‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 243 sur 556 · CANCER — CANCHE · texte numérisé non relu

CANCER — CANCHE

quent cette disposition de quelques individus chez lesquels les plaies les plus simples s’ulcèrent et prennent tous les caractères du cancer, Mais, nous le répétons, c’est expliquer par un mot une manière d’être qui jusqu'à présent n'a pu être éclaireie.

Les femmes sont plus généralement exposées aux affections cancéreuses, qui se développent surtout au sein et à d’autres parties, exposées chez elles à des alternatives d’excitation et despasmes qui facilitent Pirritation, principalement dans l’âge de trente-six à cinquante ans. Le tempérament 1ÿymphatique, qui est évidemment celui de la femme, semble coïncider avec le développement des affections cancéreuses,

Le cancer est-il contagieux? On le croyait autrefois, et cependant Alibert et Bielt se sont inoculé eux-mêmes ce prétendu virus cancéreux sans en être alteints, Des animaux furent nourris exclusivement de chairs cancéreuses, sans jamais en avoir été affectés, Les rapports entre les sexes ont pu continuer également d’exister sans transporter le principe de l’un à l’autre. Enfin, tous les jours dans nos amphithéàtres des élèves touchent des parties cancéreuses, et se piquent même en les préparant, et jamais on n'a vu ces jeunes gens contracter la maladie qui nous occupe. Le cancer n’est donc point contagieux ; seulement les liquides provenant des tissus cancéreux sont irritants, et mis en contact avec quelques surfaces excoriées les excitent, en retardent la cicatrisation, mais sans infecter toute l’économie.

Le cancer peut.se développer dans toutes les parties du corpset dans tous les tissus : à la peau, il prend le nom de nolime tangere ; à l'œil, il va détruire tous les tissus qui composent cet organe. Enfin, on l’observe tantôt aux mamelles , au pharynx , à l’œsophage, tantôt à l'estomac, aux intestins, au rectum, où Lisfranc la plusieurs fois extirpé avec succès; au foie, à la rate, et à des parties secrètes, que Lisfranc a également amputées pour cette affection.

Quant au traitement que les médecins ont apporté au cancer, on conçoit qu'il a dù varier suivant l'organe qui en était affecté; et d’ailleurs les uns ont cherché à combattre l'affection générale, et les autres l’affection locale. Dans le premier cas, on a conseillé une foule de médicaments, qui presque tous ont toujours échoué. En fait de moyens locaux, on à recours soit aux applications de sangsues à la circonférence de l’affection cancéreuse, soit aux fondants, comme les frictions mercurielles , les fumigations aromatiques , soit à la compression des tumeurs cancéreuses , pratiquée avec succès par le docteur Récamier; mais de tous les moyens curatifs qui ont été indiqués le plus certain consiste dans l'extirpation de la partie cancéreuse toutes les fois qu’elle peut être pratiquée, ce qui a lieu lorsque l'organe cancéreux n'est pas tellement indispensable que l'individu ne puisse vivre sans lui.

CANCER ou ÉCREVISSE (Astronomie). C’estainsi que s'appelle le quatrième signe du Zodiaque, formulé par une constellation du même nom, faisant partie des six constellations boréales. Parmi les signes qui sont sur la route oblique de l'écliptique, c’est, avec le Capricorne, un des plus importants en astronomie, Éloigné comme ce dernier signe solsticial de 23° 28 de l’équateur, il est la limite où le soleil dans l’hémisphère septentrional semble s'arrêter et pour ainsi dire se reposer : point du ciel qui à cause de cette espèce de station, s'appelle solsiice du Cancer. Mais ce repos n’est qu'apparent : le soleil jamais west stationnaire; du Cancer il ne redescend au Capricorne que pour remonter sans relâche dans ce signe boréal : ce sont dans la voûte céleste les deux bornes qu'effleure sa course élernelle. Le éropique du Cancer est Le plus petit parallèle que le soleil puisse décrire en Sa plus grande déclinaison septentrionale ; c’est alors que les jours sont au plus long pour les peuples du Nord. Enfin, notre été commence dès l'instant où le soleil se trouve au premier point du Cancer sur le colure, l'un des grands

cercles fictifs de la sphère ceieste, et c’est du 20 au 23 juin que son passage arrive, parce qu’il dépend de la vitesse et de la nature de l'orbite de cet astre,

Cette constellation, ainsi quechacun des onze autres signes, occupe dans l’écliptique une étendue de 30 degrés ; elle est une des moins apparentes du zodiaque , bien qu'on y compte quatre-vingt-trois étoiles, sans celles que le télescope y découvrira encore; mais elles forment un amas de petites lumières si pâles et si confuses qu’on a de la peine à distinguer cet astérisme. C’est une nébuleuse à laquelle on a eu soin d’accoupler, pour le secours des yeux, deux étoiles qui ne sont à peine que de la quatrième grandeur : cette nébuleuse s'appelle l’Étable; les deux étoiles latérales se nomment les deux Anes, que l'imagination des Grecs a voulu être ceux qui portérent Bacchus dans la guerre de Jupiter contre les Titans; l'Étable est leur écurie. Pour démêler cette nébuleuse dans notre firmament boréal, il faut la chercher en allant de Procyon à la queue de la grande Ourse, si brillante au pôle, et entre deux étoiles quartaires, les deux Anes, dont nous venons de faire mention.

Sous le rapport mythologique, voici ce qui appartient à ce signe : l'Écrevisse, selon les uns, fut placée par Jupiter dans le zodiaque en récompense d’avoir piqué une nymphe, fille de Garamanthe, et d’avoir ainsi retardé sa fuite quand il la poursuivait; selon les autres, suscitée par Junon contre Hercule combattant l'hydre de Lerne, écrasée par le pied du héros, qu’elle mordit, elle fut, pour prix de ses services, mise au rang des constellations par la déesse. Sur les marbres mitbriaques elle est toujours présente au sacrifice du génie Mithra; chez les Romains elle était consacrée à Mercure, chez les Égyptiens à Anubis.

Est-il besoin de rappeler ici l'hypothèse par laquelle des astronomes, après l'ère chrétienne, ainsi que des géographes, et Pluche à leur tête, ont prétendu expliquer l'origine, le nom , la figure et la place de ce signe? Parce que chez nous, peuples septentrionaux, l’été commence au 22 juin, époque où le soleil parvenu au point solsticial va rétrograder, ils ont trouvé tout simple de voir dansun animal qui marche à reculons, dans l’écrevisse enfin , le symbole instantané de cet astre; mais on sait qu’il en est bien autrement aujourd’hui, Au 22 juin, lorsque le soleil entre dans le signe du Cancer il n’est réellement à présent que dans la constellation des Gémeaux , qui précède le Cancer : que devient donc ce signe comme image du phénomène solsticial? 11 devient nul, à moins de remonter à une époque où le solstice arrivait réellement dans le signe du Cancer; mais par la précession des équinoxes, les constellations du Zodiaque ne coïncident plus avec les phénomènes des saisons. Quoi qu'il en soit, les anciens commençaient l'ordre des signes par le solstice d'été; Plutarque, Ptolémée, Hipparqne, Ératosthène mettent le Cancer en tête du zodiaque, car les Égyptiens commençaient alors l'année par ce signe, qui annonçait l’inondation du Nil, causée par la présence du soleil, qui fondait les neiges des hautes montagnes où sont les sources de ce fleuve.

Le Cancer jouait un grand rôle dans l’astrologie judiciaire. Selon les astrologues, ce signe engendrait la pituite par rapport à l’empire que la lune exerçait sur lui; il mettait les serpents à la torture quand le soleil y entrait; comme écrevisse, il gouvernait les écrevisses ; il présidait à la poitrine, aux poumons, à l'estomac et aux muscles des bras. DENNE-BaRoN.

CANCHE , nom vulgaire du genre aira, de la famille des graminées, tribu des arénacées. Les canches, qui offrent de nombreux points de ressemblance avec l’avoine, sont communes dans toute l’Europe, où elles habitent de préférence les terrains secs, un peu sablonneux, les lieux montueux et boisés. Quelques auteurs les regardent comme donnant de bons pâturages.

Les principales espèces de ce genre sont : la canche caryophyllée;lacanche précoce, qui fleurit en mars et en avril;

la canche blanchâtre, qui forme dans sa jeunesse de jolis gazons, malheureusement de peu de durée; la canche flexueuse ; la canche touffue, la plus grande et la plus belle espèce du genre ; la canche globuleuse, plante mignonne qu’on rencontre en petites touffes dans les landes sèches des environs de Dax ; la canche naine, qui croit en Portugal et en Espagne, etc.

CANCIONERO en espagnol, CANCIONEIRO en portugais, c’est-à-dire : Livre de Chants. On appelle ainsi au delà des Pyrénées une collection de poésies, lyriques surtout , répondant toujours aux exigences de l’art, que ce soit d’ailleurs les œuvres réunies d’un seul ou bien celles de plusieurs auteurs. Cependant, à l'origine on se servit dr &e mot pour désigner de préférence les recueils de poé- 1. de cour. Lorsqu’en effet des associations poétiques, objet de toute la faveur et de toute la protection des rois et de leur noblesse, s’établirent dans les cours de Catalogne, de Portugal, d'Aragon et de Castille, et s'exercèrent dans les mêmes genres que les troubadours,anciens et modernes, où y fit, sous le nom de cancionero, pour la plus grande gloire et aussi pour le divertissement des protecteurs de l'art, des collections de productions de cette poésie, passetemps des cours et aliment des conversations. Voilà pourquoi ces recueils ne contiennent guère que les œuvres d’une société poétique particulière, existant à telle ou telle cour, toutes empreintes cependant d’un caractère commun, se complétant les unes par les autres, devenant souvent même incompréhensibles quand on les sépare de tout ce qui les entoure, et présentant, au contraire, dans leur ensemble un tableau achevé non pas seulement de la poésie, mais encore de la vie et des tendances sociales du cercle de courtisans instruits et polis dont elles charmaient les loisirs.

En fait de recueils de ce genre nous possédons le Cancioneiro galicien-portugais des réunions poétiques dont la cour du roi dom Diniz était le centre; c’est le seul livre de chants qui contienne la véritable poésie chevaleresque de ces cours, dont le génie est le même que celui de la poésie des troubadours. De Moura en a publié la première partie : elle comprend les poëmes attribués au roi Diniz lui-même ; elle est intitulée : Cancionewro d'el rei dom Diniz, pela primeira vez impresso sobre o manuscriplo da Vaticana ( Paris, 1847). On a encore conservé dans cette catégorie la collection des chants de la cour des rois Jean II et Emmanuel de Portugal; elle est connue sous le titre de Cancioneiro geral de Resende, et fut publiée pour la première fois par celui-ci à Almeirim et à Lisbonne. Tout récemment la société littéraire de Stuttgard en a donné une réimpression faite sous la direction de Kaussler (3 vol., Stuttgard, 1850-1851 ).

On possède de la société poétique dont la cour d'Aragon fut le centre sous le règne du roi Ferdinand 1°° et de ses successeurs immédiats, mais seulement en manuscrit, le Cançoner d’amor, qui se trouve à la Bibliothèque Impériale à Paris, et dont un double existe aussi dans celle de l'Université de Saragosse, l’un et l’autre presque complétement en langue catalane et dans le genre de la poésie employée plus tard par la corporation des Troubadours de Toulouse, 11 existe également des poètes de cour qui accompagnèrent en Italie le roi Alphonse V d'Aragon (Alphonse 1° de Naples), mais seulement en manuscrit, un recueil analogue de chants, connu sous le titre de Cancionero de Lope de Stuñiga. 11 est entièrement écrit en langue castillane.

Le plus ancien livre de chants de la Castille, et à bien dire le seul de la cour de ce pays, est le Cancionero de Baena, qui contient les productions de la société poûtique qui florissait à la cour des rois Jean 1°°, Henri II et surtout Jean 11 de Castille, en partie encore en galicien, mais pour la plus grande partie déjà en langue castillane , et rédigé dans le même genre que la poésie postérieure des trouba-

Page 1