‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 224 sur 556 · CAMPHRE -— CAMPINE · texte numérisé non relu

CAMPHRE -— CAMPINE

à Bernardino Campi, dont nous parlerons plus loin. Antonio prit les leçons de son frère Giulio pour la peinture et l'architecture. La sacristie de Saint-Pierre est de lui. JH fut en outre sculpteur, graveur, et même l'historien de sa ville natale, dont, en 1585, il publia la chronique ornée d’un grand nombre de gravures. Comme peintre il prit surtout Le Corrége pour modèle; et il semble que son frère Vincenzio l'ait eu pour guide plutôt que leur frère aîné Giulio, Vincenzio réussissait mieux dans les petites figures que dans les grandes. On estime aussi ses portraits et ses fruits, sujet qu’il reproduisait avec une remarquable vérité. 11 y a de lui à Cremone quatre Descentes de croix, dont la plus remarquable est celle de la cathédrale. II mourut en 1591. Son frère Antonio vivait encore alors, et fut créé chevalier.

Bernardino Cawri, né en 1522, mort en 1590, de la même famille que les précédents, est demeuré le maître le plus important de l’école à laquelle ils ont donné leur nom, et il est à ses parents ce qu’Annibale est aux Carraches. Initié d’abord aux principes de Part par laîné des Campi, il ne tarda pas à dépasser son maître, dont il avait adopté l’éclectisme. Plus tard il prit successivement pour modèles Jules Romain, Le Titien et Le Corrége, mais surtout Raphael. Toutefois, il savait imiter sans copier. A Milan, et surtout à Cremone, il existe un grand nombre de tableaux de lui. Son meilleur et son plus grand ouvrage est resté la coupole du chœur de l’église San-Gismondo, dans la seconde de ces villes. Bernardino Campi faisait aussi le portrait d’une manière très-remarquable, et on a de lui quelques assez bonnes eaux-forles. Sofonisba Anguisciola, dont les portraits sont si célèbres, avait été son élève. Bernardino Campi publia en 1584 un livre intitulé Para sulla Pittura. Notre Musée du Louvre possède de lui Za Mère de Pitié.

CAMPINE, en flamand Kempene, contrée de Belgique, dans les provinces de Liége et de Brabant. Cette contrée, renommée pour ses pâturages, où l’on élève les chevaux, les bœufs, les moutons les plus beaux du royaume, forme un plateau peu élevé sur la limite des deux bassins de l’'Escaut et de la Meuse, et comprend les territoires de Turnhout, Herenthals, Gheel, Hoogstraeten , Moll, Postel, Heyst-opden-Berg, Meerhout, Wortel, Merxplas, Ryckevorsel, Herck, Beringen, Peer, Hamont, etc. La première colonie agricole que la Belgique forma, à limitation de Ja Hollande, eut pour théâtre les landes de la Campine, dans la commune de Wortel, contrée saine et agréable. Ces landes incultes furent bientôt arrachées à leur antique stérilité; des bas-fonds se comblèrent, des routes s’ouvrirent. En 1830 il y avait là quantité de maisons bien bâties, bien entretenues, parfaitement saines , entourées de champs de seigle, de pommes deterre, de maïs, ete.; cent vingt-cinq fermes, cinq maisons de surveillants, une pour le directeur, une filature, an magasin et une école. Tout près, dans les communes de Ryckevorsel et de Merxplas, fonctionnait une colonie de répression de mille mendiants valides, transformés en agriculteurs. Dans le bâtiment, qui est immense, régnaient le plus grand ordre, la plus délicate propreté ; aucune règle hygiénique n’était négligée; les colons, bien soignés, bien nourris , étaient forts et contents. Il y avait là une école, une infirmerie , un magasin, une filature, un atelier de tissage et deux boutiques où l’on débitait du beurre, du café et du tabac.

A 12 kilomètres de Wortel, près de la route d'Anvers, il existe une colonie agricole de trappistes émigrés de France en 1792. À Gheel, bourg de 6,500 âmes, à 20 kilomètres de Turnhout, des aliénés sont placés chez les cultivateurs, qui les occupent dans les champs; ce grand air, cette liberté, cette vie paisible rendent la raison à beaucoup de ces infortunés. Bruxelles, Anvers et d’autres villes y envoient les leurs. Ils ont généralement lair satisfait et vivent avec leurs hôtes comme en famille. 11 n’y a pas d'exemple qu'un aliéné se soit livré à des excès.

Les colonies agricoles de la Campine étaient toutes floris-

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