CANNE D’ARMES — CANNELURES
citrine blanchâtre, une saveur aromatique très-agréable, chaude, un peu piquante et un peu sucrée, et une odeur très-suave. Cette cannelle est la plus estimée. La Compagnie anglaise des Indes, qui a maintenant sous sa domination les contrées qui fournissent la meilleure cannelle, afin de conserver la réputation de celle qu’elle livre au commerce, emploie à Ceylan un inspecteur et deux adjoints pour surveiller le choix, l’assortiment et l’emballage de cette écorce : ile l’'examinent morceau à morceau, et la séparent en première seconde, troisième sorte et en rebut. Les écorces des grosses branches sont rejetées, ainsi que celles des pousses très-jeunes et très-succulentes , les premières ayant un arôme piquant et peu agréable , les secondes en ayant trop peu, et qui se dissipe avec rapidité. Les fragments de cannelle rejetés , ou rebuts, servent à extraire l'huile volatile : un kilogramme de cette cannelle ne donne que huit grammes environ d'huile volatile, mais d’une odeur très-agréable et très-suave. 2° Cannelle de Chine. Elle est infiniment moins estimée que la cannelle de Ceylan fine : les faisceaux sont plus courts, les écorces plus épaisses et plus rougeâtres, et dune odeur désagréable, qui se rapproche de celle de la punaise. La cannelle de Chine est employée de préférence pour lextraction de l'huile volatile, parce qu’elle en donne davantage, mais moins suave et plus colorée. 3° Cannellk matte. Elle provient du tronc du cannellier de Ceylan. Les écorces sont larges de 0,03 environ, épaisses de 0,004, plates ou peu roulées , d’une couleur tirant davantage sur le jaune foncé, d’une cassure fibreuse et brillante, d'une odeur et dune saveur semblables à celles de la cannelle de Ceylan fine, mais très-faibles. La cannelle matte doit être rejetée, excepté pour obtenir l'huile volatile. 4° Cannelle de Cuyenne fine. Elle est retirée de cannelliers de Ceylan transplantés dans cette île, et diffère très-peu de la cannelle de Ceylan ; seulement sa couleur est plus pâle. Elle est très-fréquemment employée. 5° Cannelle de Cayenne épaisse. Les cannelliers qui donnent cette écorce ont eu pour souche, pour ori.ine, un cannellier de l’île de Sumatra. Elle ressemble à la cannelle de Chine, et se réduit comme celle-ci en pâte mucilagineuse quand on la met dans la bouche. Ce fait donne à penser que la cannelle de Ceylan fine et la cannelle de Chine sont produites par deux espèces de laurus différentes.
Vauquelin a fait l'analyse des cannelles de Ceylan et de Cayenne (écorce épaisse), et en a retiré de l'huile volatile, du tannin, du mucilage, une matière colorante et un acide. D’après Guilbourt, elles doivent contenir de l’amidon. Il est certain au moins que la cannelle de Chine en fournit une grande quantité.
En médecine, la cannelle est un excellent excitant, qui convient dans un grand nombre de cas, surtout aux personnes faibles dont le travail de la digestion a besoin d’être activé. Elle entre dans un très-grand nombre de médicaments officinaux. On l’emploie en substance et réduite en poudre ; on en prépare une eau distillée, un sirop, une teinture et des pastilles très-agréables; elle entre dans la composition du chocolat de santé, le rend plus agréable et plus facile à digérer. Dans l’économie domestique et l’art culinaire, elle est très-usitée et avec succès, ainsi que dans l’art du confiseur. L’essence ou l’huile volatile de cannelle est également très-employée ; les parfumeurs en consomment une grande quantité pour aromatiser leurs cosmétiques. A l’île de Ceylan, on retire du camphre de l'écorce de la racine, à l’aide de la distillation. Les fruits du cannellier fournissent par expression une huile concrète, odorante, dont on fait des bougies qui brûlent en répandant une sdeur très-agréable. Il est à regretter que l’usage de ces bougies ne soit pas davantage connu en Europe, et sous L rapnort hygiénique, et sous le rapport médical. CLARION.
| CANNELURES. Pour donner aux fûts des colunnes l'apparence de lus de richesse, de lécèreté et même de grosseur, les architectes anciens et modernes divisent leur
surface par des canaux dont la coupe transversale présente le plus souvent la figure d’un arc de cercle, Les cannelures sont séparées par des baguettes ou côtes plus ou moins larges, dans les ordres corinthien, ionique, dorique moderne; dans le dorique antique et grec, les cannelures sont peu profondes eu égard à leur largeur, et la baguette qui les sépare ma point d'épaisseur, c’est-à-dire que les courbures de deux cannelures qui se suivent immédiatement se terminent sur une même vive arête. Il y a des cannelures à fond plat : on en voit de telles sur les colonnes de l’intérieur du Panthéon à Rome; les colonnes de l’église de la Madeleine, à Paris, sont cannelées de cette manière.
Quelquefois le fût des colonnes n’est cannelé que sur les deux tiers supérieurs environ de sa hauteur ; il y a aussi des cannelures qui sont remplies en partie d’une sorte de baguette qu’on appelle rudenture. Dans certaines colonnes, les rudentures règnent dans toute la hauteur des cannelures, ce qu’on observe au portique du Panthéon, à Paris ; dans d'autres colonnes , les rudentures ne remplissent que le bas des cannelures ; enfin, il y a des architectes qui ornent l’intérieur des cannelures de feuilles et de branches qui montent perpendiculairement dans leur intérieur.
On pratique aussi des cannelures sur la face antérieure du larmier de l’ordre corinthien, les consoles, les piédouches, les gaines qui portent des bustes; certains vases reçoivent souvent des cannelures arrondies tantôt en creux, tantôt en relief.
Il est facile de concevoir de quelle manière s’exécutent les cannelures sur les colonnes des monuments : on divise leur circonférence un peu au-dessus de la base et au-dessous du chapiteau en autant de parties égales, comme 20 , 24, 32, qu’on veut creuser de cannelures; les divisions supérieures répondent perpendiculairement aux divisions inférieures ; on tire des lignes entre les divisions correspondantes, et le fût de la colonne se trouve divisé en bandes égales et à peu près parallèles ; nous disons à peu près, car la colonne étant moins grosse au-dessous du chapiteau qu’au-dessus de sa base, il s'ensuit que les bandxs sont plus étroites à leur sommet qu’à leur base.
Dans les arts mécaniques, on creuse des cannelures tantôt au moyen d’un outil que l’on conduit avec la main, tantôt à l’aide d’une machine. Les menuisiers, les éhénistes , forment des cannalures sur les colonnes , les pilastres en bois, avec un bouvet qu’ils poussent quelquefois dans une coulisse qui lui sert de guide; alors la colonne qui doit être cannelée est soutenue entre les deux pointes d’une sorte de tour; à l’une de ses extrémités est fixée une rondelle de cuivre divisée par des trous en autant de parties égales que la colonne doit avoir de cannelures ; quand l’une de celles-ci est terminée au moyen du bouvet, qui marche dans la coulisse, on fait tourner la plaque d’une division , et on la fixe dans cette position au moyen d’une pointe, ce qui est aisé à concevoir, et l’on creuse une nouvelle cannelure. Quand la co- Jonne a fait un tour sur elle-même, elle est entièrement cannelée.
Les cannelures sur des cylindres métalliques s’exécutent au moyen d’une machine qui a beaucoup de rapportsavec le tour à pointes ordinaire ; figurez-vous deux poupées en fer fondu, dont une porte une pointe tournant sur elle-même comme l'arbre d’un tour en l'air; la pointe de l’autre poupée avance et recule à volonté au moyen d’une vis. Le cylindre à canneler est suspendu entre ces deux pointes et fixé au moyen de vis sur celle qui tourne dans sa poupée; cette dernière pointe porte une plaque circulaire divisée en un certain nombre de parties égales; une pointe, que porte une sorte d’alidade, sert à fixer la pointe et le cylindre, qu’elle porte sur telle division de la plaque que l'on veut. Les jumelles qui portent les poupées de cette sorte de tour sont ordinairement en fer fondu ou battu ; leurs faces, parfaitement bien dressees, sont parallèles entre elles , ainsi qu’à l'axe du cylindre qu’on