CANNES — CANNIBALES
légères carthaginoises, qui, en découvrant le front de l’armée , s'étaient retirées en réserve, reçurent l’ordre de se porter en avant et d'appuyer les Gaulois et les Espagnols. En même temps, les deux ailes des Africains, par un à droite et un à gauche, se présentèrent de front contre les faces obliques de la ligne romaine, les chargèrent sur-le-champ, et les rencontrant dans la situation désavantageuse où les plaçait le mouvement désordonné en avant de leur centre,. les rompirent en plusieurs endroits.
Dès ce moment, le désordre fut à son comble, sans qu'il pôt y avoir aucun moyen d’y remédier. La cavalerie des alliés , qui était à la gauche de l’armée romaine, après avoir lutté sans succès contre les Numides, qui se contentaient de la harceler, se débanda presque sans combat. Varron, qui était resté à cette gauche, sans #inquiéter, à ce qu’il paraît, de ce qui se passait dans le restant de l’armée, s'enfuit également et gagna Venosa, avec environ trois cents cavaliers. Les fuyards réunis à Venosa formèrent un corps de 10,000 hommes environ; le restant fut pris ou périt sur le champ de bataille. Au nombre des morts furent le consul Émilius, un des proconsuls, presque tous les lieutenants généraux, et un si grand nombre de tribuns, de sénateurs et de chevaliers romains, que le vainqueur put envoyer un boisseau d'anneaux d’or à Carthage. Gal G. pe Vaunoncourr.
CANNES, ville de France, dans le département des Alpes-Maritimes, à 18 kilom. de Grasse, sur la Méditerranée, est un chef-lieu de canton, qui a été distrail en 1860 du département du Var. On y compte 9,618 habitants. « Par son heureuse situation dans une espèce de serre chaude, dit M. Joanne, défendue des vents par le massif de l'Esterel, que les oliviers couvrent jusqu’au sommet; par ses belles plages de sable fin, par la beauté de sa mer et de ses paysages, et surtout par la douceur et l'égalité de son climat, plus beau et moins variable que celui de Nice et même de Naples, Cannes est une cité de bains et de villégiature privilégiée, et son importance comme ville d’hiver s'accroît tous les jours. » Sauf l’église de Notre-Dame et le pont du Riou, il n’y a point de monuments remarquables. De nombreuses fontaines alimentées par une dérivation des eaux de la Siagne arrosent la ville. Le port, formé en 1838 et qui tend à s’ensabler, n’est guère fréquenté que par des caboteurs. Son commerce consiste surtout en vins, huiles, fruits, savons, parfumerie, salaisons ; on pêche en abondance sur les côtes des anchois el des sardines, et il s’y fait une importation de grain et de sel. Dans les environs de la ville, qui peuvent défier les sites les plus pitloresques de l'Italie, il y a de nombreuses résidences d'été, châteaux et villas. Les promenades publiques y sont charmantes, entre autres celles du bois de pins de la Croix. des Gardes. Un chemin de fer entre Cannes et Grasse a été ouvert le 13 novembre 1871.
Cette ville occupe, suivant quelques historiens, l’emplacement de l’ancienne Oxybia, détruite par les Sarrasins, qui emmenèrent les habitants en esclavage. C’est sur la plage voisine de Cannes que l’empereur Napoléon débarqua à son retour de l’île d’Elbe, le 1° mars 1815.
CANNIBALES,. C’est le nom donné par les Espagnols aux sauvages féroces que la vengeance poussait jusqu’à la rage de l'anthropophagie. On a spécialement accusé de cette atrocité les habitants des îles Caraïbes, dans les premiers temps de la conquête des Amériques , et ce fut sous ce prétexte, ou par la frayeur qu'ils inspiraient, qu'on les extermina. En effet, l’on ne rencontre plus aujourd'hui d'indigènes dans les îles Sous-le-Vent; les derniers exis* taient à l'ile Saint-Vincent vers le milieu du dix-huitième siècle ; ils végétaient misérablement, pourchassés jusque dans leurs mornes (montagnes), y subsistant de racines et de fruits sauvages, nus et se fabriquant des vases de terre grossiers sur lesquels ils traçaient des figures bizarres. Les Curieux conservent encore précieusement ces restes d'ustens