‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 233 sur 556 · CANADA — CANAILLE · texte numérisé non relu

CANADA — CANAILLE

tère appuya ce projet de confédération du Canada, qui fut

enfin approuvé par un acte du parlement en date du 29 mars 1867, acte sanctionné le 1e juillet suivant. En vertu de cette constitution nonvelle qui abrogeait celle de 1840, le Canada recevait le nom d'État du Canada (Dominion of Canada); le pouvoir exécutif appartenait au gouverneur général, nommé par le souverain de la Grande-Bretagne, et

à un conseil privé ; et le pouvoir législatif à un parlement, composé d’un sénat et d’une chambre des communes. Le nouvel État comprend dans un lien fédératif les provinces

d'Ontario et de Québec (Haut et Bas-Canada), ainsi que les

colonies de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick, de

Manitoba et de la Colombie anglaise. Des réserves ont été

faites pour l'admission future de Terre-Neuve et de l'ile du

Prince-Édouard. Les membres du sénat sont nommés à vie

par le gouverneur général ; il y en a 75. Chacun d’eux doit être âgé de trente ans, né ou naturalisé anglais, et propriétaire, en biens meubles ou immeubles, d'une valeur de

4,000 dollars (21,000 fr.). La chambre basse est élue direc-

(ement, pour cinq ans, et sur le pied d’un député par

17,000 habitants; elle comptait, en 1873, 200 membres, à

savoir Ontario, 92 ; Québec, 65 ; Nouvelle-Écosse, 18 ; Nou-

veau-Brunswick, 4; Manitoba, 5; Colombie, 6. Tout habi-

tant âgé de 21 ans ést électeur ; mais ilest astreint à payer un cens, dont lé chiffre varie suivant les différentes provinces.

Outré le parlement central, chacune des provinces confé-

déréés possède un parlemént séparé, une administration localeet un lieutenant-gouverneur comme chef de l'autorité exécutive. La capitale de Ia confédération est Ottawa. Tel

qu’il est constitué, le Canada forrne un État à peu près in-

dépendant, en possession de ses chambres, de ses budgets

et de son armée,

Consultez le P. de Charlevoix, Histoire et description de la Nouvelle-France (3 vol., Paris, 1744) ; Mac Gregor, British America (2 vol., Londres, 1832); Isidore Lebrun, Tableau statistique et politique des deux Canadas (2 vol., Paris, 1833); Muray, An historical and descriptive Account of British America (3 vol., Édimbourg, 1839); abbé Faillon, Histoire de la colonie française au Canada (Montréal, 1865, 2 vol. in-fol.); A. Monro, History, . geography and statistics of British North America (ibid., à 1864, in-12); Ch. Marshall, The Canadian dominion (Londres, 1871, in-8°). P. Louisy.

CANADA (Ténèbres du) Voyez. BRUME.

CANAILLE, (mot dérivé du latin canis, chien), terme de mépris, synonyme de menu peuple, vile populace, . gens sans aveu. Dans les temps féodaux tout vassal devait faire aveu de ses terres aux seigneurs dont il relevait : l'homme sans aveu était donc celui qui ne possédait rien. Nous avons accepté ce legs du moyen âge; et gens sans aveu, canaille, sont encore des expressions dont on se sert trop souvent pour flétrir la misère : la canaille d’aujour- | d'hui, ce sont lesvilains d'autrefois; c’est toujours la classe vouée à la production, vouée aux jouissances du riche, L'aristocratie bourgeoise elle-même n’a pu échapper à cette plaie de toute aristocratie : elle a ses vilains ! Et si la canaille est sale, étiolée de misère et de dépravation, an ne manque pas de proclamer partout que c'est sa fante, que c'est la conséquence de ses vices. Mais dites-moi, hommes de loisir, vous êtes-vous occupés de la canaille autrement que pour en faire l'objet de vos mépris, pour la refouler. dans ses bouges obscurs? Avez-vous essayé de faire germer l'homme dans le paria de notre époque ? La prospérité du commerce et de l'industrie n'a pas même sur la canaille l'influence heureuse qu'on lui suppose; elle tend à amé.. liorer son sort comme la richesse du maltre tend à améliorer le sort de l'esclave, |

Que la canaille s'agite dans la rue, on répond à ses crisde détresse par des cris d'alarme. Voltaire a dit : « 1l vaudrait mieux que la canaille fût muette ; mais force est de la laisser

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