‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 261 sur 556 · + RL · texte numérisé non relu

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CANON

asse, c’est-à-dire l’obturateur formant le fond de la chambre comme le:tonnerre ‘dans les canons de fusil , ‘etune. vis puüissanté destinée à serrer l'obturateur sur le fond de la chambre, pour empêcher le:crachement des gaz. Ce canon lançait un projectile creux, de forme cylindro-conique, pesant 5 kilogrammes 1/2, et se séparant au moment de l’explosion en quarante-deux segments. L’appareilservant à mettre le feuà la charge intérieure du projectile se composait de deux fusées, l’une prenant feu au moment de

: l'explosion de la pièce, l’autre au moment du choc du boulet

contre l'obstacle rencontré. Fa Han ANLEE

Un autre canon anglais fut bientôt opposé au canon Armstrong, c’est le canon‘construit par M. Withworth. Il navait pas de rayures dans l’acception généralement attri-: buée à ce mot, le tube étant un simple hexagone à révolution réglée par le diamètre du canon Foré dans un cylindre plein, dé fer homogène ,e/est-à-dire d'acier recuit, il présentait, conmime principal avantage sur le système Armstrong, celui de pouvoir se charger par la bouche, dans le cas où la culasseétait endommagée. C’est surtout pour le petit calibre que M. Whitworth l’emporta-sur son compétiteur. ; ‘ var,

En 1862, des expériences furent faites avec des canons. Whitworth contre des cuirasses des vaisseaux. Les pièces du calibre de 12 et de 74 pénétrèrent;des plaques de 4 pouces d'épaisseur. Onemploya ensuite aux mêmes expériences une pièce de 120, construite d'après un système de bandes d’acierimaginépar M. Armstrong, mais forée suivant le système hexagonal de M. Whitworth ; l'effet produit fut sensiblement plus considérable. En 1863, des bombes Armstrong et des bombes: Whitworth transpercèrent des plaques de 5 pouces et demi d'épaisseur. C’est alors que M. ‘Armstrong construisitle Big-Wäll, la plus grosse-pièce d’artillerie établie jusque-là en ‘Angleterre , dont la longueur atteignait 4m,572, et le poids 23,000 kilogrammes.: =

Les États-Unis, pendant la guerre de sécession(1861-65), employèrent leeanon.Armstrong; maisilsse servirent'aussi des canons Parrott; dont la construction repose sur celte théorie que plus une piècétrayée-est volumineuse, plus est juste le tir du boulet ou de la bombe. Le canon Parrott dont le général Gilmore se servit contre Charleston pesait 27,000 livres; le diamètre était de10 pouces, la charge de 25 livres, et la bombe, aussi haute qu'un baril de farine, pesait 300 livres. Cette pièce produisit des effets terribles. L’artillerie crut pouvoir tirer des résultats obtenus dans la guerre civile des États-Unis cet'enseignement qu’il n'ya pas d’armature en fer, pas de navire cuirassé, qui ne soient pénétrables à un projectile lancé avec une force suflisante.

La Prusse a adopté pour les pièces de campagne et pour quelques pièces de'siége l'acier fondu, dont la ténacité permet de réduire les dimensions él'par suite le poids des pièces. Il faut un acier fondu très“homogène, sinon lescanons éclatéraiïent. Or, on‘obtient fort difficilement par grandes masses l'acier fondu de’cette espèce. Les marteaux-pilons de M. Krupp, à Eissen, donnèrent aux Prussiens lemoyen d'y parvenir. En‘outre, l'artillerie prussienne adopta le chargement par la culasse. Ce mode:de chargement, plus facile et plus rapides augmente la justesse du tir, donne le moyen de visiter et de réparer l'âme plus aisément, évite le danger d’une inflammation accidentelle

ja

| dans la chambre, enfin permet aux servants d’être plus à

couvert dans lé tir par embrasure. Mais, comme la remarqué le capitaine Schott, professeur à l'École militaire d’Erfurth, « la fermeture par la culasse offrira toujours un défaut , vu les dangers qui peuvent être la conséquence d’un maniement vicieux, vu là complication introduite dans la construëtion de la pièce, vu enfin la facilité avec laquelle celle-ci peut être mise hors de service et la limite imposée an poids dela charge’ »: Parmi les pièces prus= siénnes amenéés ‘devant Paris, en 1870-1871, il y avait

CANON

quelques canons rayés de 72 et de 96, frettés, avec projectiles de 70, 200 et 300 livres, et chargés de 14, 34 eL48 livres de poudre prismatique. Ces pièces étaient d'un mänièement très-incommodé, mais elles lançaïent leurs obus jusqu’à une distance de 7,500 mètres.

La population assiégéé, à cette époque, dans Paris, convairicue comme le reste de la France que nos défaites étaient

dues en grande partie à l'infériorité de l'artillerie, poussa |

le gouvernement de la Défense nationale à fabriquer des canons se chargeant par la culasse, On chercha un moyen terme entre la pièce de 4 qui manquait de portée et la pièce de 12 qui était trop lourde; on se délermina pour le canon de 7.

Voici comment on procéda à cette fabrication, avec les ressources dont disposait la ville assiégée. Après avoir fait le moule en plaçant autour d’une pièce de bois ayant

la forme d’un canon un mélange de sable fin et de terre : grasse, on soutenait ce moulé par des cercles de fer. On |

soumettait en même temps à la température rouge, dans un four à fusion, un alliage formé de 94 parties de cuivre, 5 d’étain et { de zinc. Les métaux fondus, on approchait,

à l’aide d’une grue, du trou de coulée, un récipient en | terre réfractaire destiné à recevoir le métal en fusion, puis | la grue emportait le creuset jusqu'au moule. Le poids du |

métal nécessaire au coulage d’un canon était de 1,800 kilogrammes ; mais il y avait une perte de 300 kilogrammes environ que lon utilisait dans une nouvelle coulée. Vingtquatre heures après le coulage, on brisait le moule et on retirait le canon, qui était dégrossi et poli en douze heures par un tour à vapeur; on le faisait passer alors dans l’atelier du forage, et enfin on le rayaït. Le canon terminé pesait, avec la culasse, 850 kilogrammes. De la rapidité et des difficultés de la fabrication il résulta des pièces d’un mérite bien divers, les unes joignant à la justesse une grande force de résistance, les autres éclatant dès les premiers coups. Quoi qu’il en soit, le canon de 7 fut conservé, après la guerre, dans notre armement; les expériences auxquelles on le soumit, en même temps que le canon de 4, à Trouville, au mois d’août 1872, par les ordres et sous les yeux | de M. Thiers, donnèrent d’excellents résultats.

Parmi les nouveaux engins de guerre, l’un des plus fameux depuis 1870 est le canon à balles ou mitrailleuse. C'est en France que fut étudiée d’abord l’idée de grouper sur un affût plusieurs petits canons en fer capables d’at-

teindre aux mêmes portées que les bouches à feu et de | donner aux coups une succession très-rapide. Les expé- | riences se firent mystérieusement, par l’ordre de Napoléon IE, dans les ateliers de Meudon, sous les ‘ordres de l'inventeur, M. de Reffye. La mitrailleuse française fut em- | ployée avec succès dans la guerre de 1870-71. Les Prussiens lui opposèrent un engin du même genre, mais infé- | rieur, inventé en Belgique et connu sous le nom de mitrailleuse belge. Les États- Unis d’ Amérique ont fourni, de leur côtés, deux modèles de canons à balles, établis par M. Gatling, et donnant un tir très-rapide.

Nous signalerons enfin, à titre de curiosités, le canon électrique et le canon à vapeur. L’essai d’un canon élecrique, destiné à lancer des balles et pouvant en lancer 1,000 à 1,200 par minute, fut fait, le 6 juin 1845, en Angleterre. Dans ce canon, dont la construction est restée inconnue, la force d’explosion provenait de gaz enflammés par l’étincelle éléctrique. L'expérience eut lieu en présence d’ofiiciers et de savants; une planche de trois pouces d’é- ) paisseur fut percée comme avec une tarière. En 1870, pendant le siège de Paris, un ingénieur français, M. Girard, imagina , à l’usage des places fortes, un canon à vapeur, pour lequel il remplaçait l'effet de la poudre par une chaudière à haute pression, de 25 à 50 atmosphères. Selon lui, les projectiles pouvaient être lancés à des distances énormes, et l’économie devait être considérable, un kilogramme

de charbon coûtant cinquante-six fois moins qu’un kilogramme de poudre et développant une puissance plus de deux fois plus grande. Cependant, le cänon à vapeur ni le canon électrique n’ont été adoptés; ils sont restés dans les limbes des inventions ingénieuses et paradoxales.

CANON (Musique), sorté de fugue perpétuelle, dont les parties, entrant l’une après l’autre, répèlent sans césse le même chant. Autrefois on mettait à la tête des fugues perpétuelles certains avertissements qui indiquaient comment il fallait chanter ces sortés de fugues, et ces averlissements, étant les règles de ces fugues, s’intitulaient canoni, règles, canons. De là, prenant celte indication pour la chose, on a, par métonymié, nommé canon celte espèce de fugue.

Il y a plusieurs espèces de canons. Pour lés connaltre toutes il faut avoir égard, 1° au nombre des parties : le canon peut être à deux, trois, quatre parties, ou davantage ; 2° au nombre des solutions; 3° au nombre des voix principales; 4° aux intervalles par lesquels on faït la reprise : il y a des canons à l'unisson, à la seconde, à la tierce, etc. ; 5° à la durée de limitation : tout canon se compose de façon que la voix suivante répète le chant de la première en entier, et l’autre recommence le chant de nouveau quand la seconde finit, ou bien on le dispose de manière que la voix suivante ne redit le chant de la précédente que jusqu’à une certaine distance marquée, et la pièce finit là ; un canon de la première espèce se nomme canon perpétuel ou obligé; le second s'appelle canon libre : quand lecvnon p-rpétuel est composé de manière qu’à chaque reprise on change de ton, et qu’il fait faire par conséquent le tour des douze modes, on l'appelle canon circulaire; 6° à la figure des notes, quand limitation des parties se fait par augmentation ou par diminution, laquelle peut être double, triple, etc.;.7° au mouvement : ily a des canons par mouvement rétrograde et contraire; 8° à la quantité des parties: on fait des canons sur un canto fermo; on enfait d’autres avec des parties accessoires à la tierce ou avec une partie qui sert d’accompagnement ; 9° aux temps de la mesure : on fait des canons à conire-temps, dans la classe desquels on peut aussi ranger ceux par imitation interrompue; 10° à la manière d’écrire le canon : 1° en ne met par écrit quela voix principale du canon, pour en faire deviner les autres aux lecteurs, ce qui s'appelle canon ouvert. Le canon fermé a une inseription pour indiquer la manière dont on doit l’exécuter, ou n’en a pas; quand il n’a pas d'inscription, ou que cellequ'il porte n’est point assez claire, ce qui est fait à dessein, on le nomme alors canon énigmatique.

Chacun s ’efforçait de montrer son adresse et sa perspicacité dans cés énigmes musicales. C'était le goût des anciens maitres : ils faisaient une infinité de canons, en s'imposant des conditions bizarres, des difficultés prodigieuses : par exemple, il fallait que toutes les notes blanches de l'antécédent ou de la première voix devinssent noires dans le conséquent, que la seconde voix devait attaquer, ou que l’on supprimät toutes les noires pour ne laisser que les blanches, etc. Les maîtres se faisaient des défis et s'envoyaient des canons composés d’après ces conditions, dont ils gardaient le secret. Ils les écrivaient sur une seule ligne afin que leurs adversaires fussent obligés d’en chercher la solution.

Les canons se montrent encore avec avantage: dans la musique d'église, qui leur a servi de berceau ; dan: la syinphonie, la sonate, le quatuor, les pièces fugitives, les chansons de table, et même dans la musique dramatique. Martini est le premier qui ait introduit les canons dans. un opéra, la Cosa rara. Paër, Rossini et beaucoup d’autres compositeurs en ont mis dans leurs opéras, maïs leurs canons diffèrent de celui de Martini, en ce qu'il n'y à que la partie principale qui chante régulierement; les autres accompagnent après avoir pris le sujet à leur tour. Le trie en canon de Fanisca, bien qu’il ait été écrit pour la scène

par Cherubini, est d'une régularité parfaite. Après de tels

exemples je ne devrais point parler de Frère Jacques,

dormez-vous : je le cite à cause de sa popularité. CAsTIL-BLAZE.

CANONICAT, c’est la dignité de chanoine, conférant à celui qui en est revêtu le droit de s’asseoir au chœur et une place au chapitre d’une église cathédrale ou collégiale. On a dit autrefois chanoinie. Souvent les canonistes ont confondu cette dignité avec la prébende, et pourtant elle en différait essentiellement : le canonicat n’était que le titre ou la qualité spirituelle, laquelle était indépendante du revenu temporel , - tandis que la prébende était le revenu temporel lui-même. Longtemps les papes créèrent des canouicats sans prébende, avec l’expectative de la première qui viendrait à vaquer. Mais ces expectatives cessèrent d’être données après le concile de Trente, qui les abolit. Seulement le pape choisissait quelquefois un chanoine sans prébende, quand il voulait conférer dans une église une dignité pour l'obtention de laquelle il fallait être chanoine. Ces canonicats s’appelaient canonicats ad effectum ; ce n’était qu’un titre stérile, qu’on nommait aussi pour cette raison jus ventosum.

Du temps où les dignités ecclésiastiques menaient au pouvoir, les canonicats étaient fort courus; et ce fut un grand sujet de contestation que de savoir à quel âge on était apte à en être investi. Sauf quelques exceptions locales, il fut admis en principe que cette dignité pouvait appartenir à des mineurs de dix ans, avec droit de siéger au conseil de l'évêque et de participer à l'administration du diocèse, Mais les bâtards ne pouvaient être revêtus d’un canonicat.

CANONIQUE (Droit). Voyez DRoIT CANON.

CANONIQUES (Livres), nom que l’on donne, chez les juifs, les catholiques et les protestants, aux livres que la tradition , la synagogue, les conciles et l’autorité des ministres réformés ont décrétés comme la seule règle à suivre dans leur doctrine et leur communion respectives, les livres enfin qui, selon eux, sont la parole de Dieu : c’est ainsi qu’ils les distinguent des livres contestés, apocryphes et même profanes.

Les livres saints sont divisés en proto-canoniques et deufero-canoniques, dont on sépare les apocryphes. Par apocryphes on entend ici non reçus dans le Canon. Le peuple juif avait le premier fixé le sien par l'autorité dela grande synagogue, au retour de la captivité, et ce futalors par le zèle et les soins d’Esdras que la Bible, réunie en un corps d’écritures, prit le nom de Mikra, en hébreu lecture; elle comprenait vingt-deux livres, autant que de lettres dans l'alphabet de cette langue. Leur catalogue est tracé dans cet ordre selon Origène : 1° La Genèse; 2° l’Exode; 3° le Lévitique; 4° les Nombres;.5° le Deutéronome; 6° Josué; 7° Les Juges et Ruth; 8° le premier et le second de Samuel, qui ne font qu’un livre chez les Hébreux; 10° le premier et le second des Paralipomènes ; 11° le premier et le second d’Esdras, y compris Néhémie; 12° les Psaumes; 13° les Proverbes; 14° l’Ecclésiaste ; 15° le Cantique des Cantiques ; 16° Isaie; 17° Jérémie, ses Lamentations et l’Epitre aux captifs ; 18° Daniel; 19° Ezéchiel ; 20° Job; 91° Esther ; 22° les Petits Prophèles. Voilàles livres protocanoniques. Le peuple de Dieu en avait compté toutes les lettres, de peur d’adultération. Les premiers siècles de l'Église n’eurent point d’autre canon. Flavius Josèphe, saint Épiphane, saint Cyrille de Jérusalem, saint Hilaire, Méliton, évêque de Sardes, qui florissait au second siècle de l'Église, le synode de Laodicée, et par dessus tout saint Jérôme, l’auteur de la Vulgate, sont ici nos autorités. Si quelques Juifs d’aujuurd’hui, si des rabbins comptent vingtquatre livres canoniques, la Mikra n’en est pas moins restée intègre depuis Esdras ; c’est qu’ils séparent les Lamentations de Jérémie de ses Prophéties, et le livre de Ruth de celui des Juges ; ét comme leur alphabet n’a point subi d'aug-

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