CANDACE — CANDÉLABRE
honneur, c’est la musique qu’il substitua à celle de Rameau dans quelques morceaux de l’opéra de Castor et Pollux. Gluck, à qui l’on avait conseillé de refaire en partie la musique de Rameau, avait répondu :« Je ne veux rien retoucher à un ouvrage où l’on admire l’air Tristes appréts , pâles flambeaux, le chœur du second acte, et celui du quatrième acte Brisons tous nos fers ». Ce sont les morceaux que Candeille a conservés , ainsi que l'ouverture, Parmi ceux qu'il a ajoutés, on a distingué les airs de ballet et surtout le chant religieux de l'hymne à l’Amitié : Présent des dieux, doux charme des humains ! FAYOLLE.
CANDEILLE ( AuÉLIE-JULE ), fille et élève du précédent, née à Paris, en 1767, manifesta de bonne heure les plus grandes dispositions pour la musique, et dès l’âge de sept ans on la vit faire sa partie dans un concert qui fut donné devant le roi, A douze ans elle avait pris rang parmi les compositeurs à la mode. Elle n’en avait que dix-sept lorsque la Société des Concerts spirituels exécuta sous sa direction une symphonie concertante, dont les paroles et la musique avaient été composées par elle. Mais bientôt M!!° Candeille se fit actrice, et Monvel l'ayant remarquée au petit théâtre de Lille, où elle jouait, l’engagea à venir à Paris. Elle débuta successivement à l'Opéra et à la Comédie-Française, puis, en 1790, Monvel l’engagea pour le théâtre des Variétés du Palais-Royal, où se trouvaient alors nos meilleurs acteurs, Là Ml Candeille se montra sous les traits de Catherine, dans la comédie de a Belle Fermière, dont elle avait composé les paroles et la musique. L’actrice et la pièce eurent le plus grand succès, et La Belle Fermière resta au théâtre. En 1794, M'° Candeille épousait un jeune médecin ; mais ce mariage fut rompu au bout de trois ans. En 1798 elle se remaria avec un riche fabricant de voitures de Bruxelles, nommé Simons. Les circonstances de cette seconde union étaient romanesques : désolé de ce que son fils voulût épouser une comédienne, M!° Lange, M. Simons s'était rendu à Paris pour empêcher ce mariage; il vint demander conseil à Julie Candeille, dont on lui avait vanté la raison. La voir ct l'aimer éperdument fut pour notre Bruxellois même chose, et sans plus songer à s'opposer aux désirs de son fils, il épousa lui-même la belle comédienne. Cette nouvelle union de Julie Candeille ne fut pas du reste plus heureuse que la première ; car les deux époux se séparèrent dès 1802. Cependant, au milieu de tous ces troubles domestiques, les travaux littéraires allaient leur train. Une petite comédie de circonstance, Cange, ou le Commissionnaire de Saint- Lazare, fut jouée en 1794 ; La Bayadère, en 1795. La chute de ce dernier ouvrage fit renoncer Julie Candeille à travailler pour le théâtre. Mais elle continua d'écrire et publia successivement : Lydie, roman de mœurs, en 1808 ; Geneviève, en 1812; Bathilde, en 1816; un volume de souvenirs, en 1816 ; Agnès de France, en 1818, et Blanche d'Évreux, en 1822. Mariée en troisièmes noces à M. Périé, directeur du Musée de Nimes, Julie Candeille avait disparu presque complétement de la scène littéraire lorsqu'elle mourut, en 1834, à l’âge de soixante-sept ans, encore remarquablement belle et aimable. C’est pour elle que Fabre d'Églantine avait écrit la chanson Je P'aime tant, mise en musique par Garat. CANDEÉLABRE ( enlatin candelabrum, fait de candela, chandelle }, mot par lequel on désigne en général les supports sur lesquels les anciens plaçaient les lampes qu’ils ne voulaient pas suspendre au plafond. Le premier candélabre fut une pierre sur laquelle on brâla des matières flambantes pour s'éclairer. Lorsque les lampes furent inventées, | les candélabres qui les soutenaient consistaient en un simple bâton fiché en terre, ou portant à son extrémité inférieure un bout de planche qui lui servait de pied. On a trouvé dans les ruines d'Herculanum et de Pompéi un grand nombre de candélabres en bronze, qui sont limitation d’un bâton gros comme le doigt, avec ses nœuds et son écorce. Tel fut le candélabre dans toute sa simplicité; mais dans la suite