‹ Dictionnaire de la conversation et de la lecture inventaire raisonné des notions générales les plus indispendables a tous (volume 2)Chapitre 271 sur 556 · CANTATE — CANTHARIDE · texte numérisé non relu

CANTATE — CANTHARIDE

musique dramatique. La Primavera, de Cherubini; Ze Chant sur la mort de Haydn, du mème maître ; Sapho, de Paër; Adélaïde, Armide, de Beethoven ; Ariane, de Haydn, sont de très-belles cantates. On écrit des cantates à une ou à plusieurs voix récitantes; on y joint même des chœurs. On à composé des cantates d’un grand mérite pour les fêtes de la république française, mais c’est à tort que l’on a donné le nom de cantate à des chansons à couplets, telles que Héros français, de Persuis, Le Drapeau tricolore, etc. Les formes de la cantate sont plus développées, et surtout plus variées ; on chercherait en vain des effets dramatiques dans le cadre étroit et compassé d’une chanson ; les récitatifs , les cavatines , les duos, les chœurs doivent figurer dans la cantate : les plus simples, telles que l'Adélaïde de Beethoven, écrites pour une seule voix, nous présentent au moins un air complet à deux mouvements bien caractérisés.*

Les airs, les scènes, les chœurs d’opéra, que l’on exécute dans les concerts et les réunions musicales, ont fait perdre l'usage de la cantate. On en compose cependant de temps en temps pour certaines fêtes solennelles, et les élèves qui toutes les années concourent pour le grand prix de l’Inslitut mettent en musique une pièce de vers disposée d’une

manière ridicule portant le titre de cantate. CASTIL-BLAZE.

CANTATOURS. Voyez BRABANÇONS.

CANTATRICE. Voyez CHANTEUR, CHANTEUSE.

CANTEMIR. Voyez KaNTÉMIR.

CANTERBUR Y, dont nous avons fait CANTORBÉRY, l'antique et vénérable capitale du comté de Kent, en Angleterre, située dans une belle vallée, sur les bords de la Stour, qui l’entrecoupe par ses bras et ses canaux, est bâtie en ovaleet traversée en forme de croix latine par quatre grandes rues principales. Elle est le siége du primat d'Angleterre, qui réside d'ordinaire dans son palais de Lambeth, à Londres. Cette ville possède une grande et maguifique cathédrale, ornée de belles peintures sur verre, avec une chapelle souterraine et les tombeaux de l’archevèque Thomas Becket, assassiné en 1170, et du Prince noir. La longueur de cet édifice est de 514 pieds anglais; la hauteur de la nef est de 80 pieds, et celle de la tour 235. On compte en outre à Canterbury quinze églises (dont l’une, l’église Saint-Martin, a été bâtie sur les ruines d’un temple romain et possède un baptistère remarquable par ses sculptures), plusieurs autres temples et chapelles, et une synagogue. Les plus remarquables de ses édifices civils sont l’hôtel de ville, le théâtre, plusieurs hôpitaux et grandes casernes. Le nombre de ses habitants est (en 1871) de 20,961. Iis fabriquent des draps, ces mousselines, des cotonnades et des soieries, se livrent en grand à la culture du houblon, et font un commerce assez important en grains et en viandes salées. On trouve dans la ville et dans ses environs de nombreux vestiges d’antiquités romaines, qui rappellent l'antique Duroverinum des Romains. Canterbury fut longtemps la résidence des rois anglo-saxons du Kent, qui y introduisirent le christianisme de très-bonne heure, et qui y fondèrent le premier évêché qu’il y ait eu en Angleterre, transformé bientôt en archevêché et église primatiale. Aujourd’hui l’archevêque de Canterbury n’est pas seulement le primat de la Grande-Bretagne, mais encore le premier pair du royaume, 11 a le privilége de couronner les rois d'Angleterre, et sa juridiction s’étend sur vingt évêchés, de même qu’il est investi du droit de convoquer en synodes ecclésiastiques les différents hauts dignitaires de l’Église.

CANTHARIDE, genre d'msectes coléoptères, hétéromères, trachélides, selon Latreille. Les espèces, dont Dejean porte le nombre à 24, ont pour caractères communs : Crochets des tarses profondément divisés et comme doubles; tête plus large à sa partie postérieure et arrondie; corse-

} let en forme de cœur, la pointe dirigée en arrière. Ces in-

sectes contrefont les morts quand on les touche; les articulations de leurs pattes laissent alors suinter une liqueur

jaunâtre, caustique et d’une odeut péhétrante, qui semble un moyen que la nature aurait donné à ces animaux pour éloigner leurs ennemis. L'espèce la plus communément employée en pharmacie(cantharis officinarum) est d’un vert doré; ses antennes et ses tarses sont noirs; elle est longue de 13 à 23 millimètres, large de 5 ou 6; elle répand une odeur vireuse très-désagréable, plus forte et plus pénétrante dans l’insecte vivant qu'après sa mort.

C’est particulièrement sur les frênes qu’on récolte les cantharides; néanmoins elles se trouvent aussi quelquefois sur le lilas et sur le troène. On les fait mourir en les exposant à la vapeur du vinaigre bouillant, et ensuite on les fait sécher au four pour les conserver. Leur conservation demande quelques précautions; elles doivent être préservées de la lumière ; aussi les renferme-t-on dans des boîtes de fer-blanc. Si on les néglige, elles se détériorent aisément. Exposées à l'humidité, elles moisissent, et l’odeur nauséabonde qu’elles répandent alors indique cette altération. D’autres fois, elles sont attaquées par un petit insecte nommé le péinus fur; c’est surtout lorsqu'elles sont réduites en poudre depuis longtemps. Pour être tout à fait bonne, la poudre de cantharides doit avoir un aspect gris-verdâtre, et n'être pas trop fine. Quand elle est grise, légère et cotonneuse, on doit soupeonner qu’elle est attaquée par les vers.

Selon Robiquet, l'analyse chimique donne les résultats suivants : 1° huile verte insoluble dans l’eau, non irritante; 2° matière noire soluble dans l’eau, peu irritante; 3° matière jaune, visqueuse, soluble dans l’eau et dans l'alcool, nullement vésicante; 4° substance blanche sous forrne de lames cristallines, insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool bouillant, qui la dépose en se refroidissant, soluble aussi dans les huiles, fort irritante; 5° une autre matière grasse, insoluble dans l’alcool, non vésicante; 6° des phosphates de chaux et de magnésie; 7° un peu d’acide acétique; 8° beaucoup d’acide urique, surtout quand les cantharides sont fraiches; les anciennes en sont totalement dépourvues.

Les cantharides sont employées en médecine sous trois formes diftérentes : en poudre, en teinture alcoolique ou éthérée, et sous forme d’onguent et d’emplâtre. On les emploie communément pour établir ou pour raviver des vésicatoires, quelquefois en frictions pour irriter la peau, et déterminer un effet révulsif. Tout le musde sait qu’appliquées sur la peau, elles amènent tous les phenomènes d’une brûlure Tégère. Mais comme le principe âcre des cantharides est absorbé et pénètre dans le sang, une action excitante générale sur l'économie se manifeste souvent; les urines deviennent rouges et irritantes, leur émission devient douloureuse; il suffit souvent de les associer au camphre pour éviter ces accidents. On les admiristre quelquefois à l'intérieur pour stimuler les organes urinaires dans les paralysies de vessie, et quelquefois pour arrêter les gonorrhées rebelles. On n’en doit faire usage ainsi qu'avec de grandes précautions, leur action irritante produisant souvent les accidents les plus funestes. :

L’empoisonnement par les cantharides a quelquefois eu lieu par accident ou par l’usage inconsidéré qu’on en a voulu faire comme aphrodisiaque. Ambroise Paré cite l'exemple d’un abbé qui en mourut victime au milieu des souffrances les plus atroces. Les symptômes de cet empoisonnement sont, outre la saveur âcre et caustique, et l’odeur désagréable dont les sens sont affectés, une douleur brûlante au creux de l’estomac, une soif inextinguible, des vomissements, des coliques, des déjections sanglantes sans cesse renouvelées, une ardeur insupportable de la vessie, des urines brûlantes et rouges, un priapisme déchirant. Bientôt le délire et les convulsions précèdent de près une agonie des plus épouvantables. A ce spectacle on méconnaîtrait difficilement la cause d’un mal contre lequel on ne possède point d’antidote. L’'inflammation des organes digestifs est si vive qu’ils se gangrènent. Les indications à suivre pour

remédier au mal sont de déterminer le vomissement, s’il en est temps encore, .d’administrer à haute dose des boissons mucilagineuses, de l'huile, du lait; de tirer du sang, de mettre le patient dans le bain, d'employer les frictions camphrées. Mais la gangrène survient si rapidement que les secours les plus méthodiques sont souvent sans succès.

L'action des, cantharides sur la plupart des animaux est généralement la même que sur l’homme. On a vu des chiens et des vaches souffrir des douleurs atroces pour en avoir ayalé par mégarde une seule. Aussi n’est-ce pas sans étonnement qu’on rapporte, d’après une observation de Pallas, qu’une espèce de hérisson les recherche avidement,.et en avale des quantités considérales, Baupry DE BALZAC.

CANTHUS, mot latin fait du grec xévôos, qui signifie angle, coin, et par lequel on désigne en anatomie l’angle de l'œil ou la:commissure des paupières. L'interne, qui répond au nez, prend le nom de grand canthus, et l'ex: terne, qui est dirigé vers la tempe, celui de petit canthus.

On donnait également autrefois le nom de canthus à l'angle ou bec d’une cruche ou de tout autre vase par lequel on faisait couler le liquide, et c’est de ce mot qu'ont été faits le verbe décanter et son substantif décantation.

CANTINE, CANTINIER, CANTINIÈRE (de l'italien cantino, diminutif de canto, canton, cantonnement). La cantine est un lieu où l’on donne à boire et à manger, et où l'on débite du tabac aux soldats et aux prisonniers. C’estsubsidiairement, un petit coffre divisé par compartiments pour porter des bouteilles et des.fioles en voyage. Les cantiniers et-cantinièressont, dans la première acception, ceux et celles qui tiennent des cantines. Les cantines, signifiant lieux où l’on boit, où l’on mange, où l’on vend du tabac, sont donc militaires ou civiles. Les cantines militaires elles-mêmes se subdivisent en cantines sédentaires, ou à poste fixe et en cantines ambulantes:, ou cantines de vivandières. Les premières sont tenues dans les places de guerre, les forteresses, les quartiers et les casernes, par d'anciens sous-officiers et leurs femmes, qui sont ordinairement les portiers ou concierges de ces établissements. C’est le ministre de la guerre qui les nomme, sur la présentation de l'autorité militaire locale. Les secondes, attachées aux régiments en activité, et se transportant, avec eux, en voitures et fourgons, où à dos de mulets, dans les contrées montagneuses, sont tenues généralement par des sous-ofliciers du corps et par leurs femmes, qui sont les uns et les autres à la nomination des colonels on autres chefs supérieurs en leur absence. Ces places échoient d’ordinaire aux maitres tailleurs, cordonniers ou bottiers, aux caporaux de sapeurs porte-hache, aux tambours-maîtres, quelquefois mème, mais rarement , aux tambours majors. Elles sont incompatibles avec celles de vaguemestres.

La cantine du régiment se transporte avec lu: dans les camps, les forts détachés, les cantonnements, les places de guerre, les quartiers et les casernes. Comme la cantine sédentaire, elle est soumise aux mêmes visites que tous les débits de boissons, et, de plus, aux inspections des officiers et sous-officiers de. semaine et aux visites des patrouilles. Le conseil d'administration du corps veille strictement à ce que tout ce qu’elle met en vente soit de bonne qualité, à des prix raisonnables, et à ce que les différents grades y soient reçus à part. Les sous-officiers fréquentent plus en général la cantine que les soldats; et les officiers moins que les uns et les antres, alors même que le régiment séjourne loin des villes. Mais ils se font ordinairement servir chez eux par la cantine au moyen du soldat qui remplit près deux l'emploi de domestique ou de brosseur.

La plupart des dictionnaires distinguent les cantiniers et canfinières des vivandiers.et vivandières, en ce que, suivant “eux, les premiers débiteraient des boissons et les seconds des vivres. Cette distinction n'a peut-être jamais existé, et n’existe certainement plus aujourd’hui dans les

Page 1