‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 24 sur 556 · BUÉNOS-AYRES — BUFFET · texte numérisé non relu

BUÉNOS-AYRES — BUFFET

l'étranger qui se présenteune hospitalité souvent dangereuse pour son repos.

Sur la terre ferme, on remarque, outre Buénos-Ayres, Baragan, très-petite ville, à 50 kilomètres sud-est de la capitale, importante par sa baie, où s'arrêtent les gros vaisseaux qui ne peuvent remonter jusqu’à Buénos-Ayres; le fort /ndependencia et la Bahia-Blanca, deux colonies fondées pour arrêter les invasions des Indiens Aucaes, et enfin £l/- Carmen , autre petite colonie sur le Rio Negro.

L'industrie de Buénos-Ayres est encore fort restreinte. On n’y fabrique guère que des savons, du tabac, des draps communs et des toiles. Il y a aussi quelques tanneries. Mais c'est le principal entrepôt du commerce de la confédération et de l'exportation des produits du bassin de la Plata. Celle qui a lieu par mer avec l'étranger dépasse par année 120 millions de francs, et consiste en peaux de bœuf, de cheval, de mouton, de chinchilla, suif, corne, crin, bœuf boucané, laine de vigogne, grains, farine. L’importation annuelle, évaluée à 160 millions, consiste en étoffes de laine et de coton ,articles de taillanderie, coutellerie, sellerie, chapellerie, bière et fromages d’Angleterre; en bois de construction, meubles, voitures, poisson salé, cuirs, souliers, munitions de guerre des États-Unis; café, sucre, coton et rhum du Brésil; produits de fabriques et de modes de France; toiles, soieries, etc. Le nombre de bâtiments étrangers qui entrent annuellement dans le port est environ de 6 à 800, dont plus d’an quart anglais. Les relations, qui sont considérables avec le Chili et le Pérou, ont lieu à l’aide de charrettes tirées par des bœufs. Mais celles avec l'intérieur, qui n’avaient lieu que par le fleuve, se sont bien améliorées depuis 1855 : quatre chemins de fer rayonnent autour de Buénos-Ayres, embrassant, à la fin de 1870, une étendue de 450 kilom. en exploitation.

Buénos-Ayres, fondée, comme nous l'avons dit, par Mendoza, en 1535, et détruite bientôt par les Indiens, ne fut définitivement colonisée qu’en 1580. Érigée en évêché en 1620, elle devint capitale de la vice-royauté de son nom en 1776, fut prise par les Anglais en 1806, reprise peu de temps après par les Espagnols, et vainement attaquée par les Anglais en

1807. Théâtre de plusieurs insurrections républicaines, longtemps courhée sous le joug machiavélique du directeur R osas, contre lequel échouèrent pendant plusieurs années les efforts mal combinés de l'Angleterre et de la France, elle a été délivrée, le 19 février 1852, par l'entrée d'Urquiza, général de la Confédération de la Plata. Mais Buénos-Ayres refusa de reconnaitre la constitution fédérale, proclama son indépendance le 11 avril 1854, et élut Alsina pour président. Cette séparation dura jusqu'au moment où le gouvernement d'Urquiza menaça de la faire cesser par les armes : la ville rebelle fit sa soumission (décembre 1859), et à la suite d’une guerre de courte durée soulevée par les exigences d'Urquiza, elle redevint la capitale de la Confédération Argentine (25 mai 1862),

L'État de Buénos-Ayres, qui s'étend au sud de la Plata, comprend une surface de 1,067 myriamètres carrés. Le sol en est fertile et couvert de gras pâturages : aussi les habitants, au nombre de 500,000, s’occupent-ils principale ment d'agriculture et de l'éducation de nombreux trou peaux.

BUEN-RETIRO (c’est-à-dire bonne retraite), nom qu’on donne en Espagne à un lieu de repos et de plaisance où l’on va se délasser des fatigues de la ville. Les rois d’Espagne ont aux portes de Madrid , à l'extrémité opposée à celle où se trouve leur royale demeure, un château bâti par Philippe IV, et qui s'appelle par excellence le Buen-Retiro. C’est un édifice très-ordinaire, qui forme un carré régulier, flanqué d’une tourelle à chacun de ses quatre angles. Ce palais domine la ville; il est entouré de jardins agréables, et s'ouvre sur la promenade du Prado. Saint- Ildefonse partage avec le Buen-Retiro l'insigne honneur de donner asile aux augustes ennuis de l'Espagne.

BUFFA (Opéra). Voyez Oréna et THÉATRE-ITALIEN.

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BUFFALO, chef-lieu du canton Érié, dans l'État de New-York, à l'extrémité septentrionale du lac Érié, sur ke Niagara, l’anse de Buffalo et le canal Erié; bâtie en partie sur un terrain bas et marécageux, en partie sur une colline de sable à pente douce, du haut de laquelle on jouit d’une belle vue sur le lac. La situation de cette ville est admirable pour le commerce. Des rues larges et droites la coupent à angle droit. La plus belle, le Main-Street, longue de près de 4 kilomètres et large de 40 mètres, est remplie de magasins. Buffalo possède plusieurs belles places et trente églises, une académie littéraire, un lycée avec une bibliothèque, un cabinet de chimie, une maison d’orphelins, et d’excellentes écoles. Son port est sûr et spacieux, profond de quatre à cinq mètres, et protégé contre les vents d'ouest par une digue de 465 mètres, construite aux frais de l’Union. Le commerce est activé par des chemins de fer, par ceux surtout de Black-Rock et des chutes du Niagara. Des manufactures et des fabriques de toutes sortes y sont dans l’état le plus florissant. Ces avantages expliquent le rapide accroissement de la population, en 1810 de1,508 âmes, et qui s’élevait en 1850 à 42,261, et en 1860 à 81,129. La ville a été fondée en 1801. En 1812 elle servit de station militaire, et fut brûlée par les Anglais en 1814. Grâce à un secours de 80,000 dollars voté par le Congrès, elle s’est rebätie si promptement qu’en 1817 on y comptait cent maisons, et qu’en 1852 elle a pu être incorporée comme cité.

BUFFET. Les anciens, les Romains principalement, qui dans les derniers temps de l'empire accordèrent tant au luxe, et surtout au luxe de la table, connaissaient les buffets. C’étaient ordinairement chez eux de petits appartements séparés de la salle à manger, à laquelle toutefois ils étaient contigus, et qui contenaient la porcelaine, les vases et tous les ustensiles destinés au service de la table, ce que nous avons nommé depuis office, et qu'ils appelaient abacus. Ils avaient des esclaves préposés spécialement au service du buffet, et qui avaient soin, les uns du vin, les autres de l’eau, tant chaude que froide; d’autres, enfin, des vases et des coupes, quand il fallait en changer, ce qui arrivait assez souvent sur la fin des repas, lorsque les convives étaient animés par le vin. Ils eurent aussi, comme nous, des meubles destinés aux mêmes usages, et nommés armaria (d'où nous avons fait notre mot français armoire). Les cendres du Vésuve ont conservé, dans la ville de Pompéi, un de ces buffets, qui fut trouvé garni encore de plusieurs des ustensiles qu’on y plaçait. 11 était adossé à un pan de mur, et il avait deux tablettes, lune au-dessus de l’autre, destinées à recevoir des plats, des vases, etc. Sur un grand bas-relicf de la villa Albani, à Rome, qui a été détaché d’un tombeau antique, on voit un buffet ou plutôt un garde-manger renfermant des animaux éventrés et pendus à des crochets, avec plusieurs autres provisions de bouche. Le recueil des peintures d'Herculanum offre l’image d’un semblable buffet.

Dans nos usages domestiques, le buffet est une pièce séparée et près de la salle à manger, qui sert à renfermer toutes les choses utiles au service de la table, ou bien une espèce d’armoire placée, tantôt dans la salle à manger, tantôt dans le vestibule qui la précède, et qui sert au même usage. Chez les grands et les riches, le buffet consiste en une grande table à gradins ou étagères, où l’on dresse les vases, les bassins, les cristaux , autant pour le service de la table que comme objet de parade et de magnificence. C'est ce que nos aïeux appelaient et ce que nous appelons encore dressoir, ce que les Italiens appellent credensa, et qui est placé chez eux dans le grand salon, enfermé dans use balustrade à hauteur d'appui. Certains buffets sont sous un dais de riche étoffe.

On restreint aussi quelquefois la signification de buffet à la vaisselle d’or ou d’argent d’une riche maison. Le mot buffet s'entend encore des officiers ou valets qui ont la

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