‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 255 sur 556 · CANNELURES — CANNES · texte numérisé non relu

CANNELURES — CANNES

veut canneler; un chariot portant un burin coule sur les jumelles d’une poupée à l’autre; on le fait mouvoir avec une visou au moyen d'une crémaillère et d’un pignon. Pendant ce mouvement, le burin trace un petit sillon sur le cylindre et dans toute sa longueur; on ramène le chariot au point de départ; on avance le burin d’une quantité convenable , et on enlève un nouveau copeau. On continue cette manœuvre jusqu’à ce que la cannelure soit assez profonde, après quoi on fait tourner la plaque d’une division; on en creuse une pareille de la même manière, et ainsi de suite, jusqu’à ce qu’on ait fait le tour du cylindre. Il y a des machines à canneler dont le burin est fixe; dans ce cas, ce sont les poupées qui marchent avec le cylindre qu’elles portent.

On appelle encore cannelures les raies en spirale elliptique qu’on creuse sur le fût de certaines colonnes, dans l’intérieur des canons de carabines, etc. TEYSSÈDRE.

CANNES ( Bataille de), Cannes est un petit bourg du royaume de Naples, autrefois siége d’un évêché, situé sur le rivage de l’Adriatique, dans la Terre-de-Bari, à l’embouchure de l’Ofanto, dans l’ancienne Apulie; ce lieu était resté presque inconnu jusqu’à l’an de Rome 536 et 216 avant J.-C., époque où il devint célèbre par la grande bataille que les Romains y perdirent contre Annibal. Le champ de bataille de Cannes, qui est près de ce bourg, y porte encore le nom d'il Campo di sangue (le champ du sang).

Après la victoire du lac de Thrasimène, Annibal, obligé de donner un peu de repos à ses troupes, fatiguées par une double campagne, les conduisit dans la marche d’Ancône, pays abondant en vivres. Il n’avait pu songer à attaquer Rome, ville peuplée et bien fortifiée, devant laquelle il aurait risqué d’être enveloppé par les troupes appelées des autres provinces d'Italie restées fidèles aux Romains. Mais M pendant ce repos forcé ceux-ci, dont l'énergie s'était accrue en proportion de leurs pertes et du danger qui les menaçait, avaient formé une nouvelle armée. Le commandement en fut donné à Fabius Maximus. Annibal trouva en lui un adversaire dont la prudence et la sagacité déjouèrent toutes ses ruses. L'expédition de Campanie manqua, et le Carthaginois fut obligé de se retirer au delà de l’Apennin, afin de s'appuyer sur l’Apulie, qui devait nourrir son armée. Au printemps suivant, il était encore condamné à une inaction complète, qui pouvait devenir pour lui l’équivalent d'une défaite, le pays d’alentour étant tout à fait épuisé. Il savait que les Romains avaient leurs principaux magasins dans la citadelle de Cannes, bâtie, non pas sur une hauteur commandant les environs, comme on a bien voulu l'écrire sans lavoir vu, mais sur une éminence très-peu sensible, Il résolut aussitôt de leur enlever cette place d’armes et de changer ainsi le théâtre de la guerre. L'entreprise lui réussit, et la forteresse tomba en son pouvoir avec tous ses magasins.

Les proconsuls romains Fabius et Minucius étaient campés sur le Fortore, vers Serra-Capriola, n’osant, par crainte de la cavalerie d’Annibal, traverser la plaine, dit Tite-Live. Pour le suivre, ils la tournèrent donc par le pied des montagnes qui la dominent, par conséquent à peu près par Lucera, Troja, Bonivo et Ascoli, où ils prirent la rive droite de l'Ofans to pour couvrir Venusium (Venosa) et Canusium (Cänosa). Là ils furent joints par les nouveaux consuls, Emilius (voyez PauL-Émise ) et Varron, qui amenaient une seconde armée, de même force que la leur, en tout 80,000 hommes d'ins fanterie et 7,000 chevaux. Pour le malheur de Rome, l'usage était qué, deux consuls se trouvant ensemble, chacun co mandât alternativement pendant un jour.

L'armée combinée de Rome étant arrivée à six milles (huit kilomètres) des Carthaginois, dont le camp, situé sur la rive droite de l'Ofanto, s'appuyait à la citadelle de Cannes, Emilius, trouvant la plaine trop large en cet endroit où | collines s'éloignaient de la rivière, ne fut pas d'avis d'y coms battre, et pensa que l’armée devait occuper les hauteurs qui

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