‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 22 sur 556 · BUCHEZ — BUCHNER · texte numérisé non relu

BUCHEZ — BUCHNER

ponte en faveur de La Pologne amena l’envahissement |

u local même de l'Assemblée par douze on quinze cents individus, ayant à leur tête Huber, Blanqui, Raspail et

autres chefs de parti, Il s’ensuivit une scène de confusion |

que jamais peintre ne pourra reproduire, qui sè prolongea pendant plus de trois heures, au milieu de cris, de clameurs et de vociféralions, dont aucune langue humaine ne saurait donner une idée, En cette occurrence le président Bu- Chez trahit une couardise qui alla jusqu'à la niaiserie, Au lieu d’user de son pouvoir pour faire battre le rappel, réupir la garde nationale et essayer de faire évacuer l'assemblée par les émeutiers, il entreprit de parlementer avec eux, puis, dit-on, il finit par les supplier de le mettre à porte. Huber, au nom du peuple souverain, put proclamer à trois reprises la dissolution de l’Assemblée nationale; Barbès, toujours au nom du même peuple souverain, décréter qu'un milliard serait prélevé sur les riches pour étre distribué aux ciloyens nécessileux; Raspail et Blanqui, à leur tour, purent donner lecture à la tribune d'adresses rédigées dans le style le plus ardent. M. Buchez, persévérant dans son inqualifiable abstention, refusa constamment de se rendre

aux instances de ceux de ses collègues qui le suppliaient

de faire battre le rappel, et insista, au contraire, avec une nouvelle force auprès d'Huber pour que celui-ci Le fit mettre à La porte. La dissolution de l’Assemblée ayant été prononcée pour la troisième fois, les envahisseurs intimèrent aux représentants du peuple, désormais sans mandat, l'ordre d’avoir à évacuer immédiatement le local de leurs séances; et c’est à ce moment seulement que la foule entr'ouvrit ses rangs pressés pour laisser passer le président Buchez, qu'on avait enfin saisi par les épaules, et qui fut ainsi poussé par derrière jusqu’à la rue. On trouvera à l’article 15 mai 1848 (Journée du) le récit complet de cet étrange drame révolutionnaire, et du procès auquel il donna lieu devant une haute cour nationale.

D'un bout de la France à l’autre, il n’y eut qu'un eri contre cet audacieux attentat commis par une poignée d’agitateurs à la tête de quelques centaines de gens sans aveu, ut contre l’inconcevable tolérance qu’ils avaient rencontrée de la part du président de l’Assemblée nationale. La presse de tous les partis se rendit l'interprète de l’opinion en fiétrissant avec énergie l’absence totale de courage et de décision dont avait fait preuve M. Buchez. On rapprocha naturellement sa conduite de celle qu'avait tenue Boissy d’Anglas à la terrible journée du {er prairial au III, en présence de dangers bien autrement imminents; et le parallèle acheva de couvrir de honte et de confusion l’auteur de l'Histoire parlementaire de la Révolution, qui avait eu pourtant un si noble exemple sous les yeux. En ne le réélisant plus aux fonctions présidentielles, l’Assemblée donna bien à comprendre qu’elle ne croyait pas au courage civil de celui à qui, sur la foi des hommes du Na/ional, elle avait une première fois conféré l’insigne honneur de la présider; et en ne lui continuant pas leur mandat à la Législative les électeurs prouvèrent qu’ils avaient porté sur sa conduite le même jugement que l’Assemblée.

Depuis le 15 mai 1848 M. Buchez a eu le bon esprit de se condamner à l'obscurité; et c’est bien malgré lui sans doute qu'il lui a fallu à deux reprises, d’abord à Bourges, puis à Versailles, venir témoigner au sujet des faits se raltachant à l’attentat du 15 mai. Ses dépositions ont d’ailleurs confirmé de tous points l’idée qu’on s'était aussilôt faile du rôle joué par lui dans cette circonstance, et plus d'une fois elles provoquèrent même de brayantes marques d’hilarité dans l'auditoire. Jamais, non plus, on ne le vit prendre la parole dans Les discussions de la Constituante, et son activité législative se borna dès lors à des votes silencieux.

Rendu à ses premières études, M. Buchez reprit lexercice de la médecine et publia quelques articles dans le Journal des sciences médicales, Après le coup d'État du 2 dé-

cembre il ne fut ni poursuivi ni même inquiété pour ses opinions républicaines dont il faisait au reste peu d’étalage, En 1859 il publia sous le titre d'Histoire de la formation de la nationalilé française (2 vol. in-16) un ouvrage plein de vues neuves et particulières, et qui passa inaperçu, Sans fortune il vivait d'une modique rente que lui servait la famille d’un ami qui l'avait chargé de la tutelle de ses enfants, Buchez venait de parcourir l'Auvergne dans un voyage d'agrément lorsque la mort le surprit, le 11 août 1865, à Rodez.

Il laissait alors en manuscrit un Traité de politique et de science sociale, qui a vu le jour en 1866 par les soins de MM. Ott et Cerise, ses amis; il y reprend et développe sa thèse favorite du progrès, qui doit transformer la sociélé de fond en comble.

BUCHHOLZ (Pauz-Fenninann-Feénéric), laborieux écrivain français, naquit le 5 février 1768, à Altruppin, et mourut à Berlin, le 24 février 1843. Après avoir terminé ses études classiques, il se rendit à l’université de Halle, où son intention était d’abord d'étudier la théologie; mais il s’y sentit bientôt entraîné vers la philologie, et se mit à éludier les littératures anglaise, française etitalienne. A l’âge dedixneuf ans il retourna dans sa patrie, et fut nommé professeur à l’Académie noble de Brandebourg. Il consacra plus de dix ans de sa vie à l'instruction publique, puis renonça à cette carrière, et vint à Berlin, où le besoin de vivre fit de lui un écrivain. Le premier résultat de l'étude approfondie qu'il fit de la révolution française fut son Exposition d’une nouvelle Loi de gravitation pour le monde moral (Berlin, 1802), idée qu'il a essayé de développer dans une série d’ouvrages intitulés : Le nouveau Levialhan (Berlin, 1805); Rome et Londres (Tubingue, 1808), et Tableau de l’état et de la société en Prusse jusqu’en 1806 (2 vol., Berlin, 1808). Ces diverses productions, si elles ne sont pas complétement à l’abri de la critique, prouvent du moins que l'auteur a fait des efforts consciencieux pour approfondir les phénomènes du monde visible, et en rapporter les causes à une seule et même loi. Parmi ses autres écrits, non moins nombreux que différents les uns des autres, nous ne citerons que son Annuaire historique, ou Histoire des États européens depuis La paix de Vienne (22 vol., Berlin, 1814- 1837); son Journal pour l'Allemagne (Berlin, 1815-1819), continué sous le titre de Nouveau Journal mensuel pour l'Allemagne (48 vol., Berlin, 1820-1835), ses Recherches philosophiques sur l'Histoire romaine (3 vol.; Berlin, 1819), ses Recherches philosophiques sur le moyen âge

® (Berlin, 1819), et une Histoire de Napoléon Bonaparte

(3 vol.; Berlin, 1827-1830),

BUCHNER (Fnépéric-CnarLes-CanÉriEN-Louis), philosophe allemand, est né le 29 mars 1824, à Darmsladt. Fils d’un médecin distingué, il embrassa la même carrière pour satisfaire au vœu de sa famille, et prit à Giessen son diplôme de docteur, Après avoir fréquenté quelque temps l'université de Wurtzbourg, où l'enseignement de Virchow eut une grande influence sur la direction desesidées, et celle de Vienne, il exerça son art à Darmstadt, puis s'établit à Tubingue, et y ouvrit un cours particulier, C’est alors qu'il publia son fameux livre intitulé Force et malière (Kraft und Soft; Francfort, 1855, in-18), et qui, grâce à de nombreuses réimpressions et traductions, eut un retentissement immense. « M. Büchner, dit un écrivain, y exposait les principes d’une philosophie générale en harmonie avec les découvertes modernes des sciences naturelles; il y soulenait l’éternité de la matière, l’immortalité de la force, la simuliantité universelle de la lumière et de la vie, linfinitude des formes de l'être dans le temps et l’espace. « Notre œil étonné, dit-il, ne peut, partout où il se tourne, rencontrer que des éternités. » Ces doctrines, qui rappelaient avec plus de hardiesse encore le malérialisme des physio logistes du dix-huitième siècle, et qu'on peut regarder

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