‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 253 sur 556 · CANNE AROMATIQUE — CANNE D’ARMES · texte numérisé non relu

CANNE AROMATIQUE — CANNE D’ARMES

ayant de deux à six centimètres de diamètre, et sur chacune d'elles 40 à 50 nœuds d’où sortent des feuilles longues de 1" 30, larges de 25 à 55 millimètres, dentées en leurs bords, d’un beau vert, ayant une nervure blanche et dont une partie embrasse par sa base la tige d’un nœud à l’autre, tandis qne l'autre partie s'étend avec élégance en forme d’éventail. Ces feuilles tombent à mesure que le sucre s’élabore dans les entre-nœuds et que la canne mûrit. La tige de la canne à sucre se termine par un jet sans nœuds nommé flèche, de 1*30 à 160 de hauteur, lui-même surmonté d’un panicule de 0" 55, composé de ramifications grêles et nombreuses, qui portent une multitude de petites fleurs blanches etsoyeuses. Le sucre s’élabore dans les parties de la tige appelées entrenœuds, et ceux-ci servent à la reproduction de la plante au moyen de racmes qui sortent des nœuds quand on les met en terre. Toutes les parties de la canne à sucre sont douces et sucrées, même la racine. Considérée comme plante d'ornement, la canne à sucre est d’une grande magnificence : port majestueux de la tige, beauté de feuillage , élégance de la fleur, elle réunit tout.

En horticulture, la canne à sucre se multiplie facilement par les rejetons qu’elle pousse du collet de sa racine, et qu’on en détache pour les mettredans des pots qu’on place en serre chaude dans la tannée ou dans la couche qui tient lieu de tannée; il faut à la canne la meilleure terre possible, saine, légère et substanlielle. En Amérique et ailleurs on multiplie la canne par boutures, qu'on fait avec les parties supérieures de la tige, qui s’enracinent par leurs nœuds, mis en terre, et qui sont, comme le collet des racines, les centres les plusspéciaux de la reproduction. La canne à sucre alongtemps été cultivée avec avantage au midi de l'Espagne. A l’époque de l'occupation de ce pays par les Arabes, elle y poussait abondamment, et aujourd’hui encoreelle se reproduit vaturellement dans les parties de la péninsule oùelle fut pendant plusieurs siècles un objet de grande culture. Les essais qui ont été tentés en Algérie font espérer que cette plante est en voie d’acclimatement dans les cultures françaises de notre colonie. C. TOLLARD ainé,

CANNEBERGE. Cette espèce d’airelle croit habituellement dans les endroits marécageux. Les racines de la canneberge (vaccinium oxycoccos) sont vivaces, menues, fibreuses, rougeâtres, ligneuses et rampantes; il en part plusieurs tiges menues comme des fils, inclinées contre terre et chargées de feuilles alternes assez semblables par leur figure à celles du serpolet, vertesen dessus, blanchâtres ou cendrées en dessous, et soutenues par des queues trèscourtes. Ses fleurs naissent au nombre de deux ou de trois à l'extrémité des branches ; elles sont purpurines et composées de quatre pétales longs de sept millimètres sur cinq de largeur. La base de leur pistil, joint au calice, devient un fruit ou une baie de la grosseur d’un pois, blanche et teintée de rouge , divisée en quatre loges qui renferment plusieurs semences arrondies et menues. Ces baies sont d’une agréable

acidité, :et remplacent dans le Nord la plupart des fruits aci- M

dules de l’Europe australe.

CANNE D’ARMES, bâton court, arme de demi- .

longueur, ou genette à l’espagnole, sorte de canne telle qu'une arzegaie courte, un bec-de-corbin, une hallebarde de pétite dimension, une demi-lance dont on se servait à pied. La canne d'armes était employée dans certains duels,

dans les tournois, dans les carrousels; elle était dans les,

combats singuliers et dans les combats de jugement quand

les vilains y: prenaient part. La canne d'armes a fait |

longtemps aussi partie de l’armement des cent-suisses.

On voit des cannes d'armes dont la hampe , à partir du ù

dessous du fer, est d’un mètre de long. Le fer est quelquefois

en marteau d'armes, en croissant, en trident, en double

croix, c’est-à-dire à quatre branches horizontales , soit de diamètre égal , soit de force diverse. D’autres sont en forme de hallebardes, une grosse houppe de laine teinte en écar=

late est arrêtée à demeure au-dessous du fer. On trouve aussi des armes qu'on peut ranger dans la classe des cannes d'armes, et dont la lame est accompagnée de deux fers de flèche à ailes ; ils sont disposés horizontalement et à lopposite l'un de l’autre, G*! BaRDIN.

CANNE D'INDE. Voyez BALISIER.

CANNÉES. Voyez AMOME, AMOMÉES. |

CANNELLE, CANNELLIER. La cannelle est l'écorce iles branches du Laurier cannellier (laurus cinnamomum, Linné}, privé de son épiderme. Le cannellier, que la plupart des botanistes rangent dans le genre 2 aurier, mais dont quelques-uns font cependant un genre particulier sous le nom de cinnamomum, est un arbre de grandeur moyenne, appartenant à la grande division des végétaux exogènes ou dicotylédones, et à la famille des laurinées. Linné lavait placé dans la neuvième classe de son système sexuel (ennéandrie monogynie); toutefois ses fleurs sont monoïques.

Le cannellier s'élève à 8 mètres environ, et son tronc offre jusqu’à 0,50 de diamètre ; ses feuilles , pétiolées et opposées, ovales-lancéolées, longues de 0,10 à 0,13 et larges de 0,05 environ , sont coriaces, lisses, vertes en dessus, glauques et cendrées en dessous, entières et marquées de trois nervures longitudinales très-saillantes, qui s’alternent vers le sommet; les fleurs sont jaunâtres, en panicules lâches, axillaires ou terminales; le fruit est un drupe ovoiïde, entouré à sa base par le calice, coloré en violet, ayant la forme d’un petit gland et contenant une pulpe verdâtre ; il renferme un noyau dont l’amande est légèrement rougeâtre.

Le cannellier est originaire des Indes orientales, et croît à Sumatra , à Java, et particulièrement à l'ile de Ceylan, où on le cultive dans un espace de 6 myriamètres, nommé le Champ de cannelle, entre Matura et Negombo. On le cultive aussi en Chine, dans la Cochinchine et le Japon; enfin il a été introduit aux iles de France et de la Réunion, aux Antilles, à Cayenne et dans quelques contrées de l’Amérique méridionale, où il prospère parfaitement. Il a été aussi naturalisé aux environs du Caire, où il forme des plantations considérables, et c’est avec deux pieds de cannellier transportés de Paris, que cette naturalisation a été effectuée. Mais te cannellier, comme tous les arbres cultivés, selon l’exposition, la nature du terrain et le climat, plus ou moins favorables, offre plusieurs variétés qui donnent une cannelle plus ou moins estimée, ou plus ou moins recherchée.

Quand le cannellier croît au milieu de circonstances propices , on peut commencer à l’exploiter au bout de cinq ans; dans le cas contraire, il ne donne de bonne cannelle qu’à l’âge de huit, douze et même seize ans ; cette exploitation se prolonge ordinairement jusqu’à trente ans, et on fait deux récoltes chaque année : la première commence en avril et finit en août; elle est la plus considérable; la secunde commence en novembre et finit en janvier. On coupe toutes les branches âgées de plus de trois ans qui paraissent avoir les qualités requises; on détache l’épiderme avec un couteau, puis on fend longitudinalement l'écorce, et on la sépare du corps ligneux; ensuite on insère les petits tubes fendus les uns dans les autres et on les fait sécher au soleil. Pendant la dessiccation les écorces se roulent sur elles-mêmes et prennent la forme qu’on leur voit dans le commerce. Alors on sépare les qualités, et on forme des balles ou surons que lon envoie en Europe, mais en ayant soin de remplir les interstices avec du poivre noir. Quant aux petits fragments ou menus de l'écorce qui ne peuvent pas entrer dans les surons, on les distille pour obtenir l’Auile essentielle de cannelle, qui est versée dans le commerce et dont le prix est très-élevé.

Actuellement on distingue au moins cinq sortes de cannelle. 1° Cannelle de Ceylan. Elle est en faisceaux ou bâtons très-longs, formés par des écorces presque aussi minces que du papier, réunies un grand nombre les unes dans les autres, colorées en noisette clair, avec une teinte

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