CANCAN — CANCER
verses. Galien, Arétée, Celse et Hippocrate regardaient l’atrabile qui fermente dans les humeurs comme la cage déterminant cette dégénérescence. Ambroise Paré disait que le cancer était dû à une humeur maligne et rongeante ; Chopart, Desault, Ledran, Sœæmmering, ainsi que Pelletan, Quesnay , Petit et Lapeyronie, attribuèrent les dégénérescences cancéreuses à des altérations du système lymphatique, ce qu’ils appuyaient plutôt de l'autorité de leur nom que d’une conviction déduite de leurs expériences, Crawford y admet la présence d’un gaz ayant quelques rapports avec l'hydrogène sulfuré, combiné avec l’ammoniaque, déterminant des phénomènes semblables à ceux de la putréfaction. Pouteau soutint que sans affection morbide première toute partie peut être envahie par le cancer à la suite de simples lésions extérieures, telles que celles qui résultent d’un coup, d’une plaie, etc. Hunter, célèbre anatomiste anglais, expliqua le développement des affections cancéreuses par l'existence d’un ver globuleux nommé par lui Lydatide cancéreuse ; ce médecin alla jusqu’à admettre trois espèces de ces hydatides : suivant lui, les unes étaientaqueuses ou sanguinolentes, les autres gélatineuses , et celles de la troisième espèce sanguines ; mais laencoretoutestsupposition, et Burns et Himly soutiennent n’avoir reconnu l'existence d'aucun animal dans les tissus cancéreux qu’ils soumirent à leurs recherches. Dans l’état actuel de la science, et après les belles recherches de MM. Breschet, Lisfranc, Chomel et Ferrus, tous les tissus peuvent être affectés du cancer, primitivement et consécutivement , et cela parce qu’il succède toujours à une inflammation dont n’est exempt aucun tissu.
Le cancer commence toujours par une induration ordinairement indolente; et en effet il convient de ne pas confondre la douleur déterminée par la pression de la partie indurée sur les parties environnantes, qui peuvent être pourvues d’une plus ou moins grande quantité de nerfs. Cette induration, ou état squirrheux, est le résultat de l’abord du sang dans une partie, sous une influence quelconque, mais en plus grande quantité que d'habitude : les vaisseaux capillaires sont engorgés et laissent perspirer une sorte de lymphe concrescible, qui, si elle est absorbée, fait que l’engorgement disparaît. Si linflammation des parties qui environnent linduration persiste pendant un laps de temps plus ou moins long , et continue sourdement, l’ulcération arrive rapidement quand l'induration est superficielle. Si elle est profonde , la partie engorgée est désorganisée, de manière à se transformer en une sorte de détritus réuni en masse, constituant ce que les médecins appellent la mafière cérébriforme, ou fungus hæmatode, quand il ya épanchement de sang dans son intérieur. Quelle est donc, pourrait-on demander, la différence entre un squirrhe et le cancer? C’est que dans ce dernier inflammation s’est développée dans la tumeur, qui à l’état de squirihe n’est réellement point enflammée. Quelques auteurs récourent à la dénomination de carcinome lorsque l’ulcération cancéreuse présente à sa surface des inégalités. Le squirrhe par lui-même est indolent, à moins qu'il ne provoque de la douleur par sa pression sur les parties environnantes; s’il est sur le point de s’ulcérer, il devient douloureux, et les malades ÿ accusent des douleurs lancinantes, qu’ils comparent à des coups de canif,
Bien que nous ayons dit que tous les tissus et tous les individus peuvent être affectés indistinctement de cancer, il est de fait cependant que telles ou telles personnes sont moins susceptibles que d’autres d’être en proie à cette désorganisation, Pourquoi, par exemple, un coup porté sur le sein d’une femme n’y détermine-t-il qu'une sorte d’engorgement qui peu à peu s'évanouit, tandis que chez telle autre un coup semblable sera suivi d’induration squirrheuse et d'ulcération carcinomateuse? On n’en sait rien. Les auteurs ont satisfait par un mot leur incertitude, et alors ils ont imaginé la diathèse cancéreuse, par laquelle ils expli-
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