CANON — CANONIQUES
mentation, ils se servent trois fois de la lette jod, initiale de Jéhovah, hommage qu’ils rendent au Dieu de leurs ancêtres. Les Samaritains et les Saducéens ne voulaient reconnaître pour divins que les cinq livres de Moïse : c'était leur Canon. Plusieurs sont de l’opinion que la canonicité des livres divins chez les Juifs s’est constituée telle qu’elle est aujourd’hui par la simple tradition et non pas-l’autorité de la grandesynagogue et les lumières d’Esdras.
On remarquera que les Israélites n’ont reconnu pour authentiques et sacrés que des livres composés en hébreu; ils ont seulement admis le chaldéen, qui en est un dialecte, et dans lequel Daniel et Esdras, qui ont longtemps séjourné à Babylone, ont écrit des morceaux entiers. Les protestants ont suivi cet antique Canon, le seul Esdras excepté, qu'ils traitent d’apocryphe. Les Juifs enfin ont rejeté de leur Canon tout ce qui n’a pas été écrit dans leur idiome depuis Moïse jusqu’à Artaxercès, roi des Perses. Quelque temps après l'établissement du christianisme, les divisions de l’Église d'Orient et d'Occident nécessitèrent des synodes, qui dans l’origine ne s’accordèrent pas. Dès l’année 397 un concile de Carthage plaça dans le Canon des saintes Écritures des livres que le concile de Laodicée n’y avait pas placés trente ans auparavant. Enfin , le concile de Trente mit fin à ces espèces de schismes, en décrétant canoniques pour l’Ancien Testament les livres suivants, qui sont hors du Canon judaïque : Tobie, Judith, la Sagesse, l'Ecclésiastique, deux livres des Machabées ; et pour le Nouveau Testament : les quatre ÆEvangiles, selon sainf Matthieu, saint Marc, saint Luc et saint Jean; les Acées des Apôtres, écrits par saint Luc l’évangéliste, quatorze épitres de l'apôtre saint Paul, dont une aux Romains, deux aux Corinthiens, une aux Galates, une aux Éphésiens, une aux Philippiens, une aux Colossiens , deux aux Thessaloniciens , * deux à Timothée, une à Tite, une à Philémon, une aux Hébreux, deux épîtres de saint Pierre apôtre, trois de saint Jean apôtre, une de saint Jacques apôtre, une de saint Jude apôtre, et l’Apocalypse de saint Jean apôtre. Cette addition aux Canons des Juifs et ce catalogue des livres du Nouveau Testament forment ce qu’on appelle les deuféro-canoniques.
Cette décrétale émane de la quatrième session du {rèssaint et œcuménique concile genéral de Trente, les avril 1546. « Voici, dit-elle, les livres sacrés qui ont été dictés par l'inspiration du Christ et sous le souffle de l’'Esprit-Saint. Anathème à celui qui refusera de se soumettre à notre décision ! » Le canon de l’Église catholique est resté invariable depuis ce concile, où siégèrent deux cent cinquante évêques ou prélats, jarmi lesquels on comptait plus de cent cinquante théologiens fameux assistés de jurisconsultes.
Il est resté quelque indécision dans le Canon des protestants : les calvinistes regardent l’Apocalypse comme un livre non authentique sous le rapport de sa divinité; les luthériens l’acceptent. Dans un temps l'Épitre de saint Jacques a été retranchée des Bibles luthériennes ; dans un autre, elle y a été rétablie; d’ailleurs, Luther laisse là-dessus liberté pleine et entière.
Le concile de Trente a rejeté de l’Ancien Testament le livre d’Hénoch, le troisième et le quatrième livre d’Esdras, le troisième et le quatrième des Machabées, l'Oraison de Manassès, qui est à la fin des Bibles ordinaires ; à la fin de Job, un supplément qui contient une généalogie de Job, avec un discours de sa femme, un psaume de l'édition grecque, qui n’est pas du nombre des cent cinquante; à Ja fin du livre de la Sagesse, un discours de Salomon tiré du huitième chapitre du troisième livre des Rois, ét autres morceaux moins respectables et importants. Dans le Nouveau Testament, le concile a rejeté l’Epitre de saint Barnabé, l'Épitre prétendue de saint Paul aux Laodicéens, plusieurs faux Évangiles, plusieurs faux Actes des Apôtres, et plusieurs