il
fit à la Surrey Institution un cours de poésie qui attira un grand nombre d'auditeurs, et figura parmi les promoteurs les plus actifs de la création de l’Université de Londres, pour l’organisation de laquelle, en 1825, il conçut un’plan nouveau. L'université de sa ville natale l’élut aussi en 1827 pour son lord recteur, élection renouvelée à deux reprises les années suivantes. Une excursion qu'il fit à Alger lui fournit les matériaux de descriptions extrémement attachantes, qui parurent dans le Metropolitan Magazine, autre revue mensuelle fondée en 1831 sous sa direction. Il fut moins heureux comme biographe. Sa Vie de Mistress Siddons (2 vol. Londres, 1537) est une œuvre pâle et faible; et dans sa Vie de Pétrarque (2. vol. Londres, 1841; 2° édit., 1843) il a traité un sujet éminemment inspirateur avec peu de sympathie poétique,
Jusqu'au dernier instant de sa vieil ne cessa de prendre le plus vif intérêt aux affaires de la politique. Il témoigna surtout de la plus ardente sympathie pour la cause de la Pologne, qu'il avait célébrée dans le premier ouvrage sorti de sa plume : et il fit partie de la société littéraire po- "onaise fondée à Londres. Son dernier poëême a pour titre : the Pilgrim of Glencoe (Londres, 1842 ). Il est mort à Boulogne, après une longue maladie, le 15 juin 1844. On a déposé sa dépouille mortelle dans la partie de l’abbaye de Westminster qu’on désigne ordinairement sous le nom poels corner (le coin des poëtes), près de celles de Chaucer, de Spenser, de Ben Jonson, de Dryden et d’autres illustrations du Parnasse anglais.
[Campbell a été bien certainement un des poëtes anglais les plus remarquables du dix-neuvième siècle. Le caractère de son talent n’est ni la verve, ni l'éclat, ni la féconde originalité, mais une fermeté concise, lucide et pour ainsi dire transparente, un mélange de finesse et de vigueur qui isole parmi les auteurs contemporains. Sa veine peu fertile, la précision quelquefois maniérée de sa diction , l'affectation de laconisme qu’on lui reproche, trouvent leur compensation dans cette pureté et cette perfection de travail qui classent quelques-uns de ses poëmes parmi les chefs-d'œuvre. Il procède de Gray et de Cowley plus que de tout autre poète. Dès l’âge de vingt-ans il publiait un poëme didactique, espèce d’annèau et de compromis entre l’école de Pope, déjà passée de mode, et celle des nouveaux poëtes passionnés qui commençaient à poindre à l'horizon, Les Plaisirs de l’Espérance succédaïent aux Plaisirs de l'Imagination, par Akenside, aux Triomphes du Caractère, par Hayley, et coïncidaient avec Les Plaisirs de la Mémoire, par Rogers : c'était une école moraliste’et froide, compassée et triste, nécessairement étrangère ou hostile à la vigueur comme à la nouveauté de l'inspiration. Adoptée par les génies timides ou prudents qui ne voulaient pas se brouiller avec l’école ancienne, elle dut néanmoins à Rogers et à Campbell des accents heureux, pleins de sensibilité et quelquefois d'énergie. Encouragé par le brillant accueil que lui faisaient à la fois les représentants du passé et ceux de l’avenir, il chercha une voie plus libre et plus convenable à l'originalité de son talent. C'était Ja grande époque du combat à mort entre Napoléon et l'Angleterre. Campbell eut la gloire de chanter les diverses phases de cette lutte redoutable; les contemporains ont été vivement émus de ces petites pièces assez courtes, œuvres vraiment lyriques , à la fois odes antiques et chansons populaires, qui assurent à Campbell dans son pays une situation analogue à celle de Béranger parmi nous. Devenu le poëte national, et assuré d’une pension sur l'État, il vécut dans la retraite, occupé de travaux littéraires, L'avenir rabattra quelque chose de l’adoration dont la vie du poëte fut environnée, Pour l'originalité, la grandeur et l'ivspiration, Campbell ne sera guère