CAMPS DE CÉSAR — CAMUSAT
la cour de Rome; il était janséniste de cœur, et joignait à son enthousiasme politique une piété sévère, assez rare à cette époque. Ce fut lui qui contribua le plus à la réunion du comtat Venaissin, et qui fit enlever au pape les annates et les autres avantages pécuniaires qu'il avait en France,
Les travaux de l’Assemblée constituante terminés, il se renferma dans les devoirs de Ja place d’archiviste, à laquelle il avait été nommé , et rendit un service important aux lettres en prévenant la dilapidation des papiers et des livres des « corporationssupprimées. Député du département de la Haute- Loire à la Convention, et plus tard membre du comité de salut public, il montra dans ces fonctions une grande rigidité de principes. Absent pendant le procès de Louis XVI, il écrivit pour voter la mort du roi. En 1793, faisant partie de la commission envoyée par le gouvernement central pour surveiller les généraux suspects , il fut arrêté par Dumouriez avec ses collègues, et détenu pendant deux ans dans différentes prisons de l’Autriche. C’est alors qu’il traduisit le Manuel d’Épictète. On sait que les cinq commissaires furent échangés plus tard contre la fille de Louis XVI, depnis duchesse d'Angoulême. Rentré en France en 1795, Camus fut nommé membre du Conseil des Cinq-Cents, et élu président de cette assemblée. 11 en sortit deux ans après , et se livra depuis, comme membre de l’Institut et comme archiviste national, à des travaux littéraires jusqu’à sa mort, arrivée le 2 novembre 1804. On a reproché à Camus la roideur de son Caractère; mais ce défaut, si c’en était un dans les circonstances où il se trouvait, était racheté par une probité et une activité dignes des plus grands éloges.
Outre la traduction des deux ouvrages mentionnés ci-dessus et plusieurs traités curieux, insérés en grande partie dans les Mémoires de l’Institut, on lui doit un Code matrimonial, publié en 1770, in-4° , et des Lettres sur la profession d’avocat, avec une bibliothèque choisie de livres de droit. Ce dernier ouvrage est le plus beau titre de Camus à une réputation durable et depuis 1772, qu'il a paru pour la première fois, il peut-être regardé comme le manuel le mieux écrit et le plus utile de l'avocat et de ceux qui étudient le droit. La Bibliothèque est une espèce d'histoire littéraire de la jurisprudence, et elle est indispensable surtout pour les livres de droit français. Camus fut à peu près le premier en France qui entra dans cette voie. En Allemagne, le mérite de son ouvrage resta assez longtemps ignoré, et c’est principalement au jurisconsulte Hugo que l’on doit d’avoir fixé sur lui l'attention de ses compatriotes, Depuis, les bibliographes allemands s’en sont beaucoup servis. M. Dupin aîné en a donné de nouvelles éditions, considérablement augmen- … tées. Munrz.
CAMUSAT (Jean), célèbre imprimeur libraire sous Lous XUI, avait pris pour devise la Toison d’Or, avec ces mots : Tegit, et quos tangit inaurat. Un auteur était presque sûr de la faveur publique lorsque Camusat se chargeait de son manuscrit. Ne publiant que de bons ouvrages , il fut choisi par l’Académie Française pour son libraire, lors de sa première organisation, en mai 1634; en celte qualité, il était tenu d'assister aux séances et d'y remplir les fonctions d’huissier. Plusieurs fois l’Académie se réunit chez lui avant d’être admise au Louvre. Plusieurs fois il fut chargé de faire pour elle des compliments ou des remerciments, et s’en acquitta fort bien. 11 mourut en 1639, après avoir fait paraître un ouvrage de sa composition intitulé : Négociations et traité de paix de Cateau-Cambrésis, ete., in-4°, J1 fut arrêté qu'on lui ferait un service funèbre , au nom de l’Académie, qui y assista en corps. Le cardinal da Richelieu ayant fait demander sa place pour le libraire Cramoisy, l'Académie, résistant à la volonté de son protecteur, nomma la veuve Camusat, qui fut représentée par son parent Duchesne, docteur en médecine. Ce dernier prèta serment pour elle, et « fut exhorté, dit Pellisson, d'imiter les soins, la discrétion et la diligence du défunt »,