‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 244 sur 556 · CANCHE — CANCRE · texte numérisé non relu

CANCHE — CANCRE

dours. 11 en a été tout récemment publié presque en méme temps deux éditions d’après un manuscrit unique qui se trouvait autrefois à l’Escurial, et appartenant aujourd’hui à la Bibliothèque Impériale de Paris, l’une à Madrid, par Gayangos et Pidal (1851), l'autre à Leipzig, par Michel (1852). Lorsque plus tard cette poésie se propagea dans un cercle plus étendu, les amateurs se mirent à entreprendre des collections de la même espèce, non plus seulement à la diligence et pour les plaisirs de ces sociétés de cour dont le vulgaire était exclu, mais à leur usage propre et à celui des amis qui partageaient leurs goûts : ils leur donnèrent également le nom de Cancioneros. A cet effet ils mirent bien quelquefois à contribution les anciens livres de chants de cour proprement dits, mais, au lieu de se borner uniquement à un seul cercle poétique donné, ou encore à une période de temps strictement déterminée ,‘ils recueillirent, sans acception de temps et de lieux, ni sans les soumettre à un triage bien sévère, tout ce qui dans l’ancien trésor poétique avait conservé de la vie, tout ce qui leur en plaisait, tout ce qui même, dans les productions modernes, avait eu le plus de succès ou obtenait leur approbation particulière. Voilà pourquoi les cancioneros de cette catégorie, composés à un point de vue esthétique et subjectif, ont un caractère éminemment littéraire et forment souvent de volumineuses collections comprenant plus d’un siècle. Il existe en manuscrit dans les bibliothèques de Madrid, de Paris, etc., plusieurs cancioneros de ce genre, remontant à la seconde moitié du quinzième siècle et aux premières années du seizième. On peut citer sous ce rapport une collection qui a souvent été réimprimée et qui est universellement connue : c’est le Cancionero general : elle a pour premier compilateur Juan Fernandez de Constantina, et est intitulée : Cancionero llamado Guirnalda esmaltada de galanes y eloquentes dezires de diversos autores. Elle fut imprimée sans indication de lieu ni de date, mais vraisemhlablement vers la fin du quinzième ou au commencement du seizième siècle ; et il en existe des exemplaires dans la bibliothèque du Brilish-Museum et dans celle de Munich, Ce livre de chants fut ensuite augmenté ef continué par Fernando del Castillo. La plus ancienne édition qu’on possède de celui-ci parut in-folio en 1511, à Valence. Onen connaît en outre six autres in-folio faites en Espagne et deux in-4° imprimées à Anvers (la dernière est de 1573). Il n'existe plus qu’un seul exemplaire d’une édition d'un format moindre, qui n’est qu'un extrait de la grande; encore n’en possède-t-on que la Segunda parte (Saragosse, 1552). Cet exemplaire appartient à la Bibliothèque Impériale de Vienne. Ce célèbre cancionero general, dont font mention tous les historiens littéraires, contient, classés tantôt par ordre de sujets, tantôt par ordre de poëmes, mais au total très-confusément, les produits de la poésie castillane depuis l’époque de Jean II jusqu’à celle de Charles-Quint. Nous avons déjà dit que plus d’une fois les recueils d’œuvres d'un seul poëte portèrent le titre de cancionero, par exemple ceux d’Enzina, de Montesimo, etc. Souvent aussi on donna ce nom à des recueils de poésies de divers auteurs sur un même sujet, tels que la Vila Christi (Saragosse, 1492), le Cancionero de Ramon Dellavia (Saragosse, 1489); mais c’est fort improprement qu’on intitule une des plus anciennes collections de romans Cancionero de Romances (voyez Romancero). Consultez Bellermann, Les anciens Livres de Chants des Portugais (Berlin, 1840); Wolf, Essai sur les Livres de Chants des Espagnols, imprimé à la suite de l'Histoire de la littérature espagnole de Ticknor (Leipzig, 1852) ; tous ces ouvrages sont en allemand. Les meilleures notices bibliographiques sont celles qui accompagnent le Romancero general de Duran (2 vol., Madrid, 1851 ).

CANCRE, Ce nom, qui appartient surtout à la langue vulgaire, sert à désigner les crabes, sur lesquels tant de

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