CANONNIER
procher aux canonniers de ne pas tirer assez dans les batailles, d'économiser les boulets , et dése chamaillér infructueusement de batterie à batterie, en vue d’éteindre les feux de l'ennemi, au lieu de”foudroyer les masses d'infanterie. Une partie de ces préceptes étaient donnés par Frédéric II dans son Znstruction à son artillerie.
On äppelle aussi canonnier ouvrier fabricant de canons de fusils: C’est un des fâcheux synonymes de la langue militaire. G1 BARDIN.
CANONNIÈRE (Art militaire), sorte de tente ou d’abri pour des hommes de troupe, et qui dans l’origine servait, dit-on, à quatre canonniers. Maintenant les canonnières ne sont plus que des variétés dispendieuses et sans objet. Dans le siècle passé un camp de tentes se composait principalement de canonnières, que les réglements concernant ées matières ont nommées fentes d’ancien modèle. Leur partie principale ou leur corps était de forme prismatique. La canonnière était soutenue par une traverse à deux montants ; elle se terminait d’un côté par un cul-delampe, et de l’autre carrément ; elle n’avait pas de toit, ou plutôt n’était elle-même qu’une sorte de toit posant à terre. Le côté carré de la canonnière contenait la porte, et se fermait au moyen d’un pan ou prolongement de toile de forme triangulaire qui croisait de six pouces sur le montant antériéur. Une canonnière d'infanterie était destinée à contenir sept à huit hommes de troupe; elle avait, suivant les dernières dimensions, 2° de haut, 3",35 de long (culde-lampe compris) et 2°,60 de large; sa longueur, non compris le cul-de-lampe, était de 2°. L’ordonnance du 17 février 1753 avait fixé à peu près les mêmes dimensions. Nos tentes couvraient environ 18 mètres de superficie. Celles de Frédéric II n’en occupaient que 15. Les canonnières de cavalerie tenaient 44 mètres de terrain. Les canonnières des officiers et des vivandiers étaient de même dimension que les canonnières de cavalerie. Celles des officiers se recouvraïent d’une marquise. Le tarif du 13 novembre 1831 mentionnait les cannonières comme étant en toilé ou en coutil.
On a appelé jadis canonnière de rempart, un créneau, une meurtrière, une embrasure, donnant passage aux petiws armes, et permettant de faire feu de l’intérieur d’une forteresse. pt
Le mot canonnière, maintenant passé d'usage, est celui qu'emploient Brantôme et Machiavel, ou du moins les traducteurs de ce dernier écrivain. Rabelais applique ce mot aux {orrions, ou grosses tours de ces époques. G*! Banni.
CANONNIERE ( Marine). Voyez CHaLoure.
CANOPE ou CANOPUS, ancienne ville de l’Égypte, située sur Je bras le plus occidental du Nil, fameuse par les habitudes voluptueuses de ses habitants, mais dont le nom disparaît de J'aistoire à partir de l'introduction du christianisme.en Afrique. On voyait à Canope-un temple de Sérapis fort révéré, célèbre, dit-on, par les cures qui s’y opéraient; mais il y a beaucoup d’apparerce qu'on se rendait plutôt dans cette ville pour y chercher des distractions et des amusements, comme cela se pratique de nos jours dans beaucoup de lieux de bains, plus renommés encore pour eurs réunions de plaisir que pour les vertus médicinales de leurs eaux. Les anciens, en effet, s'accordent à nous peindre la ville de Canope comme un séjour très-dangereux pour les bonnes mœurs, et où la dissolution était portée au dernier excès. Strabon, parlant de la ville d’Eleusis, dans l’Attique, dit qu’on y trouvait un prélude et un avant-goût des usages et de la licence de Canope. Sénèque dit aussi du sage dont il trace le portrait que s’il songe à se retirer, il ne choisira point Canope pour le lieu de sa retraite. Juvénal, voulant marquer combien les mœurs des dames romaines étaient corrompus, dit que Canope même les blämait :
. Et morcs urbis damnante Canopo, ( Sut, vr