CANTHARIDE — CANTIQUE
corps. Le bourgeois se sert de préférence du premier mot, et le militaire du second. Li Ab Ytatt DÉE sl
Dans les prisons la cantine est communément tenue par un ancien gardien et par sa femme. Ce qu'on y débite en géné ral est mauvais, fort cher, et aucune limite n’est ordinaire= ment imposée à la consommation ; d’où il résulte de graves. abus et un monopole odieux, contre lequel jusqu’à ce jour toutes les réclamations sont venues se briser, Pourquoi? Nous ne le savons pas, et nous craignons trop de l’apprendre..
CANTIQUE (Littérature). Le cantique, qui dans son acception primitive était un chant d’allégresse, de triomphe, d'amour ou de reconnaissance ; fut sans doute la. première forme sous, laquelle Ja poésie et la musique unirent leurs accords. Parmi les poëmes grecs décorés du titre de cantiques par les antiquaires, une mention parti= culière est due au Cantique de Castor (en latin Canticum | Castoreum, et en grec Mékos Kastépeuov) et au Cantique ou Nome de Minerve (en latin Canticum ou, Nomus Minervæ, et en grec Nôysos’ AGévas ). Le premier était un chant guerrier, usité parmi les Lacédémoniens, et à la cadence duquel ils marchaïent au combat. Ce cantique ou cet hymne portait le nom de Castor, parce que l’on y invoquait ce héros lacédémonien, et qu’on y célébrait ses exploits, ou peut-être, Ait Eustathe, parce qu’on lui en attribuait linvention. Pour ce qui est du Cantique de Minerve, il était de la composition d’Olympe, qui vivait sous le règne de Midas. Il s'était perpétué de siècle en siècle, non-seulement quant à la poésie, mais aussi quant à la musique.
Abordant le cantique, dans son acception biblique, chrétienne, liturgique et populaire, nous le retrouvons dans les psaumes dix-huitième et quarante-quatrième, dont le premier est une action de grâces au Créateur, le second une espèce d’épithalame. Tels sont aussi les cantiques d’Isaïe, d'Ézéchias et les Lamentations de Jérémie. Dans les deux genres opposés , ces chants sont des modèles admirables, On sait que les Hébreux, longtemps après la mort de Josias, ne chantaient pas :sans verser des larmes la lamentation que Jérémie avait faite sur ce roi. Les plus anciens cantiquesque nous connaissions sont ceux de Moïse et de Débora. On ne trouve rien dans la Genèse qui prouve que les patriarches aient ainsi célébré les bienfaits de Dieu; mais il est probable qu'ils ne-restèrent point muets. Ce ne fut guère.que sous David, ce roi psalmiste, qui sur le Cinnor composait et exécutait ses chants sublimes, que, par son crdre, des chœurs de voix et d'instruments furent établis dans le tabernacle. Salomon, son fils, ne manqua pas de les transférer dans le temple magnifique qu'il fit bâtir. Lui-même avait composé, dit l'Écriture , cinq mille cantiques. Vingt-quatre troupes de lévites consacrés à ces symphonies saerées y faisaient le service tour à tour, C’était à la piscine de Siloé que le psalmiste s’enivrait des ondes prophétiques ; c'était dans les eaux profanes de l’Hippocrène que se désaltérait le poëte : le premier les yeux au ciel, chantait sous l'influence de l'Esprit Saint, du Souffle, Rouak, comme le nomme Moïse dans les premiers versets de la Genèse; le second chantait courbé sur la terre, se débattant sous la Pythie : l’un choisissait pour sujet la grandeur de Dieu, les beautés de la création, la paix de la vertu, la félicité des patriarches, la Jérusalem céleste ; l’autre les combats, la volupté, l'amour, les disputes des bergers et les joies de l'Olympe. Voilà pourquoi nous séparons le cantique des odes et autres poëmes lyriques des anciens.
Dans le Nouveau Testament on compte trois cantiques : ceux du vieillard Siméon, de Zacharie et de la Vierge. Ce dernier, connu sous le nom du Magnificat, est admirable ; c'est un mélange d’onction et d’élévation ineffables.
Dès les premiers temps du christianisme on chanta des cantiques à l'office divin; les fidèles persécutés chantaient dans les catacombes. Le plain-chant , si simple , des psaumes fit une impression si profonde sur l’âme de saint